XLVIIIJe prétextai une chasse dans la campagne ; je me rendis à Civita-Vecchia, convaincu qu’Iza allait y débarquer par un des bateaux prochains. Pendant huit jours, je ne quittai pas le rivage, sondant l’horizon, avec l’impatience fiévreuse de l’âme et du corps, car voilà que mes sens se mettaient tout à coup à se souvenir et à souhaiter. Quelquefois je prenais une barque et je m’en allais au large, dès qu’un vapeur était signalé, pour apercevoir plus tôt celle que j’attendais. Je me disais : – Si elle a eu ce bon mouvement, si elle est venue spontanément et librement me retrouver, si elle m’aime enfin, j’oublie. Nous ne reparlerons jamais d’autrefois, nous nous serons rencontrés à partir d’aujourd’hui ; voilà tout. Le passé, c’est l’éternité morte. Qu’elle soit seulement à portée de ma


