MOLL FLANDERS-43

2048 Words

Les juges demeurèrent graves et silencieux, m’écoutèrent avec condescendance, et me donnèrent le temps de dire tout ce qui me plairait ; mais n’y disant ni oui ni non, prononcèrent contre moi la sentence de mort : sentence qui me parut la mort même, et qui me confondit ; je n’avais plus d’esprits en moi ; je n’avais point de langue pour parler, ni d’yeux pour les lever vers Dieu ou les hommes. Ma pauvre gouvernante était totalement inconsolée ; et elle qui auparavant m’avait réconfortée, avait elle-même besoin de l’être ; et parfois se lamentant, parfois furieuse, elle était autant hors du sens qu’une folle à Bedlam. On peut plutôt s’imaginer qu’on ne saurait exprimer quelle était maintenant ma condition ; je n’avais rien devant moi que la mort ; et comme je n’avais pas d’amis pour me se

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