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La fleur fanée tome 2

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Le deuxième volet de cette saga narrative poursuit l'histoire tourmentée de la famille de Driss, le cafetier, et de son ex-épouse Najat.

Évincée de son poste d'infirmière pour une tentative d'homicide sur un patient, Najat se retrouve désormais accusée d'un autre meurtre. Sa femme de ménage, Zineb, est également inculpée comme sa complice, pour avoir tué à coups de pierre un ivrogne.

Outre ces actes criminels, d'autres faits divers dramatiques vont se produire au sein de cette commune

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La fleur fanée tome 2
                                                                                         Synopsis                    L’histoire de la famille  de  Driss, le cafetier, et son ex épouse Najat,  qui a abandonné, au milieu des détritus, son bébé dès sa naissance, se poursuit dans ce second livre. L’ex infirmière, évincée de son poste pour tentative d’homicide sur la personne d’un patient,  va être  incriminée dans une autre affaire de meurtre d’un ivrogne. Zineb, sa complice, qui n’est personne d’autre  que sa femme de ménage, va être accusée, elle aussi, d’avoir tué cet homme à coups de pierre, histoire de  libérer sa maîtresse des mains de ce vampire qui a essayé d’abuser  d’elle.                   Pour mettre un terme à sa vie et se soustraire  décidément des poursuites judiciaires, cette meurtrière va se suicider en se jetant dans un fleuve au moment même où la mère d’Allal, connue sous le nom de la fouineuse, va disparaître. Avant que le corps ne soit repêché, des témoins oculaires vont prévenir  la police qu’ils ont vu une femme se jeter dans les eaux du fleuve. Une confusion totale va porter de l’ombre sur cette affaire et faire croire à Allal que la femme qui s’est donné la mort pourrait être sa mère.                   Quand le corps identifié va s’avérer qu’il est  celui de Zineb, tout le monde va  croire que cette meurtrière timorée et d’esprit étriqué n’ait mis fin à ses jours que pour échapper à la réclusion à perpétuité. Parallèlement à ces événements, Zaki, le fils de Jamila et Farid va disparaître. Samar, la femme de ménage considérée comme étant sa nounou,  est tenue responsable de l’avoir perdu de vue. Sa mère, incapable de supporter la nouvelle, va piquer une crise de nerfs au point de perdre, pendant quelques jours, l’usage de ses jambes.                   Est-ce un kidnapping ou pas ? Si c’est le cas, quelle est donc la personne qui pourrait être derrière ce rapt ? Est-ce bien l’ex infirmière ou personne d’autre ? Le fils de Radia va planifier l’escapade de Najat. Le jour du procès de son amante, il va s’attaquer avec l’arme à feu au véhicule la transportant vers le tribunal. Cette tentative va-t-elle échouer? La police  réussira-t-elle  à capturer ce criminel et le jeter en prison avec son  acolyte?  Libérée sous caution, et en s’appuyant sur l’aide d’Allal le jardinier, Najat, qui avait un démêlé avec son ex amant, va entamer quelques démarches pour le convaincre  de reconnaître sa paternité vis-à-vis de sa fille, adoptée par la fouineuse qui va la retrouver à l’orphelinat après l’avoir perdue au moment où elle faisait la manche en pleine ville. Dès sa sortie du cabinet du gynécologue, Najat va directement filer à  la prison pour avouer sa seconde grossesse  à son amant qui va s’en réjouir. Mais, le jour de la sentence, elle va se retourner contre lui. Radia, la mère du détenu, qui a assisté à l’audience va clouer le bec à cette femme. Grâce à sa nièce et son mari, Driss va rencontrer son fils Zakaria dont il ignorait l’existence. Amina est sur le point de mourir et le secret qu’elle veut divulguer à sa nièce au sujet du bébé qu’on lui a volé,  juste après sa naissance, va faire rage à Lina.                                             