Victor n’était pas à court d’argent. Son compte alimenté par le partage successoral ne faisait pas pitié. Certes, il n’avait en cet instant plus un euro en poche, mais c’était en réalité un problème devenu secondaire. Le rêve lui renvoyait ces mains mendiantes en guise de compte en banque furtif, ces corps recroquevillés sur eux-mêmes, ces gens frigorifiés et affamés. Juste pour manger, boire un café, fumer une cigarette, chercher où dormir. Ils étaient plus honnêtes que lui, plus forts aussi. Ils s’efforçaient de tenir bon, de survivre. Une raison supérieure les menait. Les gens de la rue avaient perdu leur famille, leur conjoint, leurs amis. Les leurs avaient honte. Victor n’avait aucune excuse, sinon qu’il n’avait plus envie. Il avait vécu, en grignotant des plaisirs superficiels, par p


