21.

1829 Mots

21.Je n’ai jamais pu admettre l’usage qui nous fait abandonner nos morts à la garde d’étrangers. Qu’a donc la mort de si épouvantable en elle-même qu’elle nous fait fuir ? Vivant, nous l’avons soigné, adoré ; il n’est plus depuis quelques minutes à peine, son corps n’est pas encore refroidi, et nous nous éloignons. Ces yeux ne voient plus, ces lèvres ne parlent plus, et cependant de ce cadavre sort une voix mystérieuse qu’il est bon pour notre âme d’entendre et de comprendre. C’est un dernier et suprême entretien dont le souvenir se conserve toujours vivace au fond du cœur. Je veillai donc mon père. Mais, dérangé à chaque instant pendant la journée par ces mille soins que les convenances de la mort commandent, je fus bien peu maître de ma pensée. La nuit seulement je me trouvai tout à

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