CHAPITRE I                     Najat, qui n’était aux yeux de ses rivales qu’une croqueuses de diamants par excellence, n’échappait guère aux commérages et aux critiques. Elle  était devenue le ragot préféré d’autant plus qu’un sujet à discussion et de prédilection pour tous les gens qui la connaissaient. Toutes les informations la concernant se propageaient via le  bouche à oreille. A chaque fois que quelqu’un de son voisinage ou de l’hôpital où elle exerçait autrefois l’apercevait sur la voie publique, en train de faire le racolage, ou dans les bras d’un client invétéré dans un bar ou une boite de nuit, il n’hésitait pas de colporter ses mauvaises nouvelles et d’en faire part à qui voulait bien l’entendre par curiosité. Toutes les nuits qu’elle passait, en compagnie de ses multiples soupirants, étaient infernales. Elles ne lui occasionnaient que de la souffrance amère et lancinante. Sa vie d’ex infirmière s’est transformée de fond en comble en virant vers la déchéance morale et physique. Malgré les soins de maquillage intensifs  qu’elle se faisait prodigués  pour conserver de façon optimale les traits de sa beauté, les produits cosmétiques dont elle usait, n’étaient pour elle que des antidotes palliatifs et à effets  provisoires. Chaque nuitée,  passée avec ses  compagnons est devenue, à cause de sa passivité, insignifiante  et sans importance sexuelle et ce quand elle se rendait compte que le plaisir de sentir le souffle et l’haleine de son cavalier d’infortune  était absent et ne se manifestait guère au moment de l’étreinte douce ou brutale. Tout l’argent qu’elle gagnait moyennant l’exhibition de son corps de mannequin dénudé n’était en aucun cas comparable au revenu qu’elle gagnait, en étant infirmière, sur la sueur de son front et considérait comme une ressource de bénédiction. Chaque fois que l’idée de son passé, qui n’en demeure pas moins assez agréable et merveilleux, lui effleurait l’esprit, elle s’en prenait à elle-même et n’en finissait guère de soliloquer, voire divaguer lors de ses balades de routine qu’elle  consacrait à la recherche de nouveaux clients victimes, susceptibles de tomber dans ses pièges dès le premier regard.             Ce soir elle se rendait dans un bar, tirée à quatre épingles, minutieusement maquillée, portant exprès et pour un look plus attirant son sac bandoulière rouge qui s’accordait merveilleusement bien avec son dressing et son écharpe femme grosse maille, cheveux ramassés en chignon bas, faisant semblant de manipuler son portable pour composer le numéro de son destinataire supposé ou répondre à un appel d’un inconnu. En relevant par simple tic sa tête baissée sur son mobile, son regard furtif croisait par le plus grand des hasards celui d’une femme. C’était Jamila, la nièce de son ex qui était à l’origine de sa révocation et de ce malheur qui l’a frappée de plein fouet. Elle a feint de ne pas la reconnaître et s’est abstenue de lui adresser la parole en la toisant. Mais celle-ci lui lança de but en blanc : —   C’est toi, espèce de criminelle ? Qu’aurais-tu gagné si tu avais réussi à tuer mon oncle Driss qui n’était personne d’autre que ton mari. —   C’est bien moi, espèce de g***e. Je n’oublierai jamais ta complicité et le mal que tu m’as fait en étant à l’origine de mon renvoi définitif de mon poste. Tu me le payeras tôt ou tard. Sois en sûre ! —   Que tu ailles au diable ! espèce de prostituée. Tu as perdu sur tous les fronts et tes plans de traîtresse sont déjà à vau-l’eau. Mets-toi dans la tête que je suis une femme mariée et mère de deux enfants en bas âge et je ne veux en aucun cas perdre mon temps avec toi pour faire un récapitulatif de ton passé sombre qui prend la forme d’un croque mitaine