Plusieurs jours s’étaient déjà passés et toujours pas de retour des garçons, mais néanmoins la disparition de 3 filles avait été signalée. Elles avaient été aperçues pour la dernière fois à la fête, celle-là même où nous étions toutes les deux, et sur le coup, je m’étais dit que ça aurait pu être nous à cet instant.
- JULIA : Je crois que ces garçons ne viendront plus jamais.
Lâche-t-elle avec une voix de désespoir. Puis elle continue.
- Ça va bientôt faire deux mois qu’ils sont partis quand même, non ? Mais quel genre de mecs disparaît de cette façon ? Tu le crois ça ?
- MARIA : Ouais, c’est vrai, mais tu ne devrais plus y penser maintenant, les cours ont déjà repris.
Puis un jour, alors que nous étions allongées sur mon lit, je me rappelle qu’on parlait d’une fille qui s’était donnée en spectacle dans tout le campus à cause d’un garçon ; elle le suppliait à genoux de ne pas la quitter. On se demandait comment est-ce qu’une fille pouvait en arriver là, puis quelqu’un frappa à la porte. Précipitamment, je suis allée ouvrir et à ma grande surprise, Luc et Jonathan étaient là.
- LUC : Bonsoir Maria, tu es toute seule ?
- JULIA : Luuuuc ! Dis Julia par-dessus l’épaule droite de Maria et sans tarder, elle les invite à entrer.
Dans une suite de conversations comme la dernière fois, Luc demanda si on pourrait un de ces soirs faire une sortie amusante mais étrangement, Jonathan, qui était très bavard, était devenu tout d’un coup un peu silencieux après que Luc nous l’ait proposé. Mais bien sûr, je n’avais pas vraiment eu le temps de m’attarder là-dessus car Julia était dans un élan d’excitation.
- JULIA : Un soir ?! Pourquoi pas ce soir ?
- MARIA : Quel enthousiasme Julia !
- LUC : Bah je ne sais pas. On s’est dit que vous ne seriez pas encore habituées avec nous. Donc on veut laisser du temps pour y réfléchir et vous relancer.
- JULIA : Que c’est charmant !
Pour être des gentlemans, ils étaient des gentlemans. Et bien évidemment, pour nous, les filles, quand on fait la rencontre de garçons qui nous disent de pareil truc, sur le coup on se dit qu’ils sont forcément de bon gars et de cette façon on fini par ne plus se méfier de l’inconnu qu’on vient à peine de rencontrer et par conséquent nous continuons la fréquentation.
- JONATHAN : Sinon, que direz-vous alors si on échangeait nos numéros. De cette façon vous pourrez nous prévenir si vous êtes enfin prête pour un soir.
John… Ce garçon me paraissait un peu bizarre car on aurait dit qu’il essayait d’éviter qu’on se revoie à nouveau je m’étais alors dit qu’il devait être timide.
- MARIA : Super idée John !
Ils s’échangent de numéro et les garçons s’en vont.
Quelques jours plus tard, je rentrais du campus. Cette journée avait été longue et j’étais très fatiguée.
J’aurais pu être préparée à ça si seulement j’avais souvent écouté ce que mon papa m’avait répété mille et une fois à propos de la fac. Mais la joie d’y être m’avait complètement bouchée et m’empêchait d’écouter.
- MARIA : Vous devriez savoir ce que l’on ressent à notre entrée en fac. N’est-ce pas, lieutenant ?
- LIEUTENANT SAM : Euh… Non, je n’en sais rien et vous devriez plutôt continuer, madame.
- MARIA : Bien sûr…
Alors, pendant que j’étais couchée sur mon lit, Julia arriva.
- JULIA : Ah ! Maria, je viens d’avoir Luc au téléphone. Il a appelé pour savoir si nous sommes disponibles pour ce soir.
- MARIA : Ce soir ?!
- JULIA : Oui, c’est bien ce que j’ai dit. Un problème ?
