Chapitre 4

2669 Words
3 mois plus tard Tenant mon ours en peluche entre mes doigts, je fixais l’homme massif, sombre qui venait d’arracher la tête de Teddy juste devant mes yeux. Le sourire de mon père me fit frissonnait, malgré mon jeune âge je comprenais que c’était mal. Remontant teddy un peu plus haut dans mes bras, je fermais mes yeux émeraudes pour échapper à la vision d’horreur. Mes petites mains continuèrent de trembler, mon corps semblait ne plus m’appartenir tandis que la pièce était réduite au silence. Couper par nos deux respirations, un long soufflement me fit hoqueter. « Kaily… que vais-je faire de toi… », il souffla lourdement en arrachant de mes mains mon ours. « Tu as cinq ans maintenant, tu vas devoir te défendre toute seule. Je ne peux pas te sauver à chaque fois d’un assassinat ! Regarde Cassy ! » J’ouvris difficilement mes yeux pour fixer ma copie conforme qui me fixa d’un grand sourire en me montrant le cadavre à ces pieds et sa bouche pleine de sang. Son petit pied était posé royalement sur la tête de sa victime, semblant heureuse d’avoir supprimer cette vie, certes non innocente, mais qui n’avait aucunement mérité cet arrachement. Mon corps ne put pas supporter plus, et je me vomis littéralement dessus en les regardant horrifier. Pourquoi ? Pourquoi ma jumelle prenait-elle autant de plaisir à tuer une autre personne ? Un soufflement me fit tourner mon regard sur mon père, il passa une main dans ces cheveux dorés pour les plaquer en arrière en me regardant avec dégoût une fois de plus. Il siffla pour faire venir une nouvelle gouvernante, l’ancienne se trouver au sol un peu plus loin sans sa tête. « Papa ! Je vais avoir une récompense ? » La voix de ma sœur me fit reculer, je tremblais, sentant le vomi sur moi, et l’odeur âcre du sang emplissait la pièce. « nous allons voler ensemble, ma fille » sa voix était douce et enjoué mais son regard sur moi m’annoncer rien de bon. « tu seras puni de repas pendant trois jours, Kaily » Et une fois de plus, âgé de cinq ans, j’apprenais qu’il fallait tuer sa nounou pour manger. La sonnerie de mon réveil me réveilla un peu trop vite et je constatais avec effroi que j’avais transpirer de ce cauchemar. Une douche n’allait pas être de trop. Rêver de mon enfance était devenu un quotidien banal, mais me rappeler de ma sœur ne l’était pas. Tandis que je me dirigeais vers ma douche bien chaude, je repensais à ce bout de jeune femme. Petite, on nous confondait énormément, deux petites filles brunes avec leurs yeux d’une émeraude hypnotisant et toujours mains dans la main. Notre sourire faisait craquer n’importe qui mais à nos deux ans, Ivar, notre père, nous sépara. Nous n’avions plus eu le droit de nous voir, pas une seule fois. L’eau glissa sur mon corps alors que je repensais un peu plus à ma sœur et à la compétition que mon père nous avait fait subir. Être meilleure que l’autre sans la voir. Mais à l’âge de cinq ans, elle était réapparue dans ma vie, elle avait gagné les faveurs de mon père en me battant sur tous les points. Quand je l’ai vu, son regard m’avait choqué. Ses prunelles étaient d’un magnifique vermeille, ressemblant énormément à notre père. Comment étais-ce possible ? À l’heure d’aujourd’hui je n’ai jamais su comment elle avait pu changer ses yeux de couleur. Coupant l’eau, je ne perdis pas de temps pour m’habiller et allais travailler. Le rez-de-chaussée n’attendait pas ! Les premières semaines avaient été pour moi les plus compliquée, reconnaître chaque objet, leur histoire, mais aussi les horaires de ce vieux grincheux. A 18 heure mon travail s’arrêtait, je pouvais alors sortir, ranger, faire ce que je voulais jusqu’à 22 heure, après cet horaire je devais m’enfermer dans l’appartement. Et ça jusqu’à 6 heure du matin, mon service recommençait pourtant qu’à 9 heure mais si j’avais besoin d’un créneau pour battre des ailes c’étaient