2 – Les groöls-3

1005 Mots
– Cours ! Elle attrapa Edwin et ils s’empressèrent de s’enfuir, abandonnant leurs sacs pour ne pas être encombrés. Les monstres les poursuivirent. Ils étaient bien plus rapides qu’eux, et pouvaient les rattraper sans mal. Mais la meute resta en retrait, et seule une bête accéléra pour les rejoindre. Dès qu’elle fut assez proche, elle se propulsa sur les deux adolescents. La jeune fille était entrée dans la vision de l’Essentiel, elle vit le coup arriver, et se décala, juste assez pour que la bête la plaque au sol, sans toucher le garçon. Elle lui cria de s’enfuir sans se retourner, en tentant de repousser le groöl. La patte de la créature faucha l’air, elle sentit ses griffes s’enfoncer dans son bras. Edwin voulut intervenir, et donna un furieux coup de pied dans la tête de la bête. Pourquoi n’était-il pas parti ? Le groöl parut ne pas apprécier, et tenta de s’en prendre à lui. Elyne le fit dévier de sa trajectoire avec une boule de magie active, sauvant Edwin d’une attaque mortelle. Le reste de la meute arriva à leur hauteur. Deux prirent la jeune fille pour cible, les deux autres le garçon. Bluter arriva alors comme un boulet de canon, et vint planter ses crocs dans la nuque de l’un des monstres, qui poussa un rugissement de douleur et de colère, se détournant un instant d’Edwin. Ce dernier esquiva un assaut de la seconde créature, mais il se rendit vite à l’évidence : la bête allait le réduire en charpie. La jeune fille cria lorsqu’elle sentit un groöl lui mordre la jambe. Il fallait absolument qu’elle se dégage si elle ne voulait pas se faire déchiqueter par les crocs du monstre. D’autant plus qu’un second lança une offensive contre elle, gueule grande ouverte. Elyne se contorsionna et réussit à lui échapper, bien qu’elle soit toujours prisonnière du premier groöl. Elle libéra sa magie autour d’elle comme une onde de choc, les deux bêtes furent expulsées avec violence. De son côté, Edwin était perdu. Il avait vu Elyne lancer des sortes de rayons verts et violets, un renard avait surgi de nulle part pour attaquer l’une des créatures, et ces créatures lui semblaient d’ailleurs d’une étrange singularité. Il était en train d’estimer ses chances de survie – qui flirtaient avec le zéro – lorsque la bête décida de se jeter sur lui. Un bouclier se forma alors entre lui et le monstre, le protégeant. La seconde d’après, la bête disparaissait dans une épaisse fumée. Surpris, il trébucha en voulant reculer, et tomba lourdement à terre. Un homme se précipita vers lui, attrapa fermement son bras et le força à se relever. Le garçon ne prit même pas la peine de le regarder. Il l’entendit simplement ordonner : – Va-t-en ! Vite ! – Elyne… – Je m’en occupe, pars ! Comme un robot, il obéit et s’en alla précipitamment. L’homme se tourna vers le groöl que combattait Bluter, et lui envoya un rayon d’une magie étrangement sombre, qui désintégra la créature en une fumée noire épaisse. Il fit de même avec un autre monstre, qui s’apprêtait à attaquer le Gardien par derrière. Au même moment, Elyne expulsait une deuxième fois sa magie en onde de choc, se débarrassant des monstres. La déflagration fut si puissante qu’ils se désintégrèrent aussitôt, comme l’avait fait l’inconnu une seconde plus tôt. Celui-ci remarqua que la jeune fille était gravement blessée, au bras et à la jambe. Le Gardien, plus loin, se relevait. Ni l’un ni l’autre n’avaient encore regardé l’homme. Il s’empressa de tendre une main vers la jeune fille. Une boule de magie d’un blanc lumineux la toucha et… Elyne cligna des yeux et regarda autour d’elle. Bluter était à ses côtés, et les groöls avaient disparu. Elle en avait éliminé deux, le Gardien s’était chargé d’un troisième, bien qu’il ne l’ait pas abattu, et les deux autres… ils n’étaient visibles nulle part. – Un homme a exterminé celui que je combattais, lâcha Bluter. Il a dû faire pareil avec les deux autres. – Un homme ? Quel homme ? – Je ne sais pas d’où il venait. Peut-être qu’Edwin est parti alerter… Attends, où est-il ? Elyne se leva. Le garçon ne semblait pas être dans les parages. Seul restait son portable, tombé deux mètres plus loin. Elle le ramassa et le glissa dans sa poche. – Il faut vite le retrouver avant qu’il croise d’autres terriens et qu’il leur raconte ce qu’il vient de se passer ! s’exclama Bluter. La jeune fille acquiesça, bien qu’elle ne soit pas tout à fait de son avis. Le retrouver, oui, mais avant tout pour s’assurer que les groöls ne l’avaient pas blessé ; les deux monstres qui s’étaient mystérieusement évaporés étaient peut-être en train de le chasser. Elle s’élança dans le parc, le cherchant à la hâte. Elle ne voulait pas crier son prénom : elle serait bien embêtée si elle tombait sur des promeneurs. Elle partit aux trois entrées du parc – Edwin avait peut-être pris peur et s’était dit qu’il serait plus en sécurité à l’extérieur – mais elle ne le trouva pas. En repassant près de leurs sacs de sport qu’ils avaient abandonnés, elle les chargea sur ses épaules. Bluter était aussi à la recherche du garçon, à un autre endroit du parc, pour être plus efficace. Elyne s’arrêta un instant, après quelques minutes de réflexion. Finalement, elle allait l’appeler, en espérant qu’il l’entendrait le héler. Soudain, il y eut un bruit dans le haut buisson près d’elle. Aussitôt, pensant qu’il s’agissait d’un groöl, la jeune fille fit volte-face en attaquant avec une boule de magie active. Elle entendit des bruits de course. La bête s’enfuyait ! Sans réfléchir, elle s’élança à sa suite. Mais sans prévenir, quelqu’un émergea du feuillage et la percuta violemment. Elle chuta en avant, plaquant involontairement son adversaire sur le dos. Ils se figèrent tous les deux. Edwin la regardait avec une sorte d’ébahissement, immobile, la respiration rapide. Ni l’un ni l’autre ne semblait prêt à prendre la parole. Au bout de quelques secondes de silence, durant lesquels ils étaient restés immobiles, la jeune fille décida de lui demander s’il allait bien, s’il était blessé, mais elle se ravisa ; tout à coup, ça ne lui semblait plus si important. Le garçon chuchota : – J’ai envie de t’embrasser, mais j’ai peur de ta réa … Il fut interrompu lorsque les lèvres d’Elyne se posèrent sur les siennes. C’était un b****r incroyablement doux et intense, qui fit naître en lui des sensations qu’il n’avait jamais ressenties jusqu’alors. Puis la jeune fille se décolla, et il y eut ce long moment où ils se fixèrent avec intensité. – Excuse-moi, dit-elle dans un souffle. – Pas grave… – Il faut qu’on y aille. Je crois. – Oui… Elle se redressa, et aida le garçon à se relever.
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