Comme je vous l’ai dit tantôt, je venais tout juste de rentrer des cours et j’étais très épuisée. Ce que je demandais par-dessus tout était de me reposer. Mais en même temps, je ne voulais pas décevoir Julia ; elle avait en plus un truc pour Luc que moi pour John, et un refus de ma part lui aurait rendu malheureuse.
- MARIA : Julia, je suis vraiment fatiguée là… On ne peut pas un autre soir ?
Sa mine ne tarda pas à se décomposer suite à mon refus, mais je n’avais pas d’autre option. Puis elle m’observa un instant avant de tomber d’accord avec moi.
- JULIA : Ce serait sûrement mieux un autre soir et en plus moi aussi je suis crevée… On a enchaîné les cours aujourd’hui.
Dans les minutes qui avaient suivi, elle appela Luc pour lui faire part de ce qu’on avait décidé. Elle avait pris le soin de mettre son téléphone sur haut-parleur.
[Conversation téléphonique]
- JULIA : Allô Luc ?!
- LUC : Ouais ! Salut !
- JULIA : Salut ça va ?
- LUC : Oui tranquille et toi ?
- JULIA : Pour nous aussi ça va.
- LUC : D’accord. Et pour ce soir ?
- JULIA : Justement à propos de ce soir, nous ne sommes pas dispos ou plutôt je dirais pas valides. dit-elle en esquissant une grimace de gêne.
- LUC : Oh ! Pas valides ?
- JULIA : Oui euh… En fait euh, là on vient juste de rentrer de la fac et nous sommes… un peu trop fatiguées, tu vois.
- LUC : Bien sûr… Et du coup ?
- JULIA : Du coup on aimerait que ce soit plutôt… Ce samedi ?
- LUC : Ce samedi… Euh c’est d’accord pour moi mais je demanderai à John s’il est okay ensuite je te texte.
- JULIA : Ok au revoir !
Plus tard dans la soirée du même jour, Julia avait reçu un message de Luc qui disait : « À samedi soir, ma belle, j’ai hâte d’y être », suivi d’un emoji souriant. Juste après cela, je me suis sentie un peu soulagée car je me sentais un peu coupable d’avoir fait repousser cette sortie, mais ça n’avait plus d’importance puisqu’ils avaient confirmé pour samedi soir.
Au jour dit, Julia et moi étions prêtes depuis longtemps ; il était déjà plus de 20h30, mais ils n’étaient toujours pas là. C’était à croire que ces garçons prenaient un malin plaisir à nous faire languir. Nous étions tellement impatientes que nous nous sommes mises à imaginer la soirée avec eux… On se faisait des films.
Mais une demi-heure plus tard, on frappa à la porte… Et bien évidemment, c’était eux.
- LUC : J’espère que vous êtes impatientes car la soirée risque d’être très longue, dit-il avec un sourire enjôleur.
Sans plus tarder, Julia s’était accrochée au bras de Luc et nous sortîmes. Une fois à l’extérieur, on se dirigea vers une voiture ; c’était la sienne, mais ce n’était pas la même que celle de l’autre soir. Celle-ci était plutôt un pick-up, couvert avec la forme d’une camionnette.
Nous étions donc allés dans un bar non loin de chez nous, plus près du lieu de la fête sur les recommandations de Julia qui voulait quand même qu’on reste prudentes. Même si cette précaution ne nous aura pas vraiment aidées comme on l’aurait voulu.
On s’amusait bien pendant cette soirée et Julia évitait de trop boire, ce qui me rassurait. Puis pendant qu’on parlait, Luc dit à Jonathan :
- LUC : Heeeey ! Pourquoi tu n’emmènes pas Maria faire un tour ? Comme ça, vous nous laisserez un peu d’intimité à Julia et à moi.
Et Julia me fit un geste de la tête accompagné d’un petit sourire au coin des lèvres. John lui, regarda Luc quelques secondes puis il se leva, prit ma main et me dit :
- JONATHAN : Tu viens Maria ?
