CHAPITRE 15 : La Colère de Dieu

1154 Words
Le silence qui suivit sa question était plus terrifiant que n'importe quel hurlement. Idris ne bougeait pas. Son bras, tenant le téléphone, ne tremblait pas. Il me fixait avec une intensité démente, comme s'il essayait de voir à travers ma peau, à travers mes os, pour trouver le mensonge à l'intérieur. Idris : Je t'ai posé une question, Naya. Sa voix était calme. Trop calme. C'était le calme de l'œil du cyclone. Je reculai d'un pas, heurtant le chambranle de la porte de la salle de bain. Je ne pouvais pas nier. L’e-mail était sous ses yeux. — Il est parti, Idris. Il cligna des yeux lentement. Idris : Parti où ? — En sécurité. Loin de toi. Loin de tes associés corrompus. Loin du sang de mon père. À la mention de mon père, le masque tomba. Le visage d'Idris se tordit en un rictus de haine pure. Il balança son téléphone à travers la pièce. L'appareil percuta le miroir de la coiffeuse, le faisant exploser en mille morceaux étincelants. Il fonça sur moi. Je n'eus pas le temps de fuir. Il m'attrapa par les cheveux, tirant ma tête en arrière avec une violence inouïe. Je criai de douleur. Il me traîna au milieu de la chambre et me projeta sur le lit. Idris : TU AS FAIT QUOI ? rugit-il, sa voix faisant trembler les murs. Il se pencha au-dessus de moi, ses mains prêtes à se refermer sur ma gorge. Idris : Douze milliards ! C'est l'argent de la Tour ! C'est l'argent du Cartel ! Tu as une idée de ce que tu viens de faire ? Tu nous as tués tous les deux ! — J'ai tué ton empire ! hurlai-je en retour, l'adrénaline remplaçant la peur. J'ai tué le monstre qui a assassiné Amadou Touré ! Il se figea. Sa main, levée pour me frapper, resta en suspens. Idris : C'est donc ça... (Il eut un rire incrédule, hystérique). Tout ça pour une vengeance de petite fille ? Tu as couché avec moi... tu m'as souri... tu as accepté mes cadeaux... tout en planifiant de me ruiner ? — Tu m'as achetée, Idris ! Tu pensais que je t'aimais ? Je te hais ! Chaque seconde que j'ai passée dans tes bras me donnait envie de vomir ! La gifle partit. Sèche. Violente. Ma tête bascula sur l'oreiller, ma lèvre éclatée emplissant ma bouche du goût cuivré du sang. Idris recula, haletant, les poings serrés. Il fit les cent pas dans la chambre, comme un lion en cage. Idris : Tu vas annuler ce virement. Tout de suite. Il se rua vers sa table de nuit, ouvrit le tiroir, sortit son Beretta. Il revint vers moi, débloqua la sécurité, et appuya le canon glacé contre mon front. Idris : Ouvre l'application. Annule le virement. Ou je t'explose la cervelle et je peins les murs avec. Je fixai le trou noir du canon. Je voyais la mort au fond. Mais je savais une chose : s'il tirait, il perdait tout. Je souris. Un sourire s******t. — Vas-y. Tire. Son doigt se crispa sur la gâchette. — Tire, Idris ! Fais-le ! Mais sache une chose : l'argent est sur un compte crypté aux Îles Caïmans. Je suis la seule à avoir le mot de passe. Il n'est écrit nulle part. Il est dans ma tête. Je tapotai ma tempe avec mon index, juste à côté du canon. — Si tu tires, le mot de passe meurt avec moi. Douze milliards s'évaporent à jamais. Tes associés libanais vont te dépecer vivant quand ils sauront que tu as perdu leur argent. Le Ministre te lâchera. Tu finiras en prison ou dans un fossé. Idris tremblait de rage. Il savait que j'avais raison. Il était coincé. Idris : s****e, cracha-t-il. Il retira l'arme de mon front, mais me donna un v*****t coup de crosse sur la pommette. La douleur m'aveugla un instant. Idris : Tu crois que tu es maligne ? Tu crois que tu tiens le couteau par le manche ? Il attrapa mon bras et me tira hors du lit. Il me jeta par terre. Idris : Konaté ! hurla-t-il. KONATÉ ! La porte de la chambre s'ouvrit à la volée. Le chef de la sécurité entra, l'arme au poing, scannant la pièce. Il vit le miroir brisé, le sang sur mon visage, Idris armé et fou de rage. Konaté : Patron ? Idris : Attache-la, Ordonna Idris. Konaté : Quoi ? Idris : ATTACHE-LA À LA CHAISE ! MAINTENANT ! Konaté ne posa pas de questions. Il rengaina son arme, s'approcha de moi, me releva sans ménagement et me poussa vers la lourde chaise en bois exotique près du bureau. Il utilisa les liens des rideaux pour attacher mes mains derrière le dossier et mes chevilles aux pieds de la chaise. Idris s'assit sur le bord du lit, face à moi, le Beretta posé sur ses genoux. Idris : Tu as 24 heures, Naya. Demain matin, les architectes viennent chercher leur chèque. Si l'argent n'est pas revenu d'ici là... on va commencer à jouer à un autre jeu. Il sortit un nouveau téléphone de sa poche (celui de secours). Il composa un numéro. Il mit le haut-parleur. Inconnu : Allô ? fit une voix masculine à l'autre bout. Idris : C'est Idris. J'ai besoin d'une équipe à Yopougon. Mon sang se glaça. Inconnu : Yopougon ? Pourquoi ? demanda l'homme. Idris : Je veux que vous alliez chercher la famille Touré. La mère et les deux sœurs. Ramenez-les au Hangar. — NON ! criai-je en me débattant contre mes liens. IDRIS NON ! Laisse-les en dehors de ça ! Idris me regarda avec un calme terrifiant. Idris : Tu as mis ma famille en danger en volant mon argent, ma chérie. Je mets la tienne en danger pour le récupérer. C'est du business. Il parla dans le téléphone. Idris : Attendez mon ordre avant de faire quoi que ce soit. Mais soyez prêts. Si je n'appelle pas demain matin à 9h00... brûlez la maison. Avec elles dedans. Il raccrocha. Le silence retomba dans la chambre, seulement brisé par mes sanglots de rage et d'impuissance. Idris se leva, s'approcha de moi. Il essuya une larme sur ma joue avec son pouce, étalant le sang de ma lèvre. Idris : Tu vois, Naya... tu as la clé du coffre. Mais j'ai la clé de ton cœur. Il se tourna vers Konaté. Idris : Personne ne rentre. Personne ne sort. Tu restes devant la porte. Si elle essaie de crier, tu la bâillonnes. Konaté : Compris, Patron. Idris alla vers le bar, se servit un grand verre de whisky. Il le but d'un trait. Idris : Bienvenue dans la cour des grands, ma femme. La nuit va être longue. Il s'assit dans le fauteuil face à moi, l'arme pointée sur ma poitrine, et attendit.
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