Chapitre 4 : La petite colombre
Julien est devant ma porte. Il sonne et attend.
- Julien ! Entrez.
Ma mère est présente et attend désespérément des nouvelles. Chloé est également là et attend qu'une chose, que sa maman rentre enfin à la maison.
- Bonjour, je suis Christiane Holliston.
- Julien Calet, je suis commissaire et je travaille avec Joséphine.
- Vous avez du nouveau ? (Demanda Kévin)
- Les nouvelles ne sont pas bonnes mon grand, je suis sincèrement désolé !
- Vous l’avez retrouvé ? (Demanda Chloé)
- Notre équipe de plongeurs l’ont retrouvée dans le lac. Elle n’a malheureusement pas survécu.
- Oh non ! NON ! (Hurla Christiane)
- Je suis sincèrement désolé. Toutes mes condoléances!
Christiane hurle, Chloé pleure et Kévin tente de garder son sang froid et serre sa petite sœur dans ses bras.
- Pourquoi ? Qui pourrait lui faire ça ? (demanda Kévin)
- Nous allons tout faire pour le découvrir. Vous pouvez compter sur l'équipe pour donner son maximum.
- On peut la voir ? (demanda Kévin)
- Je crois qu’il serait préférable que vous ne la voyez pas. Mieux vaut que vous gardiez une belle image d’elle.
- C’est si terrible ? (demanda Kévin)
- C'est insupportable Kévin.
- Ok, je vois !
- Quand l'autopsie sera terminée, on vous recontactera pour que vous puissiez organiser ses funérailles.
- D'accord, (dit Christiane)
Julien pose sa main sur l'épaule de Christiane et prend congés. Ma mère ne cesse de pleurer et il en est de même pour Chloé. Kévin s’isole pour sortir ses larmes.
Julien rentre chez lui le regard vide envahit par une profonde tristesse. Il ne dîne pas, il prend juste un café qui boit à contre-cœur. Il entre dans sa chambre et fixe son lit. Il retire ses chaussures et s’assoie sur son lit. Il regarde à côté de lui et passe sa main sur le drap. Il prend l’oreiller à côté de lui et le porte à son visage pour y sentir l’odeur qui s’en dégage. Il le serre contre lui et ses larmes commencent à couler jusqu’à ce qu’il craque totalement. Epuisé par la tristesse, Julien finit par s’endormir en gardant l’oreiller contre lui.
Le lendemain, Julien, arrive au commissariat. De nombreuses fleurs sont déposées sur mon bureau et quelques bougies allumées en mon honneur. Il est touché de voir que ma mémoire reste honorée.
Julien se rend directement à la morgue.
- Alors Fred dites-moi ce qu'il en est ! Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
- Sa mort n'est pas dû à la noyade, c’est sûr. Regardez ces marques sous le cou ! Elle a été étranglée après avoir été ruée de coup !
- Quelle horreur !!
- Comme vous dîtes. Vu que nous savons que c’est bien elle, est-ce qu’il faut que je prenne ses empreintes ?
- Oui, il faut le faire. Il faut une preuve pour déclarer le décès et vu qu’on ne peut pas l’identifier, il y a que ça à faire.
- D’accord ! Mais je crois que même si je sais déjà qui est là, ça va me faire un choc de voir son visage s’afficher sur l’ordinateur.
- Je vais rester avec vous !
- Merci !
Fred prend les doigts avec délicatesse et relève les empreintes. En attendant les résultats, Fred remet une boîte à Julien.
- Je vous remets les bijoux de Joséphine.
- Je les transmettrai à ses proches.
L’ordinateur recherche les résultats d’empreintes pendant que Julien et Fred se lancent un regard de compassion.
- Ce n’est pas normal que ce soit si long (affirma Julien)
- En effet ! Mon ordinateur bug en ce moment.
- Il faut prévenir Baptiste ! Je vous l’enverrais ! Vous ne pouvez pas travailler avec du matériel défectueux !
- Julien !
- Oui !
- Vous allez organiser une cérémonie ?
- Je ne sais pas trop ! Est-ce que Joséphine aurait voulu de ça ?
- Je ne saurai vous répondre.