ces deux-là. Mais en 3 mois, je ne m’étais pas une seule fois transformé, ni mit le bout du nez dehors sans être accompagné d’Eric. Je ne voulais pas éveiller les soupçons de mon père, ni me faire repérer par une meute, qu’importe ce qu’elle était. J’avais bien appris ma leçon, et me terrer dans ma nouvelle tanière. L’hiver approchait bientôt, les journées se raccourcissaient violement, rendant le monde des fae en vibration constante, je sentais l’air magique dans l’air. C’était une sensation étrange qui me donnait envie de sortir à l’extérieur pour voler au-dessus des bâtiments, comme un appel à nous regrouper que je contenais durement en moi. J’ai essayé de trouver ce qu’était Eric pendant chaque moment où je le voyais rapidement, mais après les premières semaines, je ne le voyais que trop peu. Il dormait, je m’en doutais, mais je voulais en découvrir plus. Il était temps de fermer la boutique, ma journée avait été peu fructueuse, deux clients seulement. Alors que j’enfournais un morceau de cookie dans ma bouche la clochette retentie, me faisant relever la tête sur le client qui n’avait pas respecter les horaires. Tu n’as pas fermé aussi, bécasse. Je soufflais en posant mon cookie pour regarder le nouvel arrivant. Un frisson me prit en levant encore plus les yeux, la maigre porte faisait pale figure face au colosse, il devait mesurer bien 2 mètres, je déglutis rapidement. Je n’avais vu que des dragons mesuraient cette taille, peu d’humain l’était. L’air crépitait autour de lui, la magie infiltrait tous ces pores, son regard caché sous sa capuche se dirigea vers moi, me faisant reculer légèrement face à cette tonne de muscle. Il sortit les mains de ces poches pour s’avancer vers moi, se penchant en posant ses mains sur le comptoir, il me laissa à peine apercevoir ces yeux bleu électrique. « Je voudrais voir Eric, c’est urgent. » Sa voix tonna fort, résonnant dans tout mon être alors que je détournais les yeux rapidement pour fixer l’horloge, il n’allait pas attendre, c’était même sûr. « Je l’appelle, si vous pouvez attendre » Répondis-je dans ce que j’espérais une voix calme. Je contenais tous les tremblements de ma voix mais aussi de mon corps. Ce n’était pas un homme de mon père, comme un mantra, je le répétais, il ne m’avait pas trouvé sinon ce dragon m’aurait sauté dessus. Comme ayant le feu aux fesses, je me levais de mon tabouret pour filer dans la réserve, lâchant un regard au coffre, vérifiant qu’il était bien fermé avant d’attraper mon mobile. Un super achat, c’était encore mieux que la télépathie, pas de problème de mal de tête ni de pression ! La sonnerie mit un long moment avant que quelqu’un décroche enfin. Mais je ne m’attendais pas à ça. « Bonjour Eric, désolé de te réveiller mais un client te demande » Ma voix resta en suspens, j’entendais pourtant clairement un souffle, j’écartais le téléphone de mon oreille en fronçant les sourcils. « Eric ? Répondez moi bon sang ! » J’attends encore quelque’ seconde mais le gémissement que j’entendis dans le fond ne me rassura pas du tout, mon regard se mit en détresse, je sentais le dragon en moi prendre possession de moi, vibrant, alarmant. Retenant une transformation, je fixais chaque endroit de la réserve avant de tomber sur ce que je cherchais, le double des clefs. Ma vision était devenue jaune, c’était tellement particulier mais chaque mouvement, chaque son vibrait dans mon regard. Etrange, était le mot mais cette vision se déclenchait seulement une part de ma partie draconnique, me permettant de voir certains mouvements comme au ralentit et de pouvoir voire la magie avant même qu’elle soit déclenchée. « J’arrive ! » Grondais-je en gardant le téléphone allumé tandis que j’attrapais mon manteau. « Je reste en ligne » La pression artérielle de mon corps allait de plus en plus vite, me forçant à bloquer mon regard qui était surement devenu doré, je