Chapitre 5

2753 Words
Kaily « Frappe plus fort, gamine ! » tonna la voix de mon professeur. Je fis tournoyer le bâton au-dessus de moi avant de frapper de toute mes forces dans la direction de l’homme qui esquiva sans problème. La sueur perlait dans mon dos et mon souffle montrait l’épuisement dans lequel il m’avait mi. « Trop lente » commenta-t-il en répliquant, il arriva sans soucis à frapper mon flanc qui m’empêcha de respirer. « Ne t’éparpille pas dans tes pensées, plus fort et plus vite ! » L’air vibrait autour de nous, la magie nous donnant des gestes toujours plus rapide et puissant mais ça ne changeait pas que je contenais celle-ci. Je ne voulais pas utiliser ce pouvoir que je considérais comme démoniaque. La preuve étant ma sœur. « Kaily » Tonna une voix au loin. Me retournant d’un coup, droite comme un piquer, je fixais l’homme gigantesque qui venait de rentrer dans la pièce. Il me regarda une fois de plus de haute en bas avant de souffler. « Tu es trop faible, tu ne deviendras jamais une combattante comme ta sœur » Son expression était bizarrement posée. La violence de ces mots n’était pas là et mon corps se mit à trembler tandis que je fis un pas en arrière quand il s’approcha de moi. Agrippant mon épaule pour m’empêcher de partir. « Mais forte heureusement, tu peux être utile à autre chose » Ce sourire vorace ne me disait rien qui vaille. C’était le même avant qu’il tue sans pitié ces hommes. Mais je savais qu’il ne me tuerait pas. Même si j’étais dégoûtante, sans intérêt, j’avais compris qu’être sa création était le plus important. Alors si je n’étais pas guerrière, que serais-je entre ces doigts ? « Tu vas t’accoupler avec des dragons » Un blanc résonna dans la pièce tout comme mon esprit tandis que je regardais mon père. Je venais à peine d’avoir vingt-trois ans, et j’allais devoir procréer pour mon père ? Je n’étais pas une poule pondeuse ! Agrippant sa main, je sentis la puissance de mon corps noircir délibérément mon cœur. Mais cette fois-ci je la laissa s’insinuer en moi, vibrant sur chaque endroit de mon corps tandis que le crépitement autour de moi m’expliqua que j’étais à la limite de la transformation. Je poussais la main de mon père, le claquement que ça a émis ainsi que le regard du dragon me fit comprendre une chose : j’allais le regretter. Le silence de la pièce me fit comprendre que je n’étais plus dans mon rêve, la sonnerie ne m’avait pas réveiller et continuait de tonner pour être éteinte. Je fermais les yeux en me recouchant sur le coussin, essayant de me rappeler des éléments de la vieille. À peine rentré, j’étais simplement parti dans mon appartement et m’y était endormie tellement facilement après ces événements. Je devais remplacer ce soir mon patron. Alors je profitais largement de ma grasse matinée mais aussi de toute mon aprème dans mon appartement. Bizarrement je ne voulais pas sortir, comme si mon corps me prévenait d’un danger imminent. Et je n’allais pas tenter le diable. Depuis trois mois, je vivais ma meilleure vie et j’allais continuer. M’installant dans mon canapé avec un sandwich, Netflix m’apporta le réconfort nécessaire pour passer une bonne soirée seule. Ce fut à la fin de mon épisode que je remarquais qu’il était déjà vingt heures, j’allais avoir un peu de retard mais tant pis. Attrapant un pull, je descendis tranquillement l’escalier tandis que mon ouïe entendit des bruits inhabituels. Il y avait comment une petite musique, tantôt des maracas puis des rires d’enfants. Fronçant les sourcils, je descendis plus vite pour prendre les enfants sur le fait, j’ouvris la porte qui m’emmenait vers le magasin. Waouh, c’est impressionnant ! Je regardais la boutique si familière comme si je découvrais un nouveau monde. Les objets si inactifs le jour lançait de nouvelle couleur, certains même poussait la chansonnette alors que j’entrais plus profondément dans la pièce, j’entendis un frappement à la porte. Sursautant je me tournais légèrement vers la porte pour regarder un jeune enfant dans les