Julien et Fred patientent encore un instant jusqu’à ce que l’ordinateur informe qu’il n’identifie personne portant ces empreintes.
- Ce n'est pas normal ça ! (assura Julien). Les empreintes sont elles toujours intactes ?
- Oui, le visage est méconnaissable, mais les empreintes sont toujours intactes. Il n'y a absolument rien de partiel.
- Joséphine a ses empreintes enregistrées en tant qu'agent de l'ordre ! Il y a une erreur quelque part ! (s'inquiéta Julien).
- Je fais une comparaison d’empreintes avec celles qu’il y a sur le dossier de Joséphine ?
- Oui oui ! Allez y !
Frédéric ouvre mon dossier agent et y trouve mes empreintes. Il lance la comparaison avec les empreintes qu’il vient de relever sur le corps, Julien se perd dans ses pensées.
Flash-back (6 mois plus tôt)
Je suis avec Julien et nous échangeons une conversation très intéressante.
- Tu as la peau tellement douce.
- Merci ! J’utilise de bonnes crèmes pour le corps.
- C’est pour ça que tu sens toujours aussi bon ! Le soir quand je me couche je sens encore ton odeur sur l’oreiller !
Je sourit. Je suis allongée sur le ventre et savoure les mains de Julien me caressant le dos.
- Mais c'est superbe ça ! Très joli ! (s'exclama Julien).
- Quoi ?
Fin du flash-back.
Julien se concentre sur cette dernière image qu’il vient de voir dans sa tête.
- Fred !
- Oui !
- Est-ce que vous pouvez tourner le corps sur le côté s'il vous plaît.
- Euh oui ! (surpris)
Julien baisse légèrement le drap jusqu’à la hauteur des fesses et regarde fixement le bas du dos. Il regarde le plafond et expire.
- Qu’est-ce qu’il se passe ?
- Il se passe que cette femme n’est pas Joséphine !
- Comment ça ?
- Joséphine a un tatouage dans le dos sur la hanche plus précisément. Une petite colombe.
- Vous en êtes sûr ?
- Certains !
- Elle vous l’a dit ?
Julien ne répond pas, mais ses signes en disent long.
- Ah d’accord ! Je crois que j’ai compris ! C’est sûrement indiscret, mais je crois que vous aviez une relation amoureuse tous les deux. Je suis désolé Julien ! J’étais loin de m’en douter !
- Disons que c’était un peu spécial ! Il n'y avait rien de concret vous voyez ! Enfin ! Je ne sais pas trop comment dire.
- Vous avez peut-être besoin de vous confier ! Je suis là au cas où ! Et je suis discret !
- Oui, vous avez raison. En fait, ça n’avait rien d’une histoire d’amour, nous voulions préserver notre vie professionnelle et parfois, on voulait s’accorder un peu de bon temps. Disons que ça s’arrêtait là ! On passait de bons moments ensemble de temps en temps. Une sorte de relation sexfriend.
Julien se confit, mais n’est pas à son aise ce que ressent parfaitement Frédéric.
- N’ayez pas honte Julien ! Joséphine et vous, êtes tous deux célibataires, il n'y a pas de mal à s’accorder un bon moment de temps en temps, quelle que soit la manière. Vous n’avez fait de mal à personne.
- Non, mais je crois que je me suis fait du mal à moi-même finalement.
- Vous auriez voulu quelque chose de plus concret ?
- Je ne sais pas ce que j’aurais vraiment voulu, mais une chose est claire dans ma tête maintenant, c’est que j’éprouve quelque chose de fort pour elle et bien au-delà de l’amitié et je suis fou à l’idée de la perdre… Enfin !
- Vous en êtes tombé amoureux ? »
Julien ne répond pas, mais fait comprendre que oui par des signes.
- Je suis désolé !
- Retour à la case départ ! Il va falloir identifier cette femme maintenant ! (affirma Julien).
À ce moment-là, l’ordinateur indique que les empreintes ne correspondent pas. Julien s’en va à la fois soulagé, mais également effrayé de la tournure que prend l'enquête.
Le corps qui a été retrouvé dans le lac n’est donc pas le mien. Les empreintes ne correspondent pas, de plus, je porte un tatouage qui n’apparaît pas sur ce corps.
A suivre