Le soleil ne se levait pas encore. La période estivale ne manquait pas de se manifester par sa grande chaleur. Julia était à fond dans la préparation des mets pour le repas.
- Bonjour grande sœur. Tu as bien dormi ?
- Oui, mon chou. Et toi ?
- Je ne peux pas dire pas dire autant que toi. Cette chaleur a beaucoup tourmenté mon sommeil.
- Tu as donc fermé ta fenêtre. Moi j'ai dormi avec la mienne grande ouverte. C'était une partie de plaisir.
- Je vois. Il faut faire attention tout de même. Ça sent bon ici. J'ai une faim de loup.
- Tiens bon encore quelques minutes. Il y a du melon, tu en veux ?
- Oui.
- Prends un morceau et va ensuite te baigner, à ton tour ton plat sera sur la table. Nathan est réveillé ?
- Non, je n'y crois pas. Hier soir il est resté éveillé très tard.
- Vraiment ? Qu'est-ce qu'il faisait donc ?
- Il a de quoi s'occuper à présent. Tu ne vois pas ?
- Oui, je sais. Sa tablette. Il ne se plaint même plus quand il a faim. Ce sont les vacances, je ne vais rien lui interdire mais dès la réouverture des classes, je ne vais pas tolérer tout ça. Il va au Secondaire à présent.
- Tu as toujours été stricte sur les principes. Ça je le sais.
- Toute personne voulant réaliser de grands objectifs doit orienter sa vie vers des principes. Tu le sais bien.
- Oui c'est vrai. Je vais prendre une douche. Je reviens.
- Dépêche-toi !
Un peu plus tard dans l'après-midi.
- Allô !
- Bonsoir.
- Bonsoir. Qu'est-ce qu'il y a ? Nathan va bien ? Demanda Dimitri à Julia l'autre bout du fil.
- Bien sûr qu'il va bien.
- Alors qu'est-ce qu'il y a ? C'est aujourd'hui qu'il devait se rendre chez ta mère ?
- Non, ce n'est rien de tout ça.
- Alors dis moi ce qui ne va pas. Est-ce un appel de courtoisie ? À quoi tu joues ?
- Tu avais fait le choix de partir de la maison...
- C'est pour me reprocher cela que tu me téléphones, dit-il en coupant la phrase de Julia. Je sais que je suis un irresponsable, tu n'as pas besoin de me le rappeler à chaque fois.
- Tu veux au moins me donner la chance de m'exprimer, bon sang !
N'ayant entendu aucune réaction, Julia continua en ces mots :
- Tu avais le choix de partir de la maison il y a quelques mois, à mon tour de faire un choix à présent. La vie est faite de choix. Tu dois le comprendre. Je vais demander le divorce.
- Quoi ?
- Qu'est-ce qui t'étonne ? Qu'est-ce que tu croyais ? Que j'allais rester là comme une imbécile à attendre ton retour. Je ne veux plus être liée à toi, il n'y a que Nathan qui nous unira désormais.
- Comme tu veux. De toute façon, j'allais le faire tôt ou tard.
- Alors je vous ai devancé cher monsieur. L'avocat en charge de l'affaire te téléphonera afin de parapher les papiers. Au revoir !
Ça se voit que Dimitri avait reçu une bonne claque à l'écoute du divorce. Julia n'y pouvait rien. Il y avait un homme qui l'attendait impatiemment et elle en avait bien conscience.
Il était quatre heures de l'après-midi. Julia s'apprêtait à ramasser ses affaires quand elle vit arriver la Nissan Pathfinder d'Anthony.
Elle émit un large sourire et son souffle fut coupé, un court instant, puis reprit aussitôt une nouvelle cadence. Cet homme l'hypnotisait. Ses cheveux étaient toujours correctement coupés et sa tenue toujours bien soignée.
Dès celui-ci la vit, son regard pétilla de bonheur. Ses yeux ne la quittaient pas.
Julia s'empressa de lui rejoindre.
- Bonsoir chéri.
- Bonsoir petit cœur. Tu as passé une bonne journée ?
- Oui, et la tienne ?