dix ans le sourire accompagné d’un geste pour rentrer. Me souvenant que je devais prendre l’horaire de mon patron, j’ouvris la boutique. Devant moi le jeune garçon entra d’un grand sourire qui me montra des canines pointues. Je reculais d’un pas lui donnant encore plus un sourire sadique. « Je ne savais pas qu’Éric avait une délicieuse petite apprentie. Je serais ravi de te présenter à mes amis… » « Non, merci, pas besoin », s’enquis ma voix paniquer. Il s’avançait de plus en plus vers moi. Pourtant je ne devrais pas avoir peur, mon sang était toxique pour les vampires et ma force encore plus écrasante. Mais j’étais le genre pacifiste, qui préférait reculer plutôt que de combattre. « Monsieur… » « Giles de Point d’acier », me rectifia-t-il en venant poser une main sur mon poignet pour venir le sentir avec envie. « Tu sens excessivement bon… » « Désolé mais je ne suis pas comestible… » « Laisse-moi me faire mon avis… » Je vis ces dents devenir encore plus longue alors qu’un petit cri passa mes lèvres, tirant plus fort, le petit que je pensais avoir 10 ans avait une force à toute épreuve. Laissant alors mon regard changeait dans une dorure agréable je n’eus pas le temps de bouger plus que le corps du petit vampire monta vers mon regard. Suspendu dans les airs, il semblait inoffensif et j’empêchais un petit rire moqueur sortir de ma bouche. « Giles on ne t’a pas appris à être gentleman avec les dames ? » « Satané bestiole de lézard, lâche-moi ! » La voix du vampire se fit hystérique. La personne obéissait d’un coup, le relâchant durement au sol, laissant entendre un grondement féroce qui le fit dégarpir sans demander son reste. Je levais les yeux pour tomber sur un regard que je pensais impossible à voir. Me transportant vers un autre univers, l’or de ses yeux me fixait comme fasciné lui aussi, m’envoyant un frisson v*****t alors qu’il s’avança un peu plus. Me permettant de voir à la lumière ses cheveux brun plaqués en arrière alors que son costume cravate avait été défait pour libérer son cou puissant. Il semblait parfaitement moulé son corps comme fait sur mesure mais pour autant on le sentait étriqué dans ces simples vêtements. Il était ce qui me rendait la plus surprise des femmes, séduisant, attirant… Mordant mes lèvres, essayant de maintenir le peu de dignité qu’il me reste, j’essayais de parler. « Bon.. Bonjour et… m… merci… » chuchotais-je en ne lâchant pas son regard. « Tu me dois une paire de lunette, gamine. » Se moqua une nouvelle personne. La voix ne provenait pas de l’homme face à moi, mon regard doré le lâcha pour regarder avec surprise le dragon que j’avais rencontré la vieille. Celui-ci rigola avant de croiser mon regard et j’aperçus un léger sursaut, presque imperceptible, mais je pouvais très bien le percevoir. C’est là que je me rendis compte de ce qui les avait surpris. J’enlevais rapidement mes pupilles de dragon, rendant à mon regard le vert sapin d’origine qu’il aurait dû voir en premier lieu. « Ce n’est pas possible… » commenta le dragon bleu. « Incroyable », chuchota l’autre en touchant ma joue qui me fit vibrer entre la peur et l’excitement, le fixant sans retenu, oubliant l’autre dragon. « Une dragonne… comment peux-tu exister ? » Sa main rugueuse me provoquait de léger chatouillis, pour me donner la sensation de petites étincelles chaudes qui parcouraient chaque endroit. Glissant à mon cou, je lâchais un souffle chaud, n’essayant pas une seule fois de le repousser. Pourquoi ? Je n’acceptais normalement aucun contact humain comme fae. « Dagorn », réveilla la voix de son ami encapuchonné, posant une main sur son épaule pour lui faire lâcher prise. « On n’est pas là pour ça… » Il retira finalement sa main de mon visage, me faisant légèrement avancer comme si je regrettais sa chaleur alors que le regard bleuté me dévisagea une fois de plus. Je comprenais fortement leur surprise, les dragonnes n’existaient pas, il était impossible pour les femmes humaines de donner naissance à des filles. Impossible n’était pas