que tu as toujours dans les pattes quoique tu essayes de t’en déprendre. —   Baisse ta voix et ne me crie pas dessus, tu n’es qu’un rond de cuir et moi je connais très bien ta personnalité fragile et ta mesquinerie à demander l’aide des médecins et infirmières. Ta carrière ne fera pas long feu sinon tu stagneras dans la même position. —   Ton avis est futile et n’a aucun intérêt pour moi. Va t’exhiber dans les boites de nuit pour t’attirer la pitié des pochards et contrebandiers qui ne lésinent pas sur les moyens financiers en t’accordant de l’importance volatile et mensongère. Regarde-toi dans le miroir si tu en a un qui ne ment pas pour de bon. Ton visage se transforme de jour en jour en une peau de chagrin et tu finiras, à mesure que le temps passe, par devenir comme une vieille casserole, ébréchée et hors d’usage, qui perd toute son utilité intrinsèque et que même le dernier commun des mortels n’y voit aucun intérêt de la ramasser pour la dérouiller. —   Mon visage est d’autant plus mignon que le tien qui ne présente que des taches de rouille tout comme une épave d’égouts  ou de  carrosserie abandonnée sans que le recours à un entretien bien ficelé lui rende sa fraîcheur et son état initial. Détrompe-toi, petite infirmière ! Tu fais erreur. Tu n’es qu’une femme vilaine et grossière. —   Va dans ton coin de misère et laisse-moi passer pour m’occuper de mes enfants et mon mari qui pourra te faire sauter la cervelle si jamais il sait que tu cherches à me nuire. —   Pourquoi tu cherches à appliquer ton mari dans une simple chamaille qui ne va pas virer au pugilat. Sois en sûre parce que, moi, j’ai d’autres chats à fouetter plutôt que de passer tout mon temps à te remettre à ta place. Ne sois pas trop peureuse plus qu’il n’en faut. En ayant préféré de ne plus continuer à répliquer  aux propos malsains et désobligeants débités par Najat en guise de riposte instantanée, Jamila s’est éloignée d’elle et passée dans le supermarché, avant de rentrer chez elle, pour s’acheter tout ce dont elle avait besoin. En faisant ses courses, elle n’a pas pu s’empêcher de rabâcher cette brève joute oratoire, improvisée, qu’elle a eue avec sa rivale. Mais elle s’en est vite reprise et s’est mise à penser à ses deux enfants qu’elle laissait tous les jours ouvrés avec Samar, sa bonne, qu’elle a chargée de s’occuper d’eux à tout moment et plus encore pendant tout le temps de l’absence de son mari et de la sienne. Pour elle qui ne savait pas à quel sain se vouer pour assurer une bonne éducation à ses deux rejetons, la servante, en tant que telle, n’incarne jamais le rôle de la vraie mère qui se soucie en permanence du bien-être de ses enfants. En faisant les différents rayons, poussant lentement son caddie à moitié plein  devant elle, les mains cramponnées à la poignée de façon intermittente, le buste redressé normalement, le regard tantôt focalisé, tantôt dispersé, balayant toutes les étagères, à la recherche des produits désirés, Jamila qui semble hypocondriaque à propos de Samia et Zaki,  n’a cessé guère de s’inquiéter de leur sort et du danger de les perdre qui la tracassait depuis leur naissance. En passant à l’une des caisses pour payer ses achats et filer directement à la maison pour s’assurer que ses deux enfants étaient sains et saufs, elle a été déçue devant les longues files de clients qui se tenaient devant chaque caissier. Elle n’avait pas le choix de déroger à la règle. Elle prenait la queue comme monsieur tout le monde. Elle a profité du temps de cette attente imprévue en faisant un coup de fil à son mari et sa servante qui l’a rassuré que tout allait bien. « Ne t’inquiète pas », lui a-t-elle dit. Pour profiter du temps qui lui restait pour être devant le caissier, elle s’est amusée à manipuler son mobile et rester indifférente à tout ce qui