18.On a reproché au général Bourbaki de n’avoir pas persévéré dans son entreprise. Un quatrième assaut, a-t-on dit, aurait enfoncé les Allemands, qui se croyaient perdus et qui déjà levaient le siège de Belfort. Cela peut être juste. Mais cette quatrième attaque était-elle possible pour nous ? Si l’on admet que la lassitude et le découragement avaient pu s’emparer des Allemands, solidement retranchés, bien pourvus de munitions, de vivres et de vêtements, sachant qu’ils seraient bientôt secourus et qu’en tous cas leur retraite était facile, croit-on que nous pouvions échapper à l’influence de cette lassitude et de ce découragement, nous qui nous trouvions dans des conditions si différentes, manquant de tout, désorganisés par les marches, le froid, les privations, et sous le coup, en outr


