Il était quatre heures du matin quand Julia se réveilla en sueur. Elle se tournait dans le lit mais en vain. L'horrible cauchemar ne la quittait pas. Son mari dormait encore. Elle se détacha de son emprise et elle se leva pour préparer la nourriture
Elle brancha la connexion internet de son téléphone en vue de vérifier ses messages. C'était la catastrophe ! Le quartier voisin de celui du cabinet médical où elle travaillait a connu une fusillade la veille ce qui causa de graves blessés. Le P-D.G a demandé à tous les employés de se présenter très tôt ce matin avec prudence afin de soigner ceux qui sont blessés.
- Quelle criminalité ! Je n'ose même pas imaginer.
Elle s'empressa de tout préparer afin de partir tôt pour ensuite réveiller son fils et son mari en vue de leur faire part de la situation.
- Si tu dois vraiment y aller là-bas alors je vais te déposer. Nul besoin de te déplacer toute seule.
- Évidemment que je dois y aller, Dim. Il y a des vies en danger.
- Maman, tu sais que mon professeur de maths habite le quartier dont tu en parles ?
- Vraiment ? Je ne le savais pas mon chou. Restons optimistes. Peut-être qu'il ne lui est rien arrivé.
- Je l'espère.
Nathan François est en Neuvième Année Fondamentale. Il est très passionné des mathématiques alors la seule idée que quelque chose puisse arriver à son professeur lui mettait hors de lui. Sa mère sachant cela ne voulait délibérément pas l'inquiéter.
Les François habitent le quartier Oc'c de la Première République Noire.
- Allez, dépêchez vous les gars. Je n'ai pas de temps à perdre. Le devoir m'appelle. À mon arrivée, j'aurai une montagne de dossiers médicaux à rédiger.
- Fiston, va vite te laver les dents et prends ton sac.
- Oui, papa.
- Julia ! Et toi, ça va ?
- Oui chéri.
- Ce n'est pas l'impression que j'ai. Tu as des cernes sous les yeux. On peut en parler ?
- Ça va. Je vais assurer.
- Je te crois.
Une heure plus tard à l'hôpital.
- India !
- Julia ! Comment tu vas ?
- Je vais bien ma chère. Et toi ? Tu n'étais pas censée profiter amplement de ton congé ?
- Bien sûr, mais en de telles circonstances, on a besoin plus de bras et j'ai compris ça.
- Tu as bien fait.
- Tu es toute pâle depuis la dernière fois qu'on s'était vues.
- Ah ! Oui. Depuis ton absence, je gère tout donc cela m'épuise.
- Tu es certaine que c'est uniquement le travail qui t'a plongé dans cet état ?
- Allons, India. N'en fais pas tout un drame je te prie.
- On est entre femmes, Julia. Dis-moi.
Celle-ci soupira avant d'avouer :
- Je dors très peu ces temps-ci.
- Dimitri est insouciant à ce point.
- Hé, non. Il n'a rien à voir avec ça. Je fais des cauchemars à chaque soirée et cela perturbe mon sommeil.
- Tu devrais te faire consulter, tu sais. Si tu as besoin de quelqu'un pour vider ton sac, je suis là. Ta bonne oreille attentive.
- Je le sais et je t'en remercie. Je ne vais surtout pas continuer à tirer la couverture vers moi pour l'instant car les médecins ont besoin des dossiers pour les consultations. On doit se dépêcher. On a du pain sur la planche.
- Évidemment.
Les minutes qui suivent ont été un grand choc pour Julia. Deux jeunes garçons soutenaient par la taille un homme blessé. Ils n'avaient pas de brancards. Elle courut en chercher un pour la victime. À son étonnement, c'était le professeur de maths de son fils. Elle resta sans voix. Bouche bée. Quel cauchemar !
En collectant les données sur la situation du professeur auprès de ceux qui l'ont emmené, elle rédigea son dossier. Elle travaillait depuis neuf ans dans cet hôpital et au grand jamais une situation ne l'avait autant secouée. Ce qui était pire c'est qu'ils ne pouvaient pas fermer ce soir-là car des patients devraient rester en observation et on ne pouvait pas les renvoyer chez eux avant la stabilité de leur état.
Ce qui voulait dire que Julia ne pouvait pas rentrer chez elle. Son mari était venu la voir et lui a apporté de quoi satisfaire son estomac. Il voulait rester dans le parking de l'hôpital mais elle lui demanda de raccompagner Nathan à la maison. Il doit être dévasté après les nouvelles de son professeur victime de la fusillade. Il devrait se reposer.
Le lendemain matin.
- Tu dors fiston ?
- Maman ! Tu es rentrée ?
- Oui. Je viens tout juste de rentrer mon bébé. Il est presque sept heures. Tu ne t'habilles pas ? Tu vas être en retard pour l'école.
- Je ne pourrai pas y aller maman.
- Mon grand, ton professeur va se rétablir. Tu dois garder espoir. Ils s'occupent bien de lui à l'hôpital.
- Je sais mais aujourd'hui j'aurai deux heures de maths avec lui. Deux heures affiliées maman et il ne pourra pas être présent. Je ne pourrai pas affronter ça. Je ne suis pas encore prêt.
Le pauvre garçon ! Il s'éclata en sanglots. Il était un enfant très attachant.
- Hé, mon poussin. Calme-toi ! Viens là !
Julia le prit dans se bras. Le voir pleurer lui brisait le coeur. Malheureusement elle était impuissante face à cela. Si elle ne pourrait pas y aller à l'école alors elle n'allait pas le forcer. Il a besoin un peu de temps pour s'en remettre. On a tous nos jours de faiblesses. Elle n'avait jamais vu son fils dans cet état. Une fois qu'il s'était calmé un peu, elle le laissa se reposer et retourna voir son mari.
- Nathan ne va pas bien. Il ne pourra donc pas se rendre à l'école aujourd'hui. Téléphone je te prie à la direction en vue de motiver son absence.
- Je le doutais fort. Il s'était retenu de pleurer toute la soirée mais j'avais bien compris ça l'a beaucoup affecté. Je vais leur téléphoner rapidement.
- D'accord. Et tu vas travailler aujourd'hui ?
- Oui, j'y vais. J'attendais ton retour avant de m'en aller.
- Je reste donc avec Nathan mais vue la situation que j'ai laissé là-bas on pourrait m'appeler à n'importe quel moment. Je te tiendrai informée. Sois prudent !
- Profite pour te reposer un peu. Tu es toute pâle.
- Je te le confirme. La nuit a été longue.
Il l'embrassa à pleine bouche et se dépêcha de partir. Elle était accablée par la fatigue mais elle avait une grande faim aussi. Elle se dirigea dans la cuisine dans le but de se préparer quelque chose. À son étonnement, Dimitri avait fait de l'omelette vue qu'elle était absente. Il pouvait se montrer intéressant quand il le voulait. Elle se régala avant de vérifier si son fils dormait encore pour ensuite sombrer dans le sommeil à son tour.