Diego : « ce garçon a attrapé l’une de balles dans sa bouche et l’a recrachée quelques secondes après »
Gonzalo (éclate de rire) : « il n’y a pas à dire, il vous a fait flipper »
Diego : « comment a-t-il fait cela ? »
Gonzalo : « désolé, je l’ignore. Je lui ai appris à développer ses propres trucs et astuces »
Diego : « ah, parce qu’il y a tout de même un truc… »
Gonzalo : « il y a toujours un truc, mais le plus important c’est le talent, sans oublier la rapidité, l’agilité et la précision »
Diego : « vous semblez fier de lui »
Gonzalo : « je lui ai appris tout ce que je sais. Je suis sûr d’une chose, il me rendra fier »
Diego (lui donne sa carte) : « tenez, si jamais il vous arrive de le revoir, appelez-moi »
Gonzalo (prend la carte) : « je n’y manquerai pas, mais je peux vous l’assurer, il est innocent »
Diego : « c’est ce que nous verrons »
Diego se lève et sort du bureau. Pendant ce temps, Gaius, de son côté, est arrivé dans sa ruelle et a déjà commencé à s’installer. Il est épié par la jeune voleuse. Soudain, un délinquant assez craint dans le coin s’amène dans la ruelle. Il se retrouve nez à nez avec Gaius.
Délinquant : « bien le bonjour, cher ami »
Gaius : « désolé, va-t’en »
Délinquant : « je suis juste venu te souhaiter la bienvenue. Tu es dans mon secteur ici. Alors, je suis venu pour que nous convenions d’un loyer afin de bénéficier de ma protection. Tu le sais, les rues sont incertaines de nos jours »
Gaius : « désolé, je ne suis pas intéressé, je me débrouillerai »
Délinquant : « je m’efforce d’être courtois, mec. Alors, tu ferais mieux de coopérer avec moi. Je te le conseille vivement »
Gaius : « au risque de me répéter, je ne suis pas intéressé »
Délinquant (s’approche de Gaius) : « et moi je crois que tu ne m’as pas bien compris, ou tu te soumets, ou je te retire une partie non négligeable de ta dentition »
Gaius : « tu ne m’effraies pas… »
Délinquant : « autant mieux me présenter pour que tu te souviennes de mon nom, je m’appelle Dante »
Gaius : « rien à foutre »
Gaius reçoit aussitôt un coup de poing de la part de Dante. Ensuite, le délinquant le frappe à l’abdomen avec le genou, mais Gaius bloque le coup de genou avec ses bras et le repousse. Mais Dante se jette de nouveau sur Gaius qui, grâce à une prise de projection, le fait passer par-dessus son flanc droit et l’envoie au sol. Dante, surpris, se relève très rapidement et fait sortir un canif de sa poche.
Dante : « tu es un homme mort »
Gaius avance vers Dante. Celui-ci attaque Gaius avec son canif, Gaius esquive l’attaque. Mais Dante saisit son adversaire par l’épaule et utilise l’autre main armée pour poser le canif
sur son cou. Gaius le regarde droit dans les yeux.
Dante : « dernière chance, ne me force pas à… »
Pendant qu’il parle encore, Gaius frappe la main armée du canif de l’intérieur vers l’extérieur. Dante est surpris, mais ce n’est pas terminé car la jeune voleuse apparaît effectue une clé de bras sur le bras armé de Dante. Subissant une douleur intense, Dante lâche son arme.
Gaius est encore un peu stupéfait devant cette aide inattendue.
Dante : « demande-lui de me lâcher »
Gaius : « je crois que je vais lui laisser le choix de te faire ce qui lui passe par la tête »
A ce moment, la voleuse menace Dante avec son poignard à elle. Dante commence à paniquer.
Dante : « hé mec, je m’excuse, ok ? »
Gaius : « ne t’avise plus jamais de revenir ici, sinon je te tuerai moi-même »
Dante : « d’accord, j’ai compris le message »
La voleuse relâche le délinquant qui prend immédiatement ses jambes à son cou. Puis, les deux individus se regardent en silence. Ensuite, la voleuse se dirige lentement vers la sortie de la ruelle.
Gaius : « je m’appelle Gaius, et toi ? »
Voleuse : « Aurélie »
Puis, elle s’en va. Gaius continue son installation. A la tombée de la nuit, Gaius a terminé de se faire logis en matériaux de récupération. Il se fabrique un petit système de défense et se rend compte d’un détail qui a toute son importance : il éprouve une grosse envie de manger,
autrement dit, il a une faim de loup. Il sort de son antre commence à marcher en espérant trouver une boutique ouverte dans laquelle il pourra s’acheter de quoi manger. Ce qu’il ignore c’est qu’il est suivi par deux autres enfants de la rue, parmi lesquels le délinquant avec qui il a eu une petite confrontation plus tôt dans la journée. Finalement, après quelques minutes de marche, Gaius finit par trouver une boutique ouverte. Il entre et se met à choisir ce qu’il va acheter sous
l’œil vigilant du vendeur qui, à première vue, le prend pour un voleur. Une fois qu’il a pris ce qu’il veut, Gaius s’approche du comptoir et ouvre son portefeuille. Il sort quelques billets et les remet au vendeur, à la grande surprise de celui-ci.
