Le Havre, 19 août 1952, 13hAutour d’un p’tit sou71 Au Pépito on commençait à se remettre du coup de feu de midi. Seuls Jeannot et Gégé, employés des Postes en retraite, noyaient leur nostalgie de leur cher centre de tri postal au Picon bière. Sa vaisselle terminée, Simone somnolait gentiment derrière sa caisse. Georges avait aéré le bar empli d’effluves d’oignons frits. Il avait enchaîné avec l’astiquage des tables en formica et, assis derrière son comptoir, mettait à profit une pause bien méritée pour terminer les mots croisés du Havre Libre débutés deux semaines auparavant. La visite du commissaire Poirier et de l’inspecteur Porto à cette heure de la journée étonna tout le monde. — Tu les vois les condés d’aujourd’hui Jeannot ! s’écria Gégé dans un éclair de lucidité. C’est pas nous au


