Chapitre 13 – Les embrouilles commencent

1470 Words
Chapitre 13 Les embrouilles commencentLorsque je me réveillai, il faisait jour. La lumière traversait les deux longues baies vitrées à droite du lit. Je ne ressentais plus aucune douleur et je réussis cette fois à m’asseoir sans l’aide de personne, en prenant, pareillement que la veille, le mur comme dossier. Salomé, qui me tournait le dos, rangeait des affaires dans un placard que, j’en étais certaine, la chambre ne disposait pas hier. Je lui demandai alors d’une petite voix : « Est-ce courant ici que les meubles apparaissent et disparaissent ? » Elle sursauta puis se retourna, en se contentant de me sourire. « Et au fait, qui est Quientni, Shalma, Chbloufou et Dïloun ? » Elle se mit à rire pendant un bon moment, en entendant les prénoms que je déformais surement, avant de me reprendre : « C’est Quientnïnn, Shaïlma, Chlousmou et Dïmun ! S’exclama-t-elle en riant. - Ah..., répondis-je gênée. - Ce n’est pas grave, m’assura-t-elle, toujours en se moquant gentiment de moi. - N’empêche que je ne sais toujours pas, lui rétorquai-je du tac au tac. - Quientnïnn est le blond que tu as rencontré et qui t’a rattrapée alors que tu t’évanouissais, lorsque tu t’es introduite dans le quartier général, m’annonça-t-elle, constamment souriante. Lui aussi est un Jycänn, tout comme Dïmun et Miendjinï. D’ailleurs ils sont frères. Miendji est l’aîné, Quient le cadet et Dï le benjamin. - Ok... Et les autres ? lui demandai-je en essayant de retenir tous ces noms farfelus. - Shaïlma est une ancienne Zioms. - Euh... - Les Zioms ressemblent physiquement aux Jycänn. Mais ces derniers sont beaucoup moins puissants... « cérébralement » que les Zioms. » Cérébralement ??! Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier encore ?! « Cependant, les Zioms ont une force seulement humaine, contrairement aux Jycänn qui peuvent porter plusieurs tonnes de kilos. - Quoi ?! M’enquis-je, les yeux écarquillés. - Voyons Roxanne ! S’impatienta Salomé en s’approchant de moi. L’A.S. ne comporte AUCUN humain. Ses membres sont donc logiquement différents d’eux. - Désolée, mais je me considère comme une humaine et... j’ai toujours un peu de mal à croire tout cela, lui avouai-je. - Ne redis jamais ceci. Surtout en présence de Miendji, me prévint-elle. » Je me rappelai alors sa réaction lorsque je disais que je croyais devenir folle. « D’accord. Je ferai plus attention, lui promis-je de suite. - Je sais que c’est difficile à concevoir mais... c’est la réalité. Nous ne pouvons pas la changer, dit-t-elle en s’asseyant à côté de moi. » Soudain, une pensée me vint. Quelque chose que j’aurais dû demander depuis le début et qui ne m’avait même pas effleuré l’esprit jusqu’à maintenant ! « Sa..., commençai-je, mais la porte s’ouvrit brutalement laissant apparaître un homme visiblement furieux. » Il me sembla que mon cœur s’arrêtait de battre. Cet inconnu possédait LE visage qui était apparu dans mon cauchemar. Il me fixa des yeux puis fronça les sourcils. « Comment se fait-il que tu m’aies déjà vu ?!! me jeta-t-il, méprisant. - Que... je... je... quoi ? questionnai-je alarmée. - Lorsque que Quient’ a lu dans tes pensées la seule chose qu’il a vu était MON visage ! Pourquoi ?! s’exclama-t-il encore, en s’avançant dangereusement vers moi. Je ne me rappelle pas avoir fait l’erreur de t’avoir déjà rencontrée ou même croisée !! cria-t-il hargneux se mettant devant Salomé. » Celle-ci se leva d’un bond et lui fit face. Elle lui lança des regards noirs avant de déclarer : « Elle ne sait pas encore tout pauvre imbécile ! Tu crois qu’elle l’a fait exprès ?! lui hurla-t-elle en retour à la figure. » J’étais tétanisée. Je ne savais pas de quoi ils parlaient, ni ce que tout cela signifiait. « J’ai entendu des cris. Que se passe-t-il ? lançasoudainement une voix que je reconnus immédiatement. Dï ? demanda finalement Quientnïnn, voyant que personne ne répondait. » Je compris alors que cet homme menaçant s’agissait du troisième frère, Dïmun. « Rien. Rien du tout, répondit-il d’un ton remplide haine. » Puis il se retourna et partit brusquement, bousculant son frère au passage. « Je ne comprends pas..., soufflai-je, désemparée. Salomé soupira, manifestement épuisée. « Quient va t’expliquer. Je suis désolée Roxanne mais je dois absolument parler à Miendjinï, me déclara Salomé. » Puis elle me fit un rapide bisou sur la joue et quitta la chambre à son tour. Quientnïnn se passa une main derrière la tête et me regarda, ne sachant pas par où commencer. « Au fait, merci de m’avoir rattrapée l’autre jour, dis-je, brisant ce silence qui devenait gênant. - Oh euh... de rien, répondit-il d’une voix plutôt timide, ce qui me surprit. - Hum, pourquoi Dïmun est-il si en colère contre moi ? lui demandai-je. - Eh bien... Miendji lui a ordonné de... s’occuper de toi, me révéla-t-il. - Comment cela ? le questionnai-je en fronçant les sourcils. Je ne vais pas rester dans cet état en permanence et je n’ai pas besoin que l’on « s’occupe » de moi, rétorquai-je. - Excuse-moi, je... me suis mal exprimé, me répondit-il, à nouveau gêné. Disons qu’il a la charge de faire de toi une... professionnelle. » Je le regardai, incrédule. Une professionnelle... de l’A.S. ??! « Moi ?! Mais je n’y connais rien en matière de combat ! Et puis je refuse de devenir une meurtrière ! lui annonçai-je d’un ton ferme. - Une meurtrière ?! s’exclama-t-il avant de rire. Je te rassure, nous ne tuons jamais. Sauf en cas de grande nécessité. Nous ne faisons que neutraliser les bestioles qui se retrouvent dans d’autres mondes que les leurs. Et en ce qui concerne l’équipe dans laquelle je suis, nous n’intervenons que lorsque l’un de ces monstres cause d’importants dommages matériels ou pires... des victimes, me déclara-t-il. - D’accord. Mais... comment ces bêtes peuvent-elles sortir de leurs mondes ? - MK saura mieux te l’expliquer que moi... c’est son domaine, m’assura-t-il. » Je hochai la tête. J’avais hâte de le revoir pour lui poser toutes les questions qui me venaient une à une. « Pourquoi moi ? lui demandai-je soudainement. » Quientnïnn prit une grande respiration puis me sourit. « Tu sais, lorsque je t’ai vue j’ai tout de suite compris par où tu étais rentrée. Mais je voulais savoir quelle serait ta réaction si je te le demandais. Apparemment tu as réagis exactement comme Leïla. D’ailleurs, pourquoi ne l’appelles-tu pas ainsi ? - Depuis sept ans que nous nous connaissons, elle a toujours eu le même prénom. Pour moi, c’EST Salomé. - Intéressant. - Quoi donc ? - Tu te mens à toi-même et tu le sais, me dit-il. Salomé est une couverture, elle n’existe pas. Tous les agents de l’A.S. ont une double identité pour leur sécurité et celle des personnes avec qui ils vivent, mais qui n’en font pas partie, formula-t-il en détachant bien tous les mots qui arrivèrent en moi comme un poids mort que je ne pouvais contrôler. - Elle s’appelait Leïla dès le début ? Dès qu’elle est née ? m’enquis-je. - Oui. Et elle a pris un prénom, celui de la mère qui l’avait adoptée, après son entrée dans l’A.S. » Sa réponse me