se passait autour d’elle, à l’exception de son tour de cliente pressée. Le temps passé dans cette file indienne, elle l’a considéré comme étant une corvée imposée qui a remis en cause toutes ses programmations d’emmener ses enfants au manège ou dans un jardin public où ils pourraient jouer et se défouler. Elle est revenue à l’évidence pour accepter l’éventualité et l’hypothèse des contretemps ou des concours de circonstances qui dérangent ses plans. Tout le monde,     se disait Jamila, en monologuant en silence, s’accordait qu’elle était le type de personne strict et honnête, contrairement à ce que cette vieille casserole de Najat, lui disait pour l’insulter. Au bout de presque une demi-heure, elle a pu payer tous les produits de son shopping. En sortant du supermarché, elle a hélé un taxi pour la ramener chez elle. Devant l’immeuble où elle résidait, sa servante Samar qui guettait son retour par le petit balcon, est descendue en bas de la rentrée de l’immeuble pour l’aider à porter les sacs de courses en se servant comme d’habitude de mousquetons. En remontant les escaliers, faute d’ascenseur, Jamila qui a trébuché sur l’une des marches, a fait une chute en se faisant casser la jambe droite. Terrorisée par cet accident grave, la servante n’a pas hésité une seconde d’appeler les secours avant d’alerter son mari. Celui-ci pris de court par la mauvaise nouvelle a demandé au service concerné à ce qu’on diligente une ambulance sur les lieux. Aussitôt avoir  reçu les premiers soins, Jamila placée soigneusement sur un brancard a été évacuée vers l’hôpital en compagnie de son mari Farid. En cours de route, elle geignait et au moindre tangage de l’ambulance, elle cria fort à cause de ses  douleurs lancinantes. Son époux complètement stupéfait s’est mis à la calmer en lui tenant sa main dans les siennes pour lui faire sentir son amour et son empathie. A peine arrivée dans le bloc opératoire, elle lui a demandé de prendre soin de ses enfants et de  veiller sans discontinuer  à leur sécurité rapprochée. Il lui a promis qu’ils seront entre les bonnes mains et qu’avec la grâce de Dieu aucun malheur ne leur arrive.                     Farid était un jeune homme, à peine la trentaine, taille normale et compatible pour le mieux avec la profession infirmière. C’est le genre de personne qui savait mieux gérer toutes ses émotions de quelque nature que ce soient. En tant qu’infirmier, il n’a jamais frôlé l’épuisement dans son travail. Il faisait partie d’une équipe mobile chargée de soins palliatifs. Au cours de sa formation initiale, il avait tellement reçu tous les outils de communication et de relation d’aide nécessaires que ses relations avec les collègues et les patients en particulier étaient au beau fixe. Il s’évertuait  dans la mesure du possible à allier simultanément pratique, théorie et expérience professionnelle. Son mariage avec Jamila était toujours basé sur l’amour sans illusions, le respect mutuel et la fusion des âmes. Plus encore, pour s’assurer une entente conjugale, aussi bien immuable que durable chacun d’eux y mettait du sien. Leurs deux enfants étaient, pour eux, ce qu’ils ont de plus cher dans leur vie de jeune couple. Samia avait l’âge de quatre ans, le visage rosé qui n’était qu’une   frimousse, au teint éclatant, sensiblement joufflu, les yeux étincelant qui dégageaient des signes précurseurs d’une lucidité précoce, le nez retroussé, les lèvres charnues qui, entre-ouvertes,  laissaient apparaître une poussée de dents d’un blanc étincelant. Les vêtements bébé qu’elle portait étaient acquis auprès des magasins de prêt à porter plus chics et  variaient selon les saisons. Lorsqu’elle  prononçait ses premières phrases, les voisins la dévoraient des yeux et buvaient ses paroles. Quant à Zaki, il avait deux ans, la peau claire et le visage