21 heures. Georges était seul à L’Éolienne. Nathalie l’avait prévenu qu’elle allait au cinéma à Auray avec Corinne et qu’il ne devait pas l’attendre pour se coucher, car elles iraient sans doute prendre un pot après la séance. Corinne, toujours Corinne, l’inévitable Corinne… Son regard se posa sur le portrait de son amie que Nathalie avait réalisé il y avait peu. Dans un visage à l’ovale parfait, la timidité du sourire se corrigeait par la volonté que l’on sentait dans le regard. Indiscutablement, Nathalie avait mis le meilleur d’elle-même dans cette toile. Georges roula vers le bar à panneau rabattable et se servit un verre de vieux calva. Comme tous les mois à la même date, il ressentait ce pincement au cœur. Il ne fallait pas songer à oublier. Le temps ne gommerait rien, de même qu’il


