Sentence Un : La cité des Porcs [2]

1722 Words
◦•●◉✿←« [ | :.°•∘✩☯PDV Nael ☯✩∘•°.: | ] »→✿◉●•◦ – Tu m’écoutes ? Monsieur l’ex-successeur !grogna la tête de lard, soufflant bien trop bruyamment. Ma respiration se coupa net alors qu’il osait interrompre le fil de mes pensées. Mes yeux vrillèrent ceux du gros porc qui se planquait derrière son volant, le toisant sans sourciller. Il ne pouvait que vulgairement s’humidifier les lèvres sous la soudaine pression qui dansait à présent entre nous, raréfiant l’air dans le petit habitacle. Il se satisfaisait de me savoir derrière la grille pourtant bien trop fine, pensant si stupidement être si puissant, pourtant à présent c’était lui qui transpirait, bien qu’il se reprit bien vite… Il se savait en sécurité ! Les mains attachées par ces maudites menottes et mon Update inutilisable, me souriant d’un air narquois, bien que légèrement indécis maintenant. Il était parfaitement conscient que je ne pouvais pas l’atteindre pour l’instant. Alors il me narguait, sa bouche grimaçante d’un air supérieur tandis qu’il déglutissait sous le « peut-être » que je lui dépeignais brûler au fond de mes yeux d’un vert bouteille complètement glacé. Possiblement, cet abruti voulait crever ! Ça semblait le satisfaire, me savoir ainsi retenu… Mais pensait-il qu’il était intelligent de se faire remarquer, de faire en sorte que je me souvienne de sa tête ? S’il savait ce qui me passait par la tête en cet instant, pendant que je le regardais lui, et personne d’autre ! À voir sa gueule de connard suant sous ma simple attention, alors que je ne lui répondais même pas, trop occupé à imaginer comment je m’y prendrais pour lui faire pleurer son pardon… Mais s’il voulait jouer, j’allais l’écraser ! Laissant un très simple sourire animer mes lèvres, penchant doucement ma tête sur le côté, je savais très bien quel air je donnais de l’extérieur. Mes yeux forêt brûlaient d’une lueur dense, envahis par l’irradiante et habituelle sensation excitante qui me piquait la nuque quand je m’apprêtais à faire chauffer mes mains. Je me rapprochais juste un peu, doucement, sans pour autant toucher le grillage qui nous séparait. Je l’ignorais, donnant presque l’impression justement qu’elle n’existait pas alors que pourtant, elle quadrillait ma vue, protégeant ma victime de mes dents… Néanmoins quand on se tenait trop près, elle disparaissait effectivement, glissant dans un univers où elle n’avait même jamais existé ! Il me suffisait que de cette idée, l’embarquant avec moi dans ce monde-là, ou je pouvais l’atteindre lui et ses petits os bien trop craquants. Je le fixai lourdement, calme, le silence absolu de la voiture seulement assourdi par sa respiration qui se perdait peu à peu sans me déranger. C’était si facile… Je savais que la lyre de mon regard venait de s’intensifier, le regardant s’empourprer jusqu’à en agrandir l’axe, paumé… Tout ce dont j’étais coupable était public, lui, comme les autres cochonnets, était totalement au courant. Et en cet instant, je lui hurlais qu’il était le prochain ! Je jouais calmement avec mes menottes pour ne laisser entendre que le cliquetis angoissant de celle-ci, sous-entendant alors qu’il n’y avait plus rien qui nous séparait lui et moi ! Chaque claquement des maillons de métal devait lui paraître assourdissant ! Résonnant à ses tympans, pour les éclater comme une bulle de lave, le laissant sourd face à tout le reste. Il fallait qu’il comprenne toute l’étendue de ce chant morbide et métallique, lui filant le goût du sang sur sa f****e langue bien trop pendue, alors que ses pupilles se rétractaient, totalement à l’affût. Bordel qu’il hurlerait comme un goret ! Un autre Porcinet… Un stupide pécari qu’il était bien trop facile d’égorger. Je me satisfaisais tellement de l’imaginer, les yeux terrifiés et gorgés de sang, alors que mes mains se serraient autour de son gras cou, jusqu’à l’étrangler. Il supplierait de l’air, geignant de petits bruits misérables, s’affolant un peu plus lorsqu’il sentirait mes paumes chauffées… Il tenterait d’hurler d’abord avant de finalement se la fermer, sa peau fondant sous mes doigts chauffés à blanc jusqu’à se retrouver la trachée toute cramée ! Il en aurait perdu le sourire, ce crétin condescendant, la gorge béante et large comme un collier sanguinolent. Il aurait été si simple de poursuivre son oeuvre, étirant, encore et encore sans s’arrêter. Retirant des lambeaux de chair carbonisés, à mesure que sa tête se détacherait entre mes doigts, et ce, juste parce que je l’avais décidé ! Il était p****n d’inutile ! Et il crèverait tellement vite… Une poignée de secondes durant laquelle sa conscience scanderait mon nom comme une dernière supplique harmonieuse à mon oreille. Ce serait parfait pour se faire pardonner ! Et j’étais sûre qu’au fond de mes pupilles, il avait assisté au film de mes pensées… C’était qu’un p’tit marcassin qui restait figé fasse à moi ! Tremblant comme une feuille d’avoir accaparé mon attention... C’était drôle ! Les animaux sentent la peur et il était