Le Havre, 19 août 1952, 8h30Mémoires d’un gros canard Henri Poirier mit en service pour la première fois le haut-parleur dont les services techniques venaient d’équiper son téléphone. Il avait fallu trois mois à l’administration pour répondre à sa demande, trois mois pour qu’il ne soit plus obligé de répéter à ses collaborateurs, tel un stupide perroquet, les conversations téléphoniques qu’il recevait. Quand il entendit la voix d’Yvon Blanchard à l’autre bout du fil, déstructurée par des crachotements incessants, noyée dans un bruit de fond lancinant, il pensa que son correspondant avait émigré en Terre Adélie. 1952 ne serait pas l’année du grand bond en avant en matière de télécommunications. — C’est Henri ; ben t’es où mon « Gros Canard » ? Tu me sembles bien loin ! Yvon et Henri étai


