Chapitre 3

2514 Words
Agrippant ma petite sacoche je regardais les passants avec inquiétude, je sentais chacun de leur regard sur moi alors que je tirais légèrement sur mon pull roulé, essayant de paraître moins voyante mais mon mètre quatre-vingts dix ne passait pas inaperçu. Pour autant je trouvais les jeunes humaines si fascinantes, elles étaient sublimes avec leur corps longiligne, leurs joues si rouges tandis qu’avec ce froid elles s’emmitouflaient dans leur manteau et leur grosse écharpe. Soufflant, j’observais la buée qui s’échappait de mes lèvres avec un petit sourire. Ma résistance au froid était plus puissante, et n’ayant pas eu le temps de prendre un manteau chaud, je dénotais clairement dans les ruelles. Observant les décorations de Noël, j’étais fascinée, ces jours festifs n’étaient pas les mêmes dans mon ancienne maison, celle-ci était plutôt une grande soirée dans le château familiale, et des combattants de toute espèces se retrouvaient dans une arène pour se battre à mort. Le gagnant recevait un cadeau désignait par mon père. Chaque année il changeait. Cette année, le cadeau je le connaissais très bien, me rappelant pourquoi j’étais partie. Le grand cadeau c’était moi. Mon père voulait un guerrier puissant, et il allait le garder près de lui de la plus ignoble des façons. Ces souvenirs de nos Noëls, je voulais complètement les écraser et ne plus jamais m’en souvenir. Mes chaque passage de ma vie étaient gravés dans mon esprit et je ne pourrais jamais les oublié. Pourquoi avoir une mémoire de dragon, j’aurai voulu ne pas me souvenir de ma naissance non plus mais c’était comme ça, ma vie. « Oh ! excusez-moi ! » La voix grave de l’homme qui venait de frapper mon épaule m’avait retourné complètement vers lui et mon épaule semblait douloureuse. Je fronçais les sourcils en frottant ma main tandis que je me décalais de l’homme. « Pas de soucis », gémis-je en relevant les yeux pour regarder choquer. « Dé-désolé… » Il était immense, sa stature semblait manger mon corps d’un coup, son costume noir assombrissait un peu plus sa peau déjà bronzée, son regard glacé me dévisagea avant de passer sur un regard sang, soufflant une fumée de son nez. Hoquetant, je compris que c’était le moment de courir très loin, j’étais repérée ! Me retournant d’un coup en l’entendant grogner vers son acolyte, je pris un sprint dans les ruelles inconnus, profitant du nombre de personne pour filer discrètement et les perdre. Mais ils semblaient avoir un radar, je les sentais si proche, ma pression artérielle me rendait essoufflé. Malgré mes heures de sport avec mon professeur, je n’étais vraiment pas doué pour ça. Ma gorge me brûlait tandis que je sentais leur pas se rapprocher. Poussant une vieille dame, celle-ci manqua de tomber, je la rattrapais in-extrémis, la remettant bien droite. « Faites attention ! Vous les jeunes ne regardaient pas de-» « Désolé ! je dois y aller ! » La coupais-je rapidement. Je venais de les apercevoir beaucoup trop proche, et au lieu de pouvoir respirer, mon souffle se coupa, rendant mes joues un peu plus rouges. N’attendant pas le râlement de la femme âgée, je me précipitais dans la foule, mais celle-ci commençait à être moins dense, je me rapprochais de la fin du centre, je devais trouver autre chose, je ne pourrais pas les distancer. Alors que je profitais d’un groupe de personne, la sombre ruelle derrière me permettrait de devenir invisible à leurs yeux et de m’échapper. C’était à tenter, alors sans hésitation, je m’y engouffrais avec une grande espérance. Pour autant la malchance fut de mon côté vu que je n’aperçus pas la pierre en entrant dans l’étroitesse de cette ruelle, trébuchant sur celle-ci, je m’étalais de tout mon long. Retenant un cri alors que toutes les terminaisons nerveuses de mon poignet étaient en surtension, je me l’étais surement fouler ou blessé, c’était sûr. Tandis que je souffrais en silence, une main éclairât mon visage, comme un sauveur je la pris rapidement. « Merci beaucoup ! » Fis-je en me relevant. Mais je ne fus pas chanceuse quand un homme non inconnu fut devant moi, m’étudiant largement. Il semblait fasciner par ce qu’il voyait. Sa main emprisonna plus longtemps mes doigts, me faisant froncer les sourcils avant qu’il m’emmène encore plus loin dans la rue, me faisant regarder derrière moi où je vus les deux hommes filés plus loin dans la rue principale. Un soupire de bonheur s’échappa, je venais de m’échapper de deux dragons tandis que leur grognement s’échappa de la grande rue, me confirmant que j’avais échappé à ces deux-là. Tirant sur ma main qui commençait à me faire mal, l’homme dans sa tenue de motard m’indiquait qu’il était le même client que ce matin, son aura était identique, de la violence s’échappait de ses pores. Son aura ne me disait rien qui vaille. « Lâchez-moi ! » Gémis-je en essayant de récupérer ma main. Mais encore une fois, elle fut emprisonnée