- Bien mon amour. Tu n'as rien oublié ?On doit se dépêcher, je dois passer dans une station-service avant de rentrer. Je n'ai pratiquement plus de carburant.
- Ah ! Vraiment ? Je reviens vite alors. Je vais satisfaire ma vessie.
- Dépêche-toi !
Cinq minutes plus tard.
- On peut y aller à présent ?
- Oui. On y va.
Une fois la voiture démarrée, Julia s'exprima en ces mots :
- Tony, j'ai longuement réfléchi.
- À quel sujet ma chérie ?
- À propos de nous. Je veux officialiser notre relation tout comme toi. Mais je préfère que ce soit en Décembre prochain. La fatigue du travail me perturbe déjà, je ne pourrai rien supporter davantage. Il est vrai qu'Amélie sera déjà née on profitera donc de mon congé maternité pour faire les choses. L'accouchement est prévu pour Novembre. Qu'en penses-tu ?
- C'est une bonne idée. Mais j'aurais préféré que le mariage se fasse avant la naissance du bébé.
- Je te comprends. Mais imagine-toi qu'en Septembre prochain ce sera la réouverture des classes, le mariage devra donc se faire le mois prochain, ce qui demandera beaucoup d'efforts pour les préparatifs en si peu de temps.
- Maintenant que j'y pense, tu n'essaies pas de me faire marcher par hasard ? Tu veux te marier le mois de ta naissance ? Demanda Anthony.
- Non, mon cœur. Quelle idée !
Ils éclatèrent de rire.
- D'accord madame. On retient le mois de Décembre alors. Merci de vouloir faire parti de ma vie.
- À moi de te remercier babe.
- Et pour les préparatifs, ma sœur se chargera de tout avec ta permission bien sûr. Tu n'as pas à t'en faire.
- Ta grande sœur. Où est-ce qu'elle habite ?
- Au Canada. Elle viendra participer à notre mariage. Elle travaille dans une entreprise organisatrice de cérémonie nuptiale donc elle s'y connaît très bien.
- Je vois. Et pourquoi tu ne me parles jamais de tes parents ? Demanda Julia.
- Ma mère n'habite pas très loin d'ici. Mon géniteur nous a abandonné quand j'avais cinq ans.
- Oh ! J'en suis navré chéri.
- Tu n'as pas à t'en faire. J'ai reçu assez d'amour pour transmettre autant à ce petit être
Il jeta un regard au ventre de Julia.
- Oui, je n'en doute pas. Et j'ordonne que monsieur se concentre sur la route. Tu auras tout le temps de m'admirer, je ne vais pas m'enfuir.
- À vos ordres, votre majesté ! Et Dis-moi, tu vois quel gynécologue ?
- Celui de l'hôpital, Dr Figaro. J'ai été son patient lors de ma première grossesse alors j'ai cru bon de toujours le voir surtout il a été témoin de mes complications par le passé.
- Je comprends. Et pour les factures, tu gères comment ?
- La direction de l'hôpital fait un retrait de mon salaire à la fin de chaque mois pour mes consultations. Je suis obligée de voir régulièrement le docteur en vue de surveiller de près le développement du bébé.
- Je vois. Et les envies, tu n'en as jamais eues ?
- Tu parles ? Il faisait nuit le quatrième mois quand j'avais envie d'un bon dessert. Du pain patate. Mon frère m'en a acheté dans une pâtisserie du village voisin.
Ils passèrent devant un supermarché quand elle s'écria :
- Là maintenant j'ai envie de raisins.
- Chérie, est-ce moi qui ait soulevé ton envie par ma question ? Une prochaine fois je me tairai.
- Ça ne sera pas long mon amour. Il y a côté un supermarché. Ce qui me permettra de résoudre mon problème au plus vite et le tien également puisque j'aperçois une station-service là-bas.
- C'est très malin de ta part.
- Je le prends pour un compliment. J'arrive !
- Tu penses vraiment que je vais te laisser y aller toute seule ?
- Monsieur est protecteur ?
- Bien sûr. Protecteur et amoureux.