XXIIRentré chez lui Roger s’était jeté dans un fauteuil, et là, devant le feu, seul, au milieu du calme et du silence, sans autre lumière que celle que donnait capricieusement la flamme du bois, n’étant plus troublé par le mouvement et les bruits de la rue, il avait tâché de faire ce qui lui avait été impossible depuis qu’il avait quitté le ministère, – c’est-à-dire d’envisager sa situation froidement, raisonnablement. Mais le calme et la froideur ne s’imposent pas par un effort de volonté quand on est un passionné ; ce ne sont pas ceux qui disent raisonnons qui raisonnent, ceux-là sont les esclaves de leurs nerfs et se laissent emporter par leurs émotions. – Il faut réfléchir, se disait Roger en se prenant la tête à deux mains, il faut voir. Et il se le disait avec une ferveur d’autant

