Chapitre 6
Le ravisseur s'arrête et parle avec un homme.
- Voilà ce qu’elle devra porter ! Et je veux que le boulot soit bien fait. N’oublie pas, brune, cheveux aux épaules à peu près un mètre soixante-dix, environ quarante-cinq ans et il faut que le visage soit méconnaissable.
- Compte sur moi Matt !
Matt remet les bijoux, ma carte de police et le manteau à son complice et quitte rapidement les lieux.
Fin du flash-back
- Qu’est-ce qui a bien pu se passer !? (s'interroge Julien)
- Il faut que je me remémore cette voix ! (s’inquiète Céline)
Julien et Céline repassent la b***e en boucle pour tenter de se rappeler à qui appartient la voix de cet homme.
Cet enregistrement leur permet de comprendre que j'ai bien été enlevée. Mais ils ne peuvent pas être sûrs que je sois encore en vie ce qui est un véritable calvaire pour l'équipe qui s'inquiète tant pour leur capitaine.
Les semaines passent et l’enquête n’avance pas vraiment. La famille ainsi que les collègues commencent à perdre espoir, même s'ils n'abandonnent pas pour autant. La peine et la colère sont dans tous les esprits.
Loin du commissariat dans une maison de campagne du médoc, une pièce sombre, éclairée par la simple lumière du jour, dans laquelle se trouve seulement un vieux matelas sans drap, des murs défraîchis et une fenêtre teintée munie de barreaux en métal. Dans cette pièce, je suis enfermée avec des vieux vêtements sales, les cheveux ébouriffés et un visage fatigué qui laisse en apparence un coquart bleu jaunâtre. Je suis attachée par deux chaînes assez longues que je porte à chaque bras.
J'entends une clé tourner dans la serrure. Tel un reflex de défence, je me mets contre le mur et me cache le visage. Matt entre et s’approche avec un plateau repas peu appétissant.
- Ne te cache pas ! Ça ne sert à rien tu sais !
Matt pose le plateau à terre et se met à genoux devant moi en passant délicatement sa main dans ma chevelure.
- Regarde-moi quand je te parle ! (sur un ton très agressif)
Je ne bouge pas et reste le visage contre le mur, terrifiée par ce que cet homme malsain pourrait encore bien me faire.
- Qu’est-ce que je viens de dire ? (s'énerve t-il)
Matt l’attrape violemment par le bras et serre très fort.
- Tu ne veux pas manger ?
- Ta bouffe est dégueulasse tout comme toi !
- Ne fait pas ta maligne Joséphine ! Je t’assure ! Tu vas me payer pour toutes ces années où tu m’as collé au train !
- J’ai confiance en mon équipe et quand ils remonteront jusqu’à toi, ils ne te feront pas de cadeau.
- Tu te laisses crever c’est ça ! Ben je peux te dire, qu’il est hors de question que tu te laisses crever de faim. C’est ça où les piqûres !
Joséphine ne répond pas et évite son regard.
- p****n ! Tu vas bouffer ton assiette ! Sale flic minable ! très agressif.
- Monier ! Vaut mieux pas que je m’en sorte sinon tu vas en baver.
- Tu devrais m'appeler Matt !
- Certainement pas ! Je te jure que quand ils vont te retrouver, je ne te ferais pas de cadeau espèce de psychopathe.
- Je te conseille d’éviter les menace ! Ne t’en fais pas, tu crèveras ici ! Mais je veux te voir souffrir, te voir mourir dans d’atroces souffrances et voir ta sale petite gueule terrifiée.
- Espèce de s******d !
- Quoi ! Répète ! (d'un air menaçant)
- Je ne te ferai pas ce plaisir !
- Mange maintenant et je ne veux plus t’entendre ! Sale traînée.. va !
Matt Monier arrive à ses fins et jubile en me regardant manger les horrible pâtes collantes, sans garniture.
- Tu es fou ! Pourquoi tu t’acharnes comme ça sur les femmes ?
- Parce que ça me branche tu vois ! Bientôt, ça sera ton tour, tu vas te rendre compte en vrai, du bon coup que je suis ! Tu verras, tu prendras ton pied.
- Ne me parle pas comme ça, je ne suis pas ta copine ! (s'exclame-t-elle)
- Tu es ma prisonnière, à partir de là je fais ce que je veux avec toi.
Matt me fait un sadique clin d’œil et s’en va. Les larmes roulent le long de mes joues. Je fais preuve de bravoure face à Matt, mais je sais très bien dans le fond qu'il ne me laissera jamais partir, que je suis condamnée à rester là et qu'il finira à un moment ou un autre par m'exécuter.
Au commissariat, Céline arrive dans le bureau de Julien.
- Julien ! (hésitante)
- Oui !
- Ecoutez, j’ai bien réfléchi pour l’affaire sur la disparition de Joséphine et j’ai une idée sur l’identité du ravisseur. Enfin une piste à suivre.
- Dites moi vite.
- Alors je vais déjà vous expliquer comment j’en arrive à cette déduction. Deux jours avant la disparition de Joséphine, nous étions au tribunal pour l’affaire Matthieu Monier et nous avons étudié les affaires sur lesquelles bossait Joséphine, mais pas l’affaire Matthieu Monier car elle ne s'est pas chargée de cette affaire au sein de notre unité et c'est peut-être une erreur que nous avons faite.
- C’est vrai, tu as raison. Elle avait enquêtée sur lui lorsqu'elle travaillait sur Paris. Il a fallu qu'il vienne s'installer ici lui ! Je suis persuadé que ce n'est pas un hasard !
- Le jour où Joséphine a disparu, elle devait rencontrer une femme nommée Amandine Salomé pour relever sa déposition contre Monier. Cette femme ne voulait parler qu'à Joséphine.
- Elle n’a pas fait sa déposition ?
- Non, depuis que Joséphine a disparue, la jeune femme n’a plus trouvé le courage de témoigner. Pour elle c’est un signe qu’elle ne doit pas le faire.
- Donc il est encore dehors !
- Je me suis procurée l’enregistrement de son audience au tribunal en deux mille neuf. J’ai essayé de comparer les voix, mais franchement je n’arrive pas à être sûr que se soit lui.
- Tu as la vidéo ?
- Oui, la voilà.
Julien visionne la vidéo et tombe directement sur Matthieu. Il écoute et met sur pause. Il réécoute ensuite l’enregistrement du portable.
- C’est vrai que c’est insignifiant ! La voix sur le portable peut être rognée ! D’ailleurs on reconnaît à peine celle de Joséphine !
- On l’interroge quand même ?
- Oui, il ne faut rien laisser de côté.
Quelques jours plus tard, Matt se rend au commissariat après avoir reçu une convocation.
A suivre