XLIXUne fois de retour à Rome, je me reconnus à bout de forces. J’en avais fini avec l’étonnement, l’émotion, la jalousie, la colère, la vengeance, le travail, l’amitié, l’envie, le pardon même. Je ne demandais plus qu’à déposer, n’importe où, le fardeau décidément trop lourd dont le destin avait chargé mon cœur et ma pensée. La somme de résistance que j’avais emportée en moi était épuisée. Vous avez vu, sans doute, un de ces nobles animaux, hôtes des forêts paisibles, surpris par le chasseur, bondir sous le plomb, franchir les haies et les ravins, et disparaître à travers les arbres. « Je l’ai touché ! » s’écriait le tireur ; et cependant, l’animal continuait sa course rapide, aux cris des chiens qu’il lassait et dépistait peu à peu. S’il vous eût été possible de le suivre, vous l’eussie


