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C’était un nouveau jeu qui commençait !
Évidemment je m’en doutais depuis un moment. Moi qui avais scrupuleusement suivi les règles, je savais qu’il en avait fait tout autant. C’était donc évident que la très longue partie que nous avions jouée approchait de la fin. Mais je savais surtout qu’en retour, une nouvelle allait commencer.
Quatre ans, c’était le deal et je le savais parfaitement. La date fatidique s’était rapprochée, chaque foutu tic-tac résonnant partout comme une p****n de mise à mort ! Lui était du genre à appliquer ses lois à la lettre ! Je suis certain qu’il n’a jamais envisagé de prolonger ce qui était initialement convenu, quand bien même il prenait un malin plaisir à me mettre l’épreuve…
Alors, me réveiller dans un hôpital, mes parents chialant leurs soulagements à mes côtés ne m’avait pas réellement étonné. J’y étais largement préparé et j’avais même déjà pris ma décision…
C’était ce que je m’étais dit en les regardant tous les deux, ces deux personnes qui m’avaient élevé et aimé, les visages vieillis et déconfits, fatigués par des années de doutes.
À aucun moment leur soulagement ou souvenir pourtant « heureux » ne m’avait fait douter ! Ils pouvaient me noyer de cet espoir étouffant en refermant leurs bras autour de moi et répéter comme une prière à la con « Maréchal nous protèges ! Maréchal nous protèges ! » rien n’y faisait ! Ils me faisaient juste stupidement penser à tous les putains cochons de cette ville qui scandent la même connerie, comme si le Maréchal était effectivement tout-puissant.
Si c’était le cas, la guerre serait finie depuis longtemps alors qu’elle crève tout le monde depuis plus de vingt ans !
Mais je n’ai rien dit, me rendant compte que l’attitude de ma mère et de mon père m’agaçait prodigieusement et que je voulais qu’ils partent. Mieux valait les ignorer ! Je n’avais que faire de leur compte, il m’était bien plus intéressant de réunir mes derniers souvenirs de lui…
Mon esprit était invariablement tiré par la commémoration de ses pupilles de cristalline, l’imaginant se fendre la poire, persuadée de me voir embarrassé en cet instant face à mes parents larmoyants. Et pourtant, je ne savais comment, mais j’étais presque certain qu’il savait parfaitement comment je me sentais vis-à-vis d’eux, me laissant sans doute l’opportunité de le voir par moi-même !
Parce que de toutes les facettes qu’offraient leurs expressions ou même tout ce qui pouvait me rattacher à ma vieille famille, c’était une évidence ! Nous n’étions plus du tout dans le même monde…
D’une certaine façon, je n’étais même plus leur fils…
Ils m’avaient suppliée du regard, cherchant dans mes yeux verts un semblant de culpabilité pour se rassurer. Ils ne s’étaient même pas méfiés de mes mains menottées au barreau du lit, ou du collier retenant mon Update qui me ceinturait le cou ! Non, ils se référaient sans doute à leurs souvenirs de ce gamin espiègle et fier qu’ils avaient gardé de moi, approchant si piteusement leurs mains de mon visage pour mieux m’examiner… Ils ne pouvaient imaginer que ça pouvait m’effleurer l’esprit, encore moins me faire hésiter… Pourtant il est évident que j’y ai pensé, voulant profiter de cette proximité pour choper férocement un doigt, le mordant jusqu’à le leur arracher ! Peut-être auraient-ils vu ce que j’étais à présent : un chien sans maître ayant chopé la rage, prêt à tout dévorer !
Ça semblait si facile pour eux de retrouver le gosse qui rêvait de marcher sur les traces de Maréchal plutôt que le détenu que j’étais pourtant ! Leur soulagement était trop fort, préférant largement me retrouver dans cet état, qu’abandonné dans un coin du désert. Ou bien peut-être là où on ne m’aurait jamais retrouvé… Tout au fond de l’ancien lac artificiel d’Ycar, dont l’entretien n’était plus qu’un vague souvenir, laissant les lieux infestés de moustique et autre saloperie, prêts à bouffer un corps tout entier… Alors ouais, ils auraient sans doute tout pardonné, juste parce qu’ils m’aimaient.
Et c’était à crever de rire !
C’était sans doute les dernières personnes qui voulaient croire en mon innocence ou ma rédemption, et ils auraient accepté n’importe quoi. Comme la réponse divine de leurs efforts, eux qui ont probablement priés si fort mon retour prodigieux. Sans doute tous les soirs, suppliant et glorifiant Maréchal comme une f****e divinité, juste pour l’espoir de me revoir.
Malgré tout, je ne savais pas ce qu’ils foutaient là. Ils avaient eu mon dossier entre les mains et avaient assisté, en silence, aux dossiers que Maréchal, justement, était venus me confirmer.
Lui voulait voir si j’avais un lien avec telle ou telle histoire, moi je tentais juste de me rappeler les p’t**s Porcinet auxquels il faisait référence… C’était le jeu ! Et même si j’avais froidement reconnu mon implication dans la plupart des cas, mes darons n’avaient pas changé d’attitudes puériles. Je m’étais retenu de raconter les choses, histoire de voir leurs mines horrifiées ! Mais j’avais gardé le silence… Ça ne m’amuserait même pas un peu, bien trop insignifiant !