le mot de mon père. Il avait trouvé une humaine et il utilisa un objet destructeur pour changer le sexe des bébés. Ma mère était morte en accouchant. Faisant naître deux jumelles dragonnes, les deux premières mais sûrement les deux dernières. Je ne connaissais pas comment mon père, Ivar, avait réussi ce miracle, il me l’avait toujours caché. Je n’étais sûrement pas ma sœur, une combattante puissante, violente et sans scrupule. Non j’étais la douce petite sœur qui essayer toujours de sauver les personnes enfermées dans le donjon. Pour autant je n’étais pas stupide, et je connaissais chaque endroit pour me faufiler, comme pour m’échapper de cet endroit. J’avais trouvé le livre de ces expériences, la dernière page de ce livre parlait de la façon d’avoir un bébé dragon féminin. Certains mots avaient été barrés, effacé par des tâches sombres, ne me donnant que de légère information. « Petite, où est l’œuf ? » Demanda Dagorn, me réveillant au passage. « Je ne sais pas », mentis-je ouvertement. Un sourire passa au deuxième homme qui murmura entre ces lèvres : je l’aime bien la petite menteuse… Un frisson passa mon dos alors que je regardais les deux personnes devant moi. Comprenant que j’avais affaire à deux dragons qui n’allaient pas lâcher l’affaire. Fronçant les sourcils, je les regardais tour à tour. « Eric m’a interdit de le donner à qui que ce soit… » « Son propriétaire en a besoin immédiatement », gronda le crétin brun. Il me souriait toujours mais ces yeux prirent une teinte blanchâtre, m’indiquant que le dragon était prêt à utiliser la violence. Reculant d’un coup, je craignis pour ma vie. La violence draconnique… je ne pouvais pas le supporter. Dagorn essaya de nouveau de me toucher la joue mais je me retournais pour m’éclipser dans la petite pièce. J’entendais les pas me suivre, ils avaient sûrement peur que je m’enfuie. Je tapotais le code électriquement, la validation émit un petit son alors que la porte s’ouvrit pour présenter l’œuf. Je le regardais encore une fois avec fascination alors que j’avançais ma main pour l’attraper. « Attend, non, ne le touche pas ! » Éleva la voix de Dagorn en essayant de m’arrêter. Je voulus reculer mais ce fut à ce moment-là que je perdis pour la première fois l’équilibre, touchant la coquille. Je sentis toutes les écailles chauffaient au contact de mes doigts avant de glisser plus loin, remontant le long de mon bras comme une douce chaleur. Une caresse. Je sentis un contact m’écarter de l’œuf mais c’était comme si je n’étais pas là, dans une coquille vide. Je sentais la chaleur revenir vers mes doigts avant qu’une brûlure à mon poignet me réveilla de ce moment dans un douloureux hurlement. Je me débattais mais on me tient fixement contre un torse si chaud et agréable. Mes forces me firent comme aspirer d’un coup, tandis que je sombrais violemment. Dagorn La jeune femme dans mes bras s’effondra sous un cri qui fit vibrer mon cœur. Je sentis au fond de moi mon pouvoir de dragon répondre en chœur à son cri. L’agrippant plus fortement je lançais un regard sur le côté à Jay. Mon second lança un regard à l’intérieur pour me faire signe que non, l’œuf de dragon venait déclore et était maintenant dans cette dragonne. Nous l’avions depuis 80 ans, tous mes dragons l’avaient touché sans résultat, pour s’éclore face à cette jeune femme inconnue qui ne doit même pas exister. « Elle s’appelle Kaily d’après le vioque », me coupa dans mes pensées Jay « On fait quoi ? On la ramène à la tanière ? » « Je crois pas qu’on est d’autres choix. » Ma voix essayait de sonner comme une résignation mais ce n’était clairement pas vrai. Cette femme, d’une beauté sans nom, remuer mon corps comme jamais je n’avais connu. Je ne voulais plus la lâcher et je voulais l’enfermer dans ma tanière. C’était tellement étrange et nouveau. Mais tendit que je me levais avec le corps de la femme endormie, je validais cette mesure. Les œufs de dragon ne devenaient puissants que lors de leur éclosion, l’hôte devenant le réceptacle pour