Le Havre, juillet 1940La valse des Antillais Entre le 11 et le 13 juin 1940 à l’aube, tout ce qui flottait avait servi à évacuer du Havre près de 40 000 soldats franco-britanniques pris dans la nasse. Dans le même temps, 20 000 civils avaient choisi l’exode. Le 13 juin au soir, poussés par la curiosité, Léon et Paul étaient descendus du plateau d’Aplemont vers le centre ville pour voir à quoi ressemblaient les envahisseurs. Après avoir déambulé sur le boulevard Georges Clemenceau, ils s’étaient enhardis jusqu’à s’asseoir tranquillement sur le muret du sémaphore pour regarder la noria de véhicules militaires qui parcourait la ville quasi-déserte. Le bruit déchirant des chenilles de chars mordant le bitume de l’avenue donnait le tempo du défilé. Derrière les façades de briques des immeubles