Je crois qu’il y a longtemps, ils étaient importants… Si longtemps que ça n’avait plus d’importance à présent et cela ne changerait absolument rien. Mes parents n’étaient plus que des poids lourds qui me pesaient et dont je devais me débarrasser.
C’est ce que j’avais donc fait…
Je n’avais pas de rôle pour eux, et on passait au niveau supérieur avec lui. Clairement. Il était bien mieux de les éloigner de suite. Juste par respect pour le petit garçon qu’un jour, j’avais été à leurs yeux. De toute façon, cette nouvelle game qui se dessinait sera sans retour. Donc j’avais fini par refuser leur visite, passant une espèce de marché avec le vieux héros pour les empêcher de m’approcher, même au moment de mon procès. Ce serait mon dernier petit cadeau en guise d’adieu, leur éviter d’assister à la pièce de théâtre putride qui se préparait…
Il m’avait laissé suffisamment d’indices pour que je le comprenne !
Les règles qu’il imposait changeaient, évoluaient ou disparaissaient sans cesse au gré de ses caprices, et c’est dans cette atmosphère que j’ai évolué pendant des années. À l’extérieur, ces connards de porcs pouvaient bien me regarder comme ils le voulaient ! De haut en bas ou de bas en haut, me jugeant sur la seule expression neutre que je leur montrais de moi. J’avais appris à m’y faire et à m’en satisfaire, jouant à mon tour. J’ai toujours été bon pour m’acclimater de toute façon, la preuve est que j’avais résisté à la mutation…
Il le savait aussi ! Qui mieux que lui, pouvait en savoir autant sur moi de toute façon.
Et face à ce jeu qu’il avait imaginé pour moi, je savais déjà comment j’allais gérer les choses, bouger mes pièces ! Cette partie, ce serait la dernière d’une certaine manière et je la gagnerais…
– Prépare-toi.
Je tournais mon visage vers le chauffeur de la voiture, accrochant mon regard au sien à travers le rétro, prêtant pour la première fois attention à celui qui pourtant m’emmenait partout depuis mon grand retour. Il m’était si insignifiant… Qu’il me parle ou pas avait finalement si peu d’intérêt. Ça ne m’amusait même pas un peu. Et même si je possédais un temps fou, valait mieux s’emmerder que d’écouter un porc, trop rose, qui piaille pour faire l’intéressant. Je n’avais que faire de lui ou de la situation dans laquelle j’étais, il n’était même pas un pion que je voulais utiliser !
Ça n’avait aucune p****n d’importance…
Il devait trouver hilarant, de son point de vue un peu dérangé, de me voir dans une bien étrange comédie qu’il avait orchestrée ! Coincé dans une voiture, marquée aux couleurs de l’Armée, que j’avais désertée plus ou moins contre mon gré, garé juste devant le vieux Tribunal de la Cité Ycar-Hope. Ficelé comme un rôti, mon collier piquant et bloquant instantanément le nerf mutant prés de ma nuque, pour me rendre inoffensif selon eux. Je ne pouvais rien faire ! Seulement bon à reluquer des pigeons trop cons pour penser à voler au-dessus des gorets et leur chier dessus. Les voir incapables et fragiles, constatant amèrement qu’ils n’étaient pas foutus de profiter d’une bonne occasion alors qu’ils étaient bien plus libres que moi.
Je n’avais plus qu’à assister à cette mascarade dont je devinais chacune des répliques, sachant les efforts que la puissante armée avait déployés pour me cacher aux yeux de tous sans y parvenir ! Ils auraient plus que tout voulu m’enfermer quelque part sans un bruit, taisant mon retour et faisant mine de pleurer ma tombe vide. Mais ce n’était plus possible, tout le monde m’avait vu et reconnu, posant beaucoup trop de questions ! Je n’étais pas n’importe qui, dommage pour eux, il y a une vie, j’avais été Satyr la Flamme noire, celui qui avait été désigné pour succéder à Maréchal et tout le pays avait chialé ma perte ! Leurs dernières options étaient donc de mener l’enquête elles-mêmes, sachant à l’avance ce qui allait être dévoilé au public pour s’y préparer.
C’était une mise en scène burlesque auquel je n’avais pas franchement envie de participer, bien trop fade à mon goût. Pour autant, je tiendrais parfaitement mon rôle, prêt à aboyer sur toutes les enflures dont la tête ne me reviendra pas. J’avais conscience des nombreux enjeux, mais je n’en avais strictement rien à branler ! Que l’un m’utilise pour atteindre l’autre, ou le contraire d’ailleurs, m’impactait autant qu’un film de boule hétéro ! J’avais juste l’intention de me servir de toute cette merde pour faire ce que j’avais à faire ! Surtout de ce que j’avais à dire…
Je devais lui répondre et c’était mon seul objectif !
Cela faisait partie du scénario qu’il m’avait concocté, je n’en doutais pas. J’avais durement appris comment il fonctionnait, lui qui ne laissait rien au hasard. Et il devait sans aucun doute y percevoir une forme d’ironie bien grasse de me voir aujourd’hui répondre des actes qu’il m’avait en un sens, obligé à faire, moi, un ancien héros de la nation.
Hilarant…
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Prochain chapitre :
Sentence Un : La cité des Porcs [2]
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