d’un teint naturellement pâle, mais qui ne présente cependant aucune gravité au niveau de son état de santé général. A cet âge, sa mère l’a sevré et en cette période, il s’est annoncé comme un enfant difficile et disposé à    pleurnicher avant de sombrer à poings fermés dans un sommeil plus profond. Jamila  s’inquiétait de lui plus qu’il n’en fallait et se disait que ce bambin n’est né que pour  faire résonner la maison de ses cris répétés. Elle a envisagé à maintes reprises la possibilité de se faire aider d’une nounou, mais elle finissait par se raviser pour la simple raison que ce genre de femme qu’on charge de prendre le rôle de la mère biologique par « intérim » s’est  avéré dangereux comme le relate « Chanson douce » de Leila Slimani. Faute de  mieux, elle avait pris la décision de se contenter des services de sa serveuse.  Samar était une femme veuve et mère de deux garçons, issue d’une famille  pauvre et nécessiteuse. Elle avait l’âge de quarante ans, de taille haute, ni grosse ni maigre, desséchée par le temps, son visage avait le teint flétri et bourgeonnant d’acnés, plus ou moins affable, pour tous habits, elle portait le plus souvent des vêtements délavés qui ne reflétaient d’aucune sorte le moindre signe d’ornement et en la regardant, on ne pouvait nullement s’empêcher de la juger austère d’apparence. Même si  ses joues commençaient à devenir flasques, elle gardait la beauté d’un nez bien relevé qui se positionne au milieu de son visage comme un pieu planté à l’évidence, ses yeux clairs lui donnaient un air agréable et empathique, ses cheveux châtains ramassés en chignon la mettaient plus ou moins à son avantage. Elle était, pour tout dire, une femme lunatique et caractérielle.  Alertée si vite par Farid, toute la famille du cafetier Driss, a accouru à l’hôpital. Dans la chambre où l’on avait alité Jamila, tout le monde était assis à son chevet, dans une posture assez inconfortable et chacun, apparemment ébahi et médusé, regardait avec un sentiment d’émotion et d’empathie, sa jambe droite fraîchement emplâtrée et tendue de façon si raide. Son oncle s’attendrissait en silence sur son sort et même s’il  savait, a priori et encore moins par expérience personnelle, que sa nièce restera immobilisée dans le plâtre au moins cinq semaines, il lui exprima son chagrin et sa tristesse à propos de son malheur :                 —    Je suis désolé de ce qui vient de t’arriver, ma nièce, mais tu dois l’accepter à ton corps défendant. Un accident quand il se produit, il survient à l’improviste et on ne peut la qualifier que d’une catastrophe inévitable même si les dégâts, qui en résultent, sont assez minimes.   —   Excusez-moi, tous, de vous avoir dérangés en vous annonçant à chaud cette mauvaise nouvelle. Je suis infirmière et je ressens maintenant le mal que pourrait endurer chaque patient allongé ici même, qui pâtit de la souffrance inhérente à une maladie quelconque ou une blessure de quelque nature que ce soit. Pour me permettre de calmer mes douleurs et mon inquiétude prémonitoire, approchez-moi, ce chérubin si mignon pour que je puisse l’embrasser. Mes enfants me manquent beaucoup et j’ai envie de les revoir pour leur faire plus de câlins et de bisous.                Lina lui a présenté jusqu’à la bouche le visage du petit Sami et Jamila, comme elle le souhaitait faire à ses enfants, l’a couvert d’une série de bisous pleins d’amour et d’affection maternelle. Pour établir une sorte de connexion et de complicité chaleureuse avec elle, le bébé lui a fait à sa façon un large sourire en signe de contentement et de plaisir. Tout le monde s’est réjouit de la spontanéité de ce genre de feed-back enfantin et Sami est devenu si vitre le centre d’intérêt de tous les visiteurs présents. Lina s’est montrée très satisfaite de la mobilité joyeuse de son enfant qui se familiarise facilement avec les grands. Allal le jardinier était lui aussi très content de voir son fils grandir, gazouiller, babiller comme un oisillon qui, en plein développement, s’est mis à affirmer progressivement son caractère. Meriem et toutes ses filles ont été émerveillées du comportement affable et doux du petit Sami qui incarne pour elles l’espoir d’un avenir radieux et prometteur.             