XIIl est plus de huit heures quand nous nous réveillons. Quand je dis nous, je parle pour Claude, Keran et moi, car la Portugaise n’a vraisemblablement pas fermé l’œil de la nuit. Peut-être redoutait-elle que l’un de nous l’agresse durant son sommeil. Plus crédible, la perte de son bateau, de son argent et de sa liberté lui restaient en travers de la gorge. De la buée couvre les vitres de la voiture, côté intérieur bien sûr. Avec quatre adultes dans un si petit volume, rien d’étonnant. Je sors satisfaire un besoin naturel, aussitôt suivi de Keran. Un peu plus tard, comme nous accomplissons des assouplissements pour décontracter nos muscles, nous entamons un dialogue : — Je t’écoute, fait-il en guise de question. — Hum… Pour l’instant, je suggère que nous allions déjeuner. Oh, pas le gr


