CHANT XXX Quand le Septentrion de la première sphère[323] (qui n’a jamais connu l’aurore ou le couchant ni d’autre obscurité que celle du péché, et qui montrait là-haut à chacun le chemin du devoir, comme en bas l’autre le fait aussi pour celui qui dirige au port son gouvernail) eut arrêté son cours, la troupe véridique qui venait après lui, au-devant du griffon, se tourna vers le char comme vers son repos. Et l’un d’eux, qu’on eût dit envoyé par le Ciel, lança trois fois Veni, sponsa, de Libano[324], et son chant fut repris par les autres en chœur. Comme les bienheureux, lors du dernier appel, surgiront tout à coup, chacun de son sépulcre, chantant l’alléluia d’une voix retrouvée, tels sur ce char divin venaient de se lever plus de cent, ad vocem tanti senis[