fit soudainement repenser à ce que je devais absolument demander. « Et mes parents ?! Sont-ils au courant ? Olalalala ils doivent s’inquiéter et... - Non non non non non, intervint Quientïnn. Leïla les a appelés et a imité ta voix. Elle a demandé si elle pouvait, enfin, si tu pouvais, rester dormir chez « Salomé ». Ta mère a dit oui. Un hologramme sous ton apparence, perfectionné par MK, a fait semblant de prendre tes affaires, qui en réalité, ont été prises par Leïla qui s’était introduite en mode d’invisibilité par la fenêtre. - Invisibilité... d’accord. Euh... un hologramme ? » Je dus me persuader encore une fois que tout cela était bien vrai. J’avais toujours rêvé qu’il se passe ce genre d’aventure. J’étais servie. Maintenant que tout ceci m’arrivait, je devais le voir comme une aubaine et m’en réjouir. « Un hologramme dans l’A.S. est comme un vidéogramme mais en plus... performant. C’est un enregistrement de signaux ou de données vidéo, annonça soudainement MK qui venait d’arriver. Tout ça est mémorisé sur un support de sauv’garde ou de stockage que j’rends invisible. Il dispose également de données sonores associées à l’image. Mais comme je t’ai jamais entendue parler, j’ai dû faire sans. J’ai juste transmis ton image avec les mouvements habituels tel que sourire, tourner la tête... Personne ne s’est rendu compte de rien, dit-il avec fierté. Cependant... Je dois bien admettre que rendre ce truc sous forme humaine n’a pas été l’une des choses les plus faciles à faire mais... - Ah bon ? Pourtant tu devrais avoir l’habitude avec les parents de Leïla..., fit Quientnïnn, surpris. » Les parents de... Evidemment ! Comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ?! Salomé me révélait qu’ils étaient décédés depuis dix ans, hors, je les avais vus la semaine dernière... Je me disais bien que quelque chose n’allait pas. Je me rendis alors compte à quel point ma vie n’était qu’un tissu de mensonges. Salomé, mes parents... et Lana, ma petite sœur ! Au plus profond de moi, je savais que tout ceci n’y changerait rien, que je l’aimais et l’aimerais toujours comme ma sœur mais... Cela me perturbait quand même. J’avais hâte de rentrer à la maison, ils me manquaient tous. « ...vu qu’allongée donc..., continuait MK. - Quand suis-je censée revenir chez moi ? demandai-je en le coupant. - Ce soir, m’informa Quientnïnn. » Que ce soir ?! Bon, tant pis, j’attendrais. J’étais impatiente. « Et pour le lycée ? leur demandai-je, inquiète. » Si jamais ma mère recevait une lettre comme quoi je n’étais pas en classe ces deux derniers jours... Je craignis que le pire ne soit pas encore arrivé. « Leïla s’occupe de tout, m’assura MK. - Bon. Maintenant qu’il est huit heures, tu pourrais lui faire visiter l’espace de circulation express... ? proposa Quientïnn à MK. - Ouais pourquoi pas, approuva MK. - Ok génial, répondit Quientnïnn en souriant. » Alors qu’il partait, il se retourna promptement. « Miendji vient juste de m’annoncer que nous devrons tous nous retrouver au réfectoire à treize heures. - Mais... ça va battre son plein à c’te heure-là ! On n’aura pas d’places et puis je sais pas si... » MK s’interrompit. Quientnïnn et lui se regardèrent. « Miendji pense qu’il est préférable qu’elle en ait l’habitude dès maintenant, dit Quientnïnn à MK. - Ok, répondit ce dernier. - A toute à l’heure, nous lança Quientnïnn avant de partir. - Je n’ai strictement rien compris, déclarai-je à MK. - Oh... on a discuté par télépathie, m’annonça-t-il. »
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