À l’extérieur du bar, nous commençâmes tous les deux à marcher. En marchant, nous faisions connaissance et j’appris de lui qu’il n’avait plus eu de contact avec ses parents depuis plus de trois ans et qu’il faisait des petits boulots par-ci par-là pour subvenir à ses besoins. Quant à la voiture, elle était à Luc ; j’en avais donc conclu sans aucune autre forme de réflexion qu’il devait nécessairement venir d’une famille plutôt aisée.
Nous avions déjà fait beaucoup de chemin quand je commençais à me demander ce que faisait Julia.
- MARIA : On devrait peut-être y retourner maintenant.
Mais à la place, il me proposa plutôt de me raccompagner en taxi et Julia me suivrait plus tard. Bien sûr, ce n’était pas envisageable ; j’étais venue avec elle et on devait rentrer ensemble.
- MARIA : C’est gentil mais… Non. Je préfère que tu nous ramènes toutes les deux si tu veux bien.
- JONATHAN : J’espèrais passer encore plus de temps en tête-à-tête avec toi en fait.
- MARIA : C’est vrai ? demande-t-elle avec un sourire à la fois flatté et gêné.
Même si je voulais aussi encore passer du temps en sa compagnie, j’avais encore plus envie de voir Julia et surtout j’avais très envie de rentrer avec mon amie afin de tout lui raconter.
Nous étions donc en train de repartir vers le bar pour retrouver Luc et Julia quand il me proposa de prendre un autre chemin. Je n’avais rien suspecté, puisqu’il n’y avait pas de raison de m’en faire. Même si je ne connaissais pas la route, je me sentais en sécurité à ses côtés.
Sur ce chemin, nous avons trouvé un banc, et il me proposa de nous y asseoir un moment afin de papoter encore un peu. Puisque nous étions déjà sur le chemin pour retourner au bar, cela ne me dérangeait pas de perdre encore dix à quinze minutes assis.
Une fois installés, un petit moment de silence s’installa. Puis il sortit son smartphone : il venait de recevoir un message. Après avoir pris connaissance du contenu, il rangea son téléphone pour sortir autre chose.
- MARIA : Qu’est-ce que c’est ?
- JONATHAN : De l’herbe ! Tu connais ?
- MARIA : Ouais… Des mecs au campus en prennent… Après, ils ont un air défoncé et font des trucs… Plutôt bizarres.
- JONATHAN : Hahahaha ! Des trucs bizarres ? Bizarre comme quoi ?
- MARIA : Bah des trucs bizarres… Bizarres.
Ce garçon était plein de surprises. Il se mit alors à fumer, et en un instant, il se retrouva à deux centimètres de mon visage, ne bougeant plus tout en me regardant dans les yeux. Cela me figea sur place car je pensais qu’il allait m’embrasser. À cette distance, je pouvais sentir sa chaleur, et mon cœur battait à toute vitesse. Mais rien de ce que je m’étais imaginée ne se produisit ; à la place, il m’envoya plutôt de la fumée en plein dans le nez. J’en inhalais tellement que je me mise à tousser, ce qui nous fit rire tous les deux.
Quand il me proposa d’en prendre aussi, je ne me fis pas prier et le pris pour tirer une grande bouffée. Je comptais lui envoyer également de la fumée en plein visage.
Mais ce moment romantique que je m’étais imaginée n’était qu’un mirage… Plutôt une illusion, car avec ça, je venais moi-même de refermer la porte de l’enfer qui allait s’abattre sur moi. À peine avais-je fini de tirer qu’une grosse fatigue commença à m’envahir petit à petit et peu à peu, tout devenait flou.
Je m'étais alors tournée vers lui pour lui demander de m’aider, mais son visage avait complètement changé. Il était devenu neutre, affichant un regard vide qui ne laissait paraître aucune émotion. Je me demandais alors où était passé le garçon aimable avec qui j’avais partagé ces instants. Avant que je ne ferme complètement les yeux, il articula avec ses lèvres : « Je suis désolé. »
En un instant, tout devint sombre, et ma dernière pensée fut pour Julia.