Après avoir passé presque une demi-heure avec elle pour la soulager et lui souhaiter un prompt rétablissement, Driss le cafetier et toute sa famille, ont quitté la chambre de Jamila pour la laisser se reposer et se remettre de ses peurs d’avoir failli mourir et laisser derrière elle ses deux enfants orphelins et en bas âge. Dans les quelques minutes qui ont suivi, Farid, accompagné de Samar et ses deux rejetons, a fait irruption dans la chambre de malade quand Jamila s’endormait profondément sur le dos, les mains légèrement posées sur le ventre, les yeux presque mis clos, le souffle normal et silencieux. Dès que le petit Zaki s’est rendu compte de la présence de sa maman, il s’est mis à pousser tellement de cris qu’elle l’a tirée de sommeil. Ne croyant pas ses yeux, la patiente a été surprise de voir  à ses côtés la servante, les enfants et leur père Farid. Elle s’est laissée relever le buste à l’aide du dispositif réglable du lit et pris son bébé entre les mains en attirant sur elle la petite Samia. Elle s’est mise à les couvrir, tous les deux, de tant de câlins et de bisous en leur faisant sentir la saveur et la pureté affective de l’amour maternel pour étancher leur soif. Samar la servante qui regardait et suivait avec intérêt le comportement  d’une mère vis à vis de ses rejetons, s’est mise à penser, elle aussi, à ses deux enfants orphelins en manque d’amour paternel qui ne pourrait être compensé que doublement par celui de la mère qu’elle est. Elle pensait toujours à la mort tragique de son mari. Le défunt était l’un des mineurs les plus dynamiques chargés d’abattre le minerai avec des  marteaux piqueurs. Sa mort, qui était un vrai désastre pour sa famille,  est survenue à la suite d’un éboulement de terre massif qui a causé des dégâts personnels et matériels énormes au sein de la mine. Malgré l’appel à la rescousse et le renfort apporté, les secouristes, disait-elle, diligentés sur les lieux du drame, n’ont réussi à tirer des décombres aucun  corps de survivant parmi les victimes. Au moment qu’il est six pieds sous terre, sa femme, profondément traumatisée, n’a bénéficié d’aucun soutien moral, à l’exception de celui des voisins et des ouvriers encore vivants. En dépit  des actions intentées en justice visant à l’indemniser, Samar, la pauvre, n’a pas obtenu gain de cause et continuait son bonhomme de chemin à travailler comme servante. Ses deux enfants, elle les a mis dans un orphelinat qui s’est occupé de leur scolarité. Amine,   âgé de douze ans était un garçon très doué, il avait des prédispositions manifestes pour les études et on l’a sitôt repéré et classé parmi les élèves studieux de sa classe. Hicham, âgé de dix ans, ressemblait presque trait pour trait et en tous points de vue à son frère. Il suivait lui aussi ses études avec brio. Samar avouait  qu’elle était très fière d’eux et des résultats scolaires qu’ils obtenaient. Farid a remarqué que la servante lui paraissait  distraite et pensive. Elle n’a pas pu s’empêcher de lui lancer à tout bout de champs : —   Dis donc, Samar ! Je te vois tellement absorbée dans je ne sais quelles pensées. Qu’as-tu au juste ?      —   Je n’ai rien qui dérange. Je remonte seulement un peu le passé et l’idée de mort dramatique de mon mari, m’effleure l’esprit et provoque de plus belle mon malaise et ma déception mélancolique d’avoir perdu le père de mes enfants qui a passé toute sa vie à travailler, sans la moindre garantie d’assurance-vie, dans des conditions lamentables et difficiles , ne serait-ce que pour toucher un salaire modique et misérable que le dernier des hommes réduit à la mendicité gagne en une semaine et encore moins, en faisant seulement le petit effort de tendre la main en répétant émotionnellement deux ou trois mots  pour s’attirer la pitié des cœurs bienveillants. Après sa mort, j’ai envisagé la possibilité de faire pareillement, mais je me suis ravisée après avoir été convaincue que la vie ne s’arrête pas d’un seul coup quand on perd quelqu’un de si cher et que le mieux, pour le commun des mortels, est de persister en tout état de cause. —   Vivre sans la présence des êtres chers est en quelque sorte un handicap dont il faudrait se déprendre vaille que vaille pour prendre à bras le corps sa vie en main et la gérer selon ses choix et ses capacités. —   Je suis très contente de t’entendre parler dans cet esprit moralisateur, dit Jamila à son mari. Le discours de sage, même s’il est concis, m’importe beaucoup plus que celui d’un bavard qui ne sait même pas aligner ses propres  phrases pour faire passer un message cohérent et bien utile. —   J’étais toujours cohérent avec toi ma bien aimée, dit-il. Mes enfants sont tout pour moi  et, toi, tu l’es encore davantage. Ce qui vient de t’arriver m’attriste et me rend un peu chagriné. Mais, comme ton oncle Driss, t’en a déjà parlé, l’inévitable rend parfois impuissant si ce n’est passif. Devant chaque  drame qui peut nous frapper, il faut prendre son mal en patience et se faire résilient et placide autant que faire se peut. —   Faire autrement que ce que tu penses, dit Jamila, ne peut qu’envenimer notre situation de victime et la rendre encore plus dramatique et insupportable. Se casser une jambe accidentellement est le mal le moins couteux qu’on pourrait préférer à l’idée  de perdre la vie  et laisser derrière soi tous nos projets de vie en rade. —   Exactement, dit Farid, de deux maux, il faut choisir le moins lancinant bien que ça ne soit pas une question de choix. Ce qui nous arrive n’est pas du tout subordonné à nos préférences ou soumis d’avance à notre approbation. Ce qui nous arrive subitement ne dépend pas de nous et personne ne pourra dire le contraire. Si tu avais su à loisir  que tu allais te casser une jambe dans l’escalier au temps « T », tu ne l’aurais pas monté. Ce qui cause dans la majorité des cas nos accidents, c’est le manque d’attention et de prudence.  Et si mon mari avait su qu’il allait mourir au temps « T », ajouta Samar, il aurait à coup sûr évité cette mort qui l’avait pris au dépourvu. Peut-on dire aussi dans ce cas de figure que l’accident s’est produit par manque d’attention ou de prudence ? Puisque  l’éboulement survient d’un seul coup comme une secousse tellurique. —   La prudence et l’attention, expliqua Jamila, ne sont que des dispositions à prendre pour parer à l’éventualité d’une action dangereuse prévue qui ne dépasse pas nos moyens de défense ou de protection et si, en l’occurrence, notre bâtiment était doté d’un ascenseur sécurisé, aurais-je eu cet accident en l’utilisant ? —   Pour moi, répliqua Farid, il est difficile de répondre à ta question que je trouve un peu embarrassante. A ta place, j’accepterai le fait accompli sans me laisser affecter par une série d’hypothèses et de suppositions. Vivre au jour le jour dans l’angoisse et la peur de se casser le nez, d’échouer dans la vie, de faire faillite dans une entreprise  ou de risquer sa peau en effectuant un travail quelconque, ne mènera, à mes yeux, qu’à plus de malheurs et de déception. —   Que pense-tu Samia de ces idées de pseudo philosophes qu’on vient de discuter selon nos connaissances un peu limitées ? demanda Jamila qui veut l’impliquer dans