XXXVI
Arthur et Flore étaient assis dans l’un des pavillons dont j’ai parlé, et qui, dit-on, – mais cela doit être un mensonge, – avait été témoin de bien des scènes galantes dans le courant du siècle dernier. Je n’entends pas semer ici de perfides insinuations sur les mœurs de l’abbé Bignon. Il était académicien ; – il était même un peu homme de lettres, – et, comme tel, je le respecte. Mais, vous en conviendrez, cet élégant réduit, enfoui sous les arbres, au bord d’une eau discrète, avec ses grandes nymphes de marbre, ses déesses peintes en grisaille, et les amours qui les lutinaient, était singulièrement choisi pour s’y livrer à d’ascétiques rêveries. Quoi qu’il en soit, il y avait une chaise dans ce pavillon, – s’il n’y en avait qu’une, ce n’est pas ma faute, – et sur cette chaise Arthur était assis ; il tenait Flore sur ses genoux.