XXXIII

145 Words
XXXIII J’écris, comme Quintilien – puissent me pardonner les mânes du rhétoricien ! – « pour raconter et non pour prouver, » et j’espère m’en trouver bien. Cependant, sans vouloir m’écarter d’une si sage règle de conduite, je dirai que le jeune Arthur, en cette affaire, agissait en enfant irréfléchi et de peu de cœur. Il devait bien savoir, en effet, qu’on ne fait pas naître impunément une passion chez une fille, cette fille ne fût-elle qu’une paysanne, et ! que les conséquences probables d’une telle passion, devaient lui incomber, à lui, tout entières. Lorsque plus tard, il me conta son aventure, avec toutes les suites qu’elle devait avoir et que je transcrirai tout à l’heure, je ne pus m’empêcher de lui exprimer mon indignation en termes fort vifs. – Que voulez-vous ! me répondit-il. Vous avez mille fois raison. Mais si on réfléchissait à ce qu’on fait, en de telles occasions, on ne courtiserait jamais aucune femme, et cela, vous en conviendrez, est tout à fait impraticable.
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