repris une vision humaine tandis que je débarquais dans le magasin. Sursautant en voyant toujours l’autre dragon attendre. « Je suis désolée, Eric à un problème, repassez plus tard, je dois fermer ! » J’essayais de donner une voix autoritaire à ma voix, l’homme se releva d’un coup pour venir face à moi, attrapant ou plutôt m'arrachant l’appareil pour écouter lui aussi le son d’un soufflement difficile. « Suivez-moi ! » Sa voix me fit faiblir une seconde, ce grondement ravageur me donnait des souvenirs que je ne voulais pas me rappeler. Mais alors qu’il se déplaçait rapidement à la sortie, je le suivis sans dire un mot. Que puis-je faire d’autres ? Il avait toujours mon téléphone ! Je fermais bien derrière moi, tandis que j’entendis de nouveau sa voix tonnait, regardant par-dessus mon épaule, je le voyais avec un deuxième téléphone, surement le sien. « Nous avons un gros problème avec Eric, plus rien n’est sécuriser. Je vais le voir maintenant » Sa voix tonnait violement contre la personne. Elle était grave, puissante, imposant une autorité pure. C’était dérangeant, même pour moi. Remontant mon nez, je ne sentais rien de particulier, de toute manière, les dragons n’étaient pas connus pour leur flair. Je ne savais pas pourquoi je le suivais encore, entrant dans son Ranger, je comprenais que sa taille ne lui permettait pas plus petite voiture. A la vue de son gabarit, c’était logique. Tournant la clef, le vrombissement du moteur me réveilla un peu de ma passivité. J’enclenchais ma ceinture de sécurité et d’un coup je propulsait mon bras pour tirer sur sa capuche, une pression sur mon poignet n’empêcha pas la découverte de sa chevelure sombre maintenant éparpillé en de douce bouche courte qui laissait son visage carré une expression encore plus mortelle que séduisante. J’apercevais aussi son cou remplit de tatouage lui entourant tout son pourtour qui semblait se glissait bien plus loin que ce que mon regard pouvait observer. Il semblait que ce soient des loups puissants qui remontaient mais je ne pouvais pas apercevoir le reste ni même les pattes arrière, était-ce un renard ou un loup ? Compliqué de l’affirmer. Un frisson prit mon dos alors qu’il tourna son regard bleuté sur le mien, il semblait presque irréel alors que je tentais de me dégager de sa vue. « C’est comme ça que tu es gentille avec un client ? » Le grondement de sa voix me fit fermer mes lèvres alors que la pression sur mon poignet me fit cligner des yeux de douleur. « Tu ne devrais pas titiller le loup qui dort… » Finissant sa phrase il poussa ma main loin de lui pour reprendre la route alors que je massais la marque rouge. Il était puissant. Mais chercher un dragon était dangereux. Je connaissais cette violence brute, pourtant n’avoir qu’une simple remise en place était surprenant. Il remit rapidement sa capuche avant de sortir de la boite à gants une paire de lunette qu’il mit. Regardant le coucher de soleil, je plissais les yeux avant de tourner le regard. Je n’avais pas ce joli accessoire. Je fouillais rapidement mes poches alors que je mis mon autre main pour faire par soleil. Le coucher de soleil était v*****t, dans la boutique je ne remarquais presque jamais le soleil mais à ce moment, dans cette voiture, c’était douloureux. J’en profitais alors pour fouiller dans la boite à gants, je devais le suivre mais pas détruire mes pupilles. Ouvrant, j’en trouvais trois autres paires et un sourire se plaça sur mes lèvres. Attrapant une paire pour les mettre avant de me tourner vers mon voisin. « Je vous les empreintes, aujourd’hui le soleil tape pas mal ! » Je n’allais pas me griller non plus, je l’entendis gronder mais ne pas faire de commentaire. Je ne remarquais que maintenant mais l’homme se dirigeait aisément vers la maison du vieil antiquaire. Le connaissait-il ? Sûrement. Un grand immeuble nous fit face, recouvrant les derniers rayons de