Le Havre, mai 1940Pas de pitié pour la postière Poste de Sainte-Adresse, 18 mai 1940« Heures d’ouverture : de 9h à 12h et de 14h à 17h. Ma montre indique 11h55. Il était temps… “Merci de mettre le verrou et de retourner le panneau sur la porte, vous serez les derniers clients avant la pause déjeuner…” dit la postière rieuse. Ça alors ! Elle demande elle-même de fermer la porte pour que je sois tranquille… La femme élégante devant moi, la bourgeoise endimanchée au regard méprisant, je n’aurai aucune peine à lui trancher la gorge. Pour la postière ce sera plus difficile. Aimable, souriante, elle a une bonne tête de mère de famille. Vous vous êtes déplacé en personne docteur ? Vous m’observez, assis derrière le guichet. Je me rappelle bien de vous, du temps où vous rendiez ma mère folle de