Vendeur : « ah ça ! Tu peux me dire ce que tu fais avec tout cet argent ? »
Gaius : « c’est le mien »
Vendeur : « tu ne l’as pas volé ? »
Gaius : « ai-je l’air d’un voleur ? Je suis venu acheter de quoi manger, ce quartier est certes plein de voleurs, mais je n’en suis pas un »
Vendeur (rembourse de l’argent à Gaius) : « si tu n’en es pas un, cela me rassure »
Gaius reçoit un emballage plastique de la part du vendeur. Il y met tout ce qu’il a acheté et se dirige vers la sortie de la pièce. A peine a-t-il traversé le pas de la porte qu’il se fait aussitôt encercler par les deux délinquants, tous deux armés de couteaux.
Délinquant 1 : « je crois que nous n’avons pas fini de discuter, mec »
Gaius : « encore toi ? Cette fois, tu es venu accompagné »
Délinquant 1 : « ta copine n’est plus là pour t’aider. Mais je suis prêt à laisser tomber, à condition que tu me remette ton sac »
Gaius : « je ne crois pas, non »
Délinquant 2 : « ne nous oblige pas à te le prendre de force »
Gaius (à délinquant 2) : « toi, je ne te connais pas. Ta mère ne t’a jamais appris qu’on ne s’adresse pas aux étrangers sans utiliser de formule de politesse ? »
Délinquant 2 (serre son canif entre les mains) : « je vais t’en montrer, moi, de la politesse »
Joignant le geste à la parole, le délinquant 2 s’avance vers Gaius et l’attaque avec son canif. Gaius effectue une esquive et attrape le bras de son assaillant. Mais c’est sans compter
sur le délinquant 1 qui s’empresse de réagir en attaquant, lui aussi. Gaius parvient à esquiver, mais se fait surprendre par le coup de pied du délinquant 2 qui le touche en plein dans
l’abdomen. Gaius recule et se retrouve, malgré lui, dans l’obligation de lâcher son sac plastique.
Les deux autres le regardent et se tiennent prêts à attaquer de nouveau, Gaius les fixe du regard. Il prend le temps de réfléchir pendant quelques secondes.
Délinquant 1 : « donne-nous ce sac, tu ne fais pas le poids sans ta chère petite copine »
Gaius (éclate de rire) : « c’est vraiment idiot de ta part de croire que c’est elle qui me sert de renfort »
Délinquant 1 : « attends, tu dis quoi là ? »
Gaius : « je n’ai pas besoin de vous dire que vous êtes complètement insignifiant »
Délinquant 2 : « j’en ai assez d’entendre ce blaireau parler, je lui prends son sac et on lui fait quelques entailles »
Les deux garçons avancent vers Gaius. A leur grande surprise, il se met à tousser.
Ensuite, il éternue, ce qui fait rigoler les deux gaillards qui sont déjà à quelques centimètres du jeune homme. C’est alors que quelque chose d’inattendu se passe : Gaius ferme les yeux et baisse sa tête, puis il la tient avec les deux mains et la déplace vers le bas. Les deux délinquants s’arrêtent immédiatement pour regarder ce qui se passe. Gaius continue de faire descendre sa tête jusqu’à ce que celle-ci atteigne son ventre.
Délinquant 2 (recule brusquement) : « c’est quoi ça ? Ce mec n’est pas humain ou quoi »
Délinquant 1 : « euh…mince, ce n’est pas possible, qu’est-ce que c’est que cela ? »
Soudain, Gaius ouvre les yeux et sourit. Les deux délinquants effectuent quelques pas en arrière et veillent à rester à une bonne distance de Gaius.
Gaius : « je vous demande gentiment de déguerpir avant que je ne vous lance ma tête comme s’il s’agissait d’un projectile »
Délinquant 1 : « ok mec, on se calme, d’accord ? Ce n’est pas la peine de s’énerver »
Gaius : « ah, tu crois ? »
Les deux délinquants reculent de plus en plus et finissent par se retrouver à une vingtaine de mètres du jeune homme. Gaius tient toujours sa tête entre ses mains, il la fait remonter
lentement tout en gardant ses yeux ouverts, en fixant le délinquant 1 du regard. Sa tête finit par retrouver sa place initiale sous les yeux ébahis et les bouches béantes des deux renégats. Puis, il fait quelques pas et ramasse son sac plastique.
Délinquant 1 (à son acolyte) : « on peut l’attaquer à nouveau »
Délinquant 2 (range son couteau) : « je ne crois pas, non. Tu es tout seul sur ce coup-là. Je préfère encore aller ailleurs que croiser une nouvelle fois le chemin de ce sorcier »
Après avoir dit cela, il se tourne et s’en va. Le délinquant 1 serre son canif dans sa main et pense à une nouvelle attaque. Gaius, assez méfiant, se tient debout et le regarde.
Délinquant 1 (pointe le canif dans la direction de Gaius) : « je n’en ai pas encore fini avec toi, on se reverra et, tu peux me croire, j’aurais ta peau »
Gaius : « autant régler cela tout de suite »
Délinquant 1 : « oh non ! »
Gaius : « tu es trop lâche pour régler tes affaires toi-même ? »
Délinquant 1 (range son canif) : « on se reverra, je te ferai avaler tes paroles »
Le délinquant 1 s’en va, lui aussi. Gaius l’observe longuement pendant qu’il s’éloigne. Puis, il avance prudemment jusqu’à ce qu’il retrouve sa maison ou plutôt son antre. Une fois qu’il est arrivé, il range la nourriture de part et d’autre et s’assied quelques minutes pour
réfléchir.
Gaius réfléchit : (comment faire maintenant ? Me voici dans la jungle ? Je n’ai nulle part où aller, nulle part où commencer à fouiller ?)