34.Marianna demeura longtemps rêveuse, émue et concentrée en elle-même. Le danger lui avait rendu sa présence d’esprit, et elle s’en servait pour réfléchir à ce qui lui restait à faire. Henri s’était retiré, respectueux et résigné ; mais cette résignation ne pouvait être de longue durée ; l’heure devait venir où l’amour parlerait plus haut peut-être, dans le cœur du roi, que ce vague respect qu’inspirent l’infortune et la faiblesse, et Marianna avait raison de vouloir fuir. Mais où… à quelle heure ?… comment quitter ce château, où, sans doute, tous ces serviteurs empressés à la servir avaient ordre de la retenir prisonnière ? Marianna se prit à fondre en larmes ; elle s’enferma au verrou dans sa chambre et demeura seule pendant le reste du jour, sans songer même à prendre la moindre nou

