Le voyageCasse-noisette frappa encore une fois dans ses deux mains : alors le fleuve d’essence de roses se gonfla visiblement, et de ses flots agités sortit un char de coquillage couvert de pierreries étincelantes au soleil, et traîné par des dauphins d’or. Douze charmants petits Mores, avec des bonnets en écailles de dorades et des habits de plumes de colibris, sautèrent sur le rivage, et portèrent doucement Marie d’abord, et ensuite Casse-noisette, dans le char, qui se mit à cheminer sur l’eau. C’était, il faut l’avouer, une ravissante chose, et qui pourrait se comparer au voyage de Cléopâtre remontant le Sidnus, que de voir Marie sur son char de coquillage, embaumé de parfums, flottant sur des vagues d’essence de roses, s’avançant traînée par ses dauphins d’or, qui relevaient la tête,