terrifié... Alors je le regardais ! Fort ! Retenant toujours ma respiration et ne laissant rien paraître sur mon visage. Je continuais juste à jouer avec mes jolis bracelets, rythmant chaque cliquetis dans une lyre morbide. C’était presque rassurant en réalité, car ce serait sans doute pire que de ne plus les entendre d’un seul coup ! Comme un Top Départ épouvantable qui signerait sa mort ! Et il ne pouvait que se chier dessus, le rendant encore un peu plus pathétique qu’il ne l’était. Il cligna une fois des yeux, son sourire idiot s’abaissant. Si doucement, dans une grimace indécise qu’il ne contrôlait pas, la sueur lui perlant le front alors qu’il frissonnait. Il pouvait même froncer le nez, comme dégoûté par une odeur de brûlé qui n’existait que dans son cauchemar dont il suivait toujours les images à travers mon crâne. Et hop, je le voyais enfin, la tête à moitié décapitée et la langue pendouillant étrangement par le trou ignoble de sa gorge ! C’était si satisfaisant de le voir dans cet état, les yeux hagards et presque morts tandis que ses épaules tressautent doucement dans un ultime appel de ses nerfs... Et juste là c’était le moment ! Je claquais bruyamment les dents, comme comblé de l’avoir amené jusque là, le faisant sursauter et franchement s’éloigner. Tch ! Quel abruti ! Putain de pourceau dégueulasse qui n’était strictement rien ! Qu’il reste à sa p****n de place lui qui n’était même pas dans la liste des figurants de toute cette merde ! À peine capable de me servir de chauffeur, et pour ça, il me les brisait sévère ! Il me serait bien plus utile sans sa langue… Si j’en avais l’occasion, je la lui arracherais ! Je le vis bien déglutir, mal à l’aise, mais je m’en fichais à nouveau. Je relâchais juste doucement ma respiration, contrôlant mon souffle pour retrouver un rythme cardiaque serein. Mon cœur tambourinait sous l’excitation et le manque d’air que je m’étais infligé et qui m’aidait à garder le contrôle. Je devais retrouver mon calme ! Alors je me déplaçais au fond du siège en simili-cuir marron, détachant mon intérêt du conducteur bien inutile. C’était bien plus intéressant de regarder ces abrutis de pigeons qui faisaient pitié... Et au-dehors, il y en avait tout un tas. Perdu au milieu de ces petits cochonnets qui grouillaient, avide de choper une photo de moi ! Les appareils flashaient inlassablement vers le véhicule, faisant régulièrement luire les broches qu’on accroche à sa veste en signe de soutien à l’Armée. Comme de parfaits petits soldats, alors qu’ils étaient ici pour raconter mon histoire et tenter d’alimenter la polémique… Ils grognaient si fort sans même faire gaffe aux plumes qui volaient. Les bougres étaient trop cons pour savoir qu’il ne servait à rien de mendier aux enflures qui se pressaient contre le cordon de sécurité. Trop stupide pour savoir que les truies sont prêt-à se dévorer les uns les autres si ça leur permettait d’arriver à leurs fins. Ils se faisaient si stupidement piétiner, estropier dans l’indifférence générale alors que, pourtant, certains porcs devaient les sentir craquer vulgairement sous leurs pieds. Je n’en apercevais pas un seul entier, tous mutilé, d’une façon ou d’une autre, boitillant d’une démarche triviale sur le macadam sali. C’était toujours pareil ! Ils y retournaient, encore et encore, alors qu’ils n’en sortaient pas indemnes, donnant presque l’impression d’aimer ça ! C’est tellement fou, complètement insensé. Tellement déluré que j’en aurais presque la nausée… Eux qui n’apprenaient même pas de leurs erreurs, acceptant une place dans une chaîne alimentaire sans se débattre. En réalité, je ne suis pas mieux ! Pourtant, je préférais cette place qui est la mienne, que celle de ces autres emplumés… Cette pensée me traversa l’esprit d’un seul coup alors que je fixais un pauvre piaf qui clopinait sur sa seule patte. Il a manqué de se faire shooter tant il ose bêtement s’approcher de trop près des journalistes. Et j’avais tellement l’impression de me voir en lui, que je restais con, le fixant se faire bousculer d’un coup de talon agacé. Je retenais un geste de mes mains liées, m’empêchant de me toucher l’oreille. Il ne fallait pas ! À la place, je contrôlais l’air qui entrait et sortait de mes poumons, m’en servant pour m’y raccrocher. Il fallait que je reste calme ! Je savais faire ça, même si j’étais aussi con qu’un pigeon. Puis c’était vraiment mieux que d’être encore parmi les cochons. Mais maintenant, à bien y voir, si je pouvais leur montrer à ces crétins d’oiseaux de malheur, comment les choses fonctionnaient, peut-être que ça ne se passerait pas comme ça. Peut-être qu’ils en sortiraient moins esquintés, apprenant enfin comment leur chier dessus. Pour moi, c’était trop tard ! J’avais été amené trop loin et je le savais. Je n’en avais même pas honte… J’étais même plutôt satisfait ! ☆:*‘¨’*:.☆(¯‘*•.¸,¤°’ ‘°¤,¸.•*‘¯)☆:*‘¨’**:.☆ Prochain chapitre : Sentence 2 : Le jugement des Cochons [1] ☆:*‘¨’*:.☆(¯‘*•.¸,¤°’ ‘°¤,¸.•*‘¯)☆:*‘¨’**:.☆
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