XXXV
Je ne sais si vous pensez comme moi, qu’il n’est rien dans le monde, de plus charmant, qu’une belle journée d’automne. De telles journées, je ne puis m’empêcher de les comparerai ces femmes qui, dans leur jeunesse, ont brillé de tout l’éclat de la beauté sur la scène du monde, et qui atteintes enfin par les premières égratignures de l’âge, – cet âge affreux qui n’épargne personne, – s’efforcent de lutter pour se maintenir dans leur grâce quelques jours de plus. C’est alors qu’elles ont recours à d’ingénieux artifices : ne se montrant jamais qu’à contre-jour, ne sortant que le soir, égalisant leur teint en abaissant sur leur visage un léger voile, et, prenant un de ces airs doux qui semble une protestation secrète et résignée contre la cruauté du sort. Quand on rencontre de telles femmes, on se dit involontairement, – c’est peut-être une erreur, – qu’elles sont capables d’aimer bien mieux que les jeunes, qu’elles doivent avoir en réserve des trésors d’expérience et de charité. Il en est de cela comme de toute chose : ce qui finit est plus touchant que ce qui commence ; jamais les matins souriants ne nous émeuvent comme les beaux soirs.