IIIDans la matinée du surlendemain, Élisabeth alla rendre visite à M. de Rüden. Cette entrevue lui pesait fort. En ces six années, elle n’avait échangé avec lui que de rares lettres, insignifiantes de part et d’autre. Cette indifférence paternelle, le souvenir de la scène qui avait précédé la mort de l’aïeule, blessaient trop profondément le cœur d’Élisabeth pour qu’elle n’éprouvât pas une pénible gêne à l’idée de revoir son père. Par Damien, qu’elle avait chargé de lui demander quand il pourrait la recevoir, il lui avait fait dire qu’il l’attendrait vers onze heures dans la bibliothèque. Elle le trouva assis devant une table, occupé à écrire. Son changement physique la frappa. Cette apparence de jeunesse, longtemps conservée, n’existait plus. Il semblait las et souffrant, mais conservait


