22.Mon père, dans nos derniers entretiens, m’avait donné ses instructions pour son enterrement et m’avait demandé d’observer strictement sa volonté. Il avait toujours eu horreur de la représentation, et il trouvait que les funérailles, telles qu’on les pratique dans notre monde, sont une comédie au bénéfice des vivants, bien plus qu’un hommage rendu à la mémoire des morts. Partant de ces idées qui, chez lui, étaient rigoureuses, il avait arrêté la liste des personnes que je devrais inviter à son convoi, non par une lettre banale imprimée suivant la formule, mais par un billet écrit de ma main. — Je ne veux pas qu’on m’accuse d’être une cause de dérangement, m’avait-il dit, et je ne veux pas non plus que ceux qui me suivront jusqu’au cimetière, trouvent dans cette promenade un prétexte à