ce genre de sujet qui dépasse peut-être ces facultés de discernement. —   Moi, je n’en sais rien. Mais, je voudrais devenir philosophe, répondit Samia, l’air lucide, les yeux étincelant et le regard perçant dirigé directement vers ses interlocuteurs qui n’en croient pas leurs oreilles en entendant sa formulation brève et pertinente qui montre combien cette fille est-elle intelligente et pleine de volonté. —   Cela me fait grand plaisir que tu le deviennes  un jour, avoua son père. Je ne doute pas, dit-il,  de tes capacités précoces de  fillette qui commence si tôt à s’affirmer de façon constructive et discuter avec un esprit positif en sachant partager ses opinions et points de vue avec respect et savoir dire. —   Si tu commences, lança sa mère, à cet âge que tu as à l’heure qu’il est à connaitre d’autant plus tes goûts et tes intérêts, de t’affirmer et  donner ton opinion, savoir comment résoudre les problèmes et les difficultés, de développer ta personnalité et argumenter pour obtenir ce que tu veux, je crois que c’est un  signe suffisant de ta maturité. —   Bon ! Maintenant, nous devrons rentrer à la maison, dit Farid. Samar, toi, tu remets Zaki dans sa poussette, avant qu’il ne se réveille. Je vois qu’il s’endort à poing fermé, il est apparemment très fatigué. —   Oui, il l’es ! lança Samar. Je vais m’en occuper cette soirée. Je le mettrai dans ma chambre pour qu’il soit bien accompagné. —   Nous allons te laisser jamila. Samia embrasse te mère. Au revoir et bon rétablissement, ma bien-aimée, dit-il à sa femme avant de quitter sa chambre.     Jamila laissée seule par obligation, sent jaillir de ses yeux deux grosses larmes qui, comme de petites rigoles, lui coulent simultanément en aval sur les joues jusque au bas du menton. Elle aurait aimé rentrer chez elle pour  superviser de visu tous les travaux domestiques qu’elle a confiés à Samar, mais malheureusement sa jambe emplâtrée et plus encore les prescriptions de son médecin traitant l’empêchent de bouger d’un iota de son lit.                                     CHAPITRE II                   Le bâtiment où elle  résidait avec ses enfants et son mari n’était occupé que d’habitants locataires. Son propriétaire était un vieux invétéré qui s’activait dans le commerce de contrebande  et de trafic de produits illicites. Il possédait entre autre autres quelques chalutiers de pêche et des chaloupes. Il entretenait des relations importantes avec des hommes d’affaire de son niveau. C’était une sorte de construction vétuste, composée d’une dizaine d’appartements, qui apparaît au premier regard dans un état dépeint et hideux,  située à proximité du café de Driss. A défaut d’ascenseur, les habitants, jeunes ou vieux et décrépits se résignaient à utiliser les escaliers et la majorité d’eux trouvaient des difficultés pour monter leur bouteille à gaz, leur sac de voyage ou autre bagage qu’on pouvait facilement traîner sur le sol. Le concierge qui surveillait les entrées et sorties des habitants et visiteurs était un homme âgé de cinquante ans, haut de taille, maigre et chétif, le teint brun et la physionomie un peu triste et flétri, aux habits sombres et délavés, la tête coiffée d’une casquette noire à visière incurvée et mal posée, ses yeux sombres lui conféraient l’air désagréable et méchant, sa bouche à moitié édenté, apparemment à cause du scorbut, lui donnait un air repoussant, que l’on ne pouvait fixer sans répugnance, ses lèvres étaient toutes noircies et gercées par le tabac. Sa voix était rauque et plus ou moins déplaisante pour ceux qui ne le connaissaient pas.                    L’appartement qu’habitait Farid est situé au troisième étage. Il se composait d’une petite salle de séjour, deux chambres, cuisine, salle de bain et un petit 

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