Le Havre, 19 août 1952, 11hAmours de garçonnes Henri Poirier crut qu’il allait avoir une syncope quand il pénétra à l’improviste dans le bureau de Charles. Il découvrit une scène tellement stupéfiante qu’en une fraction de seconde il se mit à douter des compétences qu’il pensait avoir acquises ces vingt dernières années au service de l’État : il n’avait rien vu, rien compris, rien anticipé. Le meneur d’hommes, le psychologue hors pair sentit se lézarder l’édifice de certitudes sur lequel il était confortablement installé. Une vague d’émotion lui hérissa la couenne et les poils des bras. Là, sous ses yeux, sans gêne ni retenue, Charles Roussel, enlaçait amoureusement Lucien Porto, ou plutôt il tentait de le faire car ses petits bras peinaient à faire le tour des cent vingt kilos de son col