avec plus de violence, je sentais celle-ci s’engourdir alors que je regardais une fois de plus le regard de cet homme. Je ne voulais pas me battre, la pacifiste en moi ne souhaitait pas blesser quelqu’un. « Tu n’es pas humaine, je le sens, tu sens le souffre et le bois » Gronda sa voix. Il m’étudiait comme une recherche inconnue, me tirant un peu plus vers son torse alors qu’un petit gémissement de douleur passa mes lèvres, tentant d’enfoncer mes chaussures au sol pour ne pas me rapprocher de lui. Il remonta son visage vers moi, reniflant fortement alors que son regard m’apparut d’un violet hypnotisant, me faisant comprendre qu’un métamorphe se trouvait devant moi. « Vous êtes un client de mon patron, lâchez-moi, je ne dirais rien… » « Ta tête est mise à prix… Je me demande pourquoi » Il semblait réfléchir alors que mes tremblements s’intensifièrent, et cette information qu’il venait de m’annoncer me rassura encore moins. J’allais avoir tous les fae sur mon dos, un tremblement renforça son envie de savoir, il tenta d’approcher son autre main de moi me faisant lâcher un petit cri quand il tenta de m’agripper une nouvelle fois. Je n’avais d’autres choix, je laissais doucement la magie traverser mon corps. C’était une sensation douce et chaud, vibrant mon corps et le consument d’une chaleur puissante. La pulpe de mes doigts me picotait, laissant ma vision se tinter d’un doux doré, me permettant de fixer chaque parcelle du corps de mon ennemi, mais je ne le regardais pas, fixant ses chaussures luxuriantes d’un noir verni. Je pouvais voir les fils en corde qui enserrer son pied, marquant à vie les chaussures de mon agresseur. « Thanor, ne commet pas de délit sur mon territoire, je serais sans pitié ! » Une voix sortie encore de nulle part me fit autant sursauter que l’homme face à moi, mais celle-ci semblait enfin salvatrice. Mais étant bloqué par la poigne de mon agresseur, je ne pouvais pas le regarder. Répriment au mieux ma magie, je n’allais pas pouvoir l’enlever tout de suite, je devais en premier temps retrouver un calme absolu. La puissance du nouveau venu me fit me sentir étriquer dans mes vêtements, ma peau semblait apprécier le contact du contact de sa force, me donnant assez de frisson pour que la chair de poule se glisse sur chaque centimètre de ma peau. Ma dragonne en moi semblait se prélasser de la prédominance de l’homme derrière moi. Pour autant, il ne me lâcha pas, lui lâchant un regard dans sa direction, j’observais le sourire qu’il offrait à l’inconnu, révélant de jolies canines aussi violentes que puissante. Surement un canidé, elle n’était pas pointue comme celle que j’avais vu dans un livre sur les métamorphes félins. Un loup garou ? Je n’arrivais pas à le savoir, mais je comprenais mieux sa violence pour me garder. Je me souvenais encore des livres que j’avais lu dans ma jeunesse sur les canidés. Quand ils ont trouvé leur proie, ils n’arrivaient pas à les lâcher, comme un instinct, il se devait de montrer sa puissance en la gardant tellement proche de lui que ça pouvait étouffer l’autre. C’était l’un de leur instinct les plus développer, les Alpha étant bien pire dans leur meute, ils connaissaient sur le bout des doigts chacun de leur loup au point d’être considéré comme un gourou aux yeux des humains. Vous ne vouliez jamais être capturé par un loup-garou, jamais. « Cette humaine est à moi » Il gonfla son torse fièrement, semblant montrer que je lui appartenais ce qui était complètement insensé en voyant à quel point je lui résistais et la posture de panique que je montrais. J’étais sa proie, et j’allais le montrer. Tirant une nouvelle fois vers l’arrière pour lui échapper, retenant mes petits cris de douleur lui fit ramener son regard vers moi, j’eus à peine le temps de baisser le regard pour éviter qu’il remarque le changement de mes prunelles, je sentais son regard froid contre le sommet de mon crâne. Sa colère c’était accentuer, je n’allais pas m’en sortir avec juste une douleur au poignet. « Elle n’est pas d’accord avec toi, je ne le répéterais pas, file de là… » Il laissa un petit temps avant de finir sa phrase sur un ton plus dur. « Sans elle ! » La voix fut plus forte alors que le bruit de ses pas s’avança dans mon dos, la ruelle me donnant plus d’information sur son gabarit. Mon pouvoir me permettait d’observait certaine aura, la sienne commençait déjà à nous engloutir d’un doré presque translucide, j’avais l’impression d’y voir des paillettes tandis que mon ennemi en semblait déstabiliser. La sienne d’un violet profond était peu épaisse et ce faisait attaquer de chaque centimètre. C’était fascinant d’observer ce jeu surnaturel, si vous n’êtes pas une fae, cette puissance n’était pas observable, vous donnant juste une sensation d’oppression. Mais je la voyais si bien, pour autant elle ne semblait jamais me toucher, juste m’effleurer avec douceur. Mon père ne m’avait jamais