XXXIV
Un jour, – attention ici, lecteur ! – c’était vers le milieu du mois d’octobre, et, ce jour-là, on aurait dit que toute la nature conspirait pour conduire à mal deux malheureux enfants qui n’auraient pas demandé mieux que de rester sages. Le ciel, suavement pommelé de blanc et de bleu, glissait, par un insaisissable mouvement, du Sud au Nord, et des troupes de corneilles, fouettant les airs de leurs longues ailes, s’ébattaient joyeusement au haut des arbres. Il y avait une douceur dans l’atmosphère ! Une sorte de recueillement ! On se serait cru au printemps. Partout les folles branches de la ronce et des clématites s’étalaient dans la belle lumière. Les violettes refleurissaient. Il y avait même quelques dernières roses. Elles dressaient coquettement dans la verdure sombre, leurs fronts pourprés.