soleil alors que la voiture prit place sur le parking. Eteignant enfin cette machine infernale, je n’attendis pas pour sauter de la voiture, trottinant vers la porte d’entrée. Il ne me fallut pas moins de trois essais avant de trouver la bonne clé de cette entrée. Montant les marches deux à deux, je fus contente de mon mètre soixante-quinze qui me permit de les sautiller sans grand effort. Je n’étais allée qu’une fois dans son logement, le jour où j’ai signé les papiers de mon cdi après ma longue période d’essai. J’avais lâcher ma petite larme et avait même complètement oublié de regarder si je pouvais trouver à quoi correspondait sa tanière. Mais en entrant dans cet appartement, suivi par le grand dadet derrière moi, je l’observais rapidement. Une maison typique d’un humain lambda. Mais aujourd’hui, une odeur différente émaner de la pièce. L’odeur de cendre, de terre et de pin. Une odeur que je connaissais particulièrement. Une odeur de cracheur de feu. Me précipitant dans le petit salon où je me souvenais qu’il fallait traverser une première chambre et la cuisine sur la gauche pour tomber sur le grand salon. La pièce était sans dessus-dessous. Tous les pots de fleur qui jonchaient la commode, la housse du canapé. Tout était entaillé par des griffes que je connaissais un peu trop. Fronçant les sourcils, j’entendis un gémissement derrière le canapé et je ne perdis pas de temps pour le contourner et y trouver le vieil homme au sol. Celui-ci était couvert lui aussi de griffure, de marques sur ces poignets et j’en étais sûr que ces chevilles devaient être dans le même état. Il avait été ligoté et torturé. « K… kai.. Ly… », murmura sa voix douloureuse. Je grimaçais en enlevant les traces de sang sur son visage avant de doucement le relever. Cherchant immédiatement mes poches, je ne trouvais pas mon téléphone. Me rappelant un détail, je relevais directement ma tête sur le colosse. « Mon téléphone ! Je dois appeler les secours ! » « C’est déjà fait, je les ai appelés avant de venir. » Il ne me lança aucun regard, le sien était diriger sur Eric que je tenais fermement, le protégeant de mon corps contre cet inconnu. Celui-ci souffla en passant une main dans ses cheveux, faisant tomber sa capuche. Je sentis un sursaut du corps du vieil homme, lui lançant un regard, celui-ci était dur et diriger vers l’inconnu. « Il n’est pas ici, tu peux partir tranquille. » S’exprima Eric, qui me surprit. Lui qui était si faible quelques instants avant semblait s’en être remis d’un coup. J’entendis à travers la fenêtre ouverte l’ambulance se placer devant l’immeuble, l’homme face à moi souffla, me lançant alors mon téléphone avant de se retourner pour filer tout aussi vite. C’était quoi ce bazar ? Je lançais un regard vers mon patron, cherchant une réponse mais comme à chaque fois il restait énigmatique. « Il faut que tu retournes à la boutique et que tu protège l’œuf. Tu n’ouvriras plus la journée mais la nuit, je ne vais pouvoir revenir avant un moment je pense » Je constatais avec effroi que l’angle de ces deux bras se positionnaient dans un sens douloureux. On lui avait tordu. J’hochais la tête silencieusement, je n’arrivais toujours pas à comprendre pourquoi cet œuf était si important. « Kaily… file avant qu’ils rentrent… » « Non, je ne vous laisserais pas tout seul ! » C’était un non définitif mais le regard qui me lança me subjugua un instant alors qu’un dialecte inconnu se mit en place entre ces lèvres comme une berceuse. J’observais fasciner avant de voir les paillettes d’or m’aveugler de plus en plus jusqu’à m’engloutir complètement. Tombant à la renverse je lâchais un petit cri en me ramassant sur un tabouret des plus dur. Mes lunettes toujours sur le nez ne me permit de rien voir alors que je les enlever pour observer autour de moi. « Retour au point de départ »
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