montré une telle puissance, je n’en avais jamais connu de comme ça. Qui était-il ? Mais devais-je le savoir ? S’il était si puissant, je devais surtout m’en éloigner. Le grondement du canidé devant moi me fit sursauter, me faisant relever la tête que devant lui alors qu’il lâcha d’un coup mon poignet en levant ses bras, faisant gémir le cuir de sa veste qui comprimer légèrement ses muscles. « C’est bon je l’ai lâché Da… » « Pars avant que je ne change d’avis », le coupa-t-il. Le motard gronda mais obtempéra très vite en passant à côté de moi, frôlant légèrement mon corps avant de fuir par là où j’étais arrivée. « Je te retrouverai » Me chuchota-t-il si bas que je fus la seule à l’entendre. Un nouveau frisson parcouru mon corps, ça n’annonçait rien de bon pour la suite. Je devais me protéger à tout prix des loups, ne plus me montrer au grand jour comme je l’avais fait. Stupide Kaily ! Son pas résonna avant que je me retrouve seule avec mon sauveur. Mais je n’osais pas lever le regard vers lui, fixant mes chaussures, de vieilles basquettes d’un vieux blanc me répondait que je n’avais pas choisi les meilleurs pour la course et les cloques me le feraient comprendre ce soir. Une nouvelle paire de grosse botte militaire me fit sursauter, je n’avais même pas senti sa présence venir face à moi et son aura n’était plus là, ne me laissant voir qu’une bribe d’étincelle tout autour de nous. Je sentais la sensation de son regard sur moi qui me fit sentir petite, alors que je ne l’étais clairement pas. « Vous allez bien ? » Questionna-t-il en me tendant sa main. Un bras couvert de tatouage apparut devant moi. Celui-ci semblait bronzé par le soleil, tandis que des tatouages tribaux semblaient raconter une histoire, je pus même voir un tout petit symbole de dragon, tellement petit que j’avais dû le fixer longtemps. Reprenant contenance, j’entourais mon poignet rougit de mon autre main en faisant un pas en arrière. Il voulait s’assurer que j’allais bien, s’était agréable mais trop d’émotion, je repoussais sa main en tourner les talons pour fuir la zone. Je l’entendis essayer de me stopper mais aucun de ces pas me suivirent alors j’en profitais pour rejoindre rapidement mon cocon, mon nouveau chez-moi. J’eus le temps d’enfin laisser ma magie disparaître pour retrouver un semblant de normalité de mon regard émeraude. Entrant rapidement dans le magasin rassurant d’Éric, celui-ci sembla surprit de me voir revenir aussi rapidement. « Kaily… tu vas bien ? » Il s’avança vers moi pour venir toucher doucement mon épaule, me faisant hoqueter. « Viens ne restes pas là, tu seras mieux là-haut, ici tu es en sécurité. » J’hochais la tête sans dire quoi que ce soit. Les tremblements de mon corps confirmaient juste ma peur que j’avais eu. Mais dans la chaleur de la main de mon patron qui m’accompagna à mon appartement, je fus rassurée. Il monta les escaliers avant de me faire rentrer dans mon chez-moi. M’asseyant sur une chaise de la cuisine, j’osais enfin regarder l’état de mon poignet. Peu glorieux quand celui-ci fu marbré de traces de doigts rouge, presque violacé. Eric ramena de la salle d’eau, une petite trousse à pharmacie. Il en sortie un baume refroidissant qu’il déposa avec légèreté sur mon poignet. Il ne parlait pas, ne me jugea pas non plus, semblant concentrer sur mes blessures avec une chaleur réconfortante. Après avoir fini il m’observa longuement avant de parler. « Ne t’inquiète pas, je vais avertir quelqu’un qui protégera les rues, il semble avoir oublié qu’il y a des profiteurs en ce moment. Reste ici pour ce soir, et descend que demain matin. Tout va bien, Kaily. » Sa voix était douce, rassurante. Alors que je le regardais, je lui souris doucement. Cette blessure ce n’était pas grand-chose, j’avais eu peur sur le coup, mais je savais me défendre s’il le fallait, il ne pouvait pas comprendre. « Thanor… » Osais-je dire en me souvenant le prénom que mon sauveur avait dit. Eric ne dit rien mais le sursaut que je surpris rapidement me fit comprendre qu’il le connaissait bien, il fronçait ses sourcils épais tandis qu’il se leva en sortant un téléphone portable de sa poche, me faisant signe de rester ici tandis qu’il descendait en parlait d’une voix bourrue et en colère. Je ne cherchais pas à savoir, ce fut une première. J’étais tellement épuisée psychologique que je ne perdis pas de temps en fonçant dans mon lit, me protégeant de ma couette en lâchant enfin les larmes que j’avais maintenu. Même la plus forte des personnes peut être faible, et je l’étais. Repensant encore à tout ce qu’il c’était passé, je savais que les hommes de mon père m’avaient repéré, j’allais devoir faire profil bas les mois suivant pour ne pas qu’il se doute que je me trouvais ici. Voilà ma vraie source de stresse, ce loup n’était rien, il ne pourrait plus rien me faire. Les sorties, c’était terminé !
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