dragon. Normalement c’étaient les hommes qui en prenaient possessions, devenant alors des machines de guerre aux pouvoirs les plus puissant. Mais sur une femme ? Qu’allait-il lui arriver ? Montant alors sur le toit du petit immeuble, lançant un regard à mon acolyte. Nos corps ne perdirent pas de temps, des nuées de vapeur d’une couleur doré pour moi et bleu pour lui, nous firent changer en ce que nos corps préféraient. Nos dragons. Violent, puissant, pourvu de griffes dévastatrices, de dents si pointus qu’une proie se briserait facilement. Enserrant de mes griffes arrière le corps de la femme endormie. Etendant mes grandes ailes d’un noir et doré, je lançais un coup de vent pour vérifier que mon départ ne se ferait sans aucune difficulté. Je clopinais alors jusqu’au rebord et élança mon puissant corps dans le vide. Une chute vertigineuse qui au dernier moment me fit ouvrir les ailes pour remonter alors que j’entendis dans ma tête Jay rire et se moquait de moi. « Tu sais qu’elle est endormie et ne peut pas dire à quel point tu es un génialissime planeur ? » « Et mes crocs dans ta gorge ? » Un rire guttural lui prit, je vis son dragon bleuté se tordre pour imiter un humain rire. Le rendant difforme et stupide. Nous volions rapidement au-dessus des immeubles, ne nous inquiétant pas pour les humains. Un charme protéger nos corps, il pouvait seulement voir quelque chose de transparent se mouvoir mais sans savoir que cela puisse être un dragon. Cette ville étant sous ma protection, nous les protégions aussi de nous-même. Nous éloignant de la ville, notre grotte approchait, nous allions enfin retrouver notre meute. Les dragons n’étaient pas connus pour avoir beaucoup de monde, mais la nôtre contenait une dizaine de personnes. La plupart étant des dragons mâles non accouplés mais il y avait quatre femmes humaines qui s’y trouvaient. Chacune d’elles étant la compagne destinée de mes guerriers. Nous commençâmes à piquer droit vers une cascade. Ce fut ce moment pour que je sente du mouvement dans mes griffes. Ma prisonnière se réveiller lentement. Mais il était trop tard. Un cri passa ses lèvres tandis que l’allure de mon dragon piqua plus bas pour passer la cascade, passant alors dans une cavité sombre. Suivit de près par mon acolyte qui semblait rire mais ce ne fut pas le cas de ma petite dragonne qui tapait contre mes griffes sans pour autant essayer de me faire mal. Nous arrivions enfin sur la fin de la piste d’atterrissage, je dus changer de position mes ailes pour faire un arrêt presque instantané alors que je me posais tout en libérant la jeune femme qui gronda. Je vis des dorures se créer autour d’elle, faisant immédiatement reculer Jay d’un signe de tête alors qu’une petite dragonne apparue devant moi. Ma surprise fut de mise quand je l’observais, tournant autour d’elle avec ravissement. Voyant qu’elle détenait les mêmes couleurs que les miennes. Je me postais à côté d’elle, la regardant en signe de défit avant d’ouvrir ma gueule pour lâcher une flamme rougeoyante qui était le brasier de ma puissance, attendant une réponse identique de la jeune femme. Elle sursauta, comprenant rapidement que je lui demandais de faire de même. Elle semblait perturbée, C’était encore plus étrange alors qu’elle ouvrit la gueule pour lâcher ce qui le sembla être la plus petite flamme que j’ai jamais vue. Et sa colère grondante partie instantanément alors qu’elle baissa la tête pour se cacher sous son aile d’une dorure si fascinante. J’en profitais alors pour reprendre le contrôle de mon corps, cette petite dragonne ne connaissait rien à l’attaque sinon elle aurait craché un feu tellement puissant. Devenant humain, je fis aussi apparaître sur mon corps des habits. Que la magie pouvait être utile. « Regarde-moi, tu n’as rien à craindre ici ni à te sentir juger. » Je voulais que ma voix soit la plus rassurante possible tandis que je passais une main sur son poitrail appréciant la texture si douce de ces écailles.
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