IV-2

2211 Mots

Avez-vous jamais observé au théâtre la rencontre d’Oreste et de Pylade ? Si habiles que soient les acteurs, cette scène est toujours un peu ridicule. C’est que l’amitié des hommes n’est, de sa nature, ni expansive, ni gracieuse. Un gros serrement de mains, un bras grotesquement passé autour d’un cou, ou l’absurde frottement d’une barbe contre une autre, ne sont pas un spectacle fait pour charmer les yeux. Que la tendresse des femmes est plus élégante, et que les plus gauches sont de grands artistes en amitié ! Céline était une toute petite blonde, potelée et rondelette, au front bombé, au nez en l’air, montrant à tout propos ses dents blanches et aiguës comme celles d’un jeune chien, riant sans autre raison que le bonheur de vivre, pleurant sans chagrin, changeant de visage vingt fois en

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