20.Depuis le 25 novembre, jour de ma visite chez Poirier, de terribles événements se sont passés, — terribles pour tous et pour moi particulièrement : j’ai perdu mon pauvre père et une révolution s’est accomplie. Maintenant il me faut reprendre mon récit où je l’ai interrompu et revenir en arrière, dans la douleur et dans la honte. J’étais sorti de chez Poirier profondément troublé. Hé quoi, cette expédition qu’on venait d’entreprendre dans la Kabylie n’avait été qu’un jeu ! On avait provoqué les Kabyles qui vivaient tranquilles chez eux, on avait fait naître des motifs de querelles, et après avoir accusé ces malheureuses tribus de la province de Constantine de révolte, on s’était rué sur elles. Une forte colonne expéditionnaire avait été formée sous le commandement du général de Saint-


