La nuit s’était abattue sur Versailles comme un voile d’encre brodé d’étoiles, et les lanternes suspendues aux galeries répandaient une lueur tremblante, semblable à une constellation terrestre. Dans l’air froid du crépuscule, les jardins retenaient leur souffle, comme s’ils pressentaient les tourments qui s’apprêtaient à éclore entre leurs haies dociles et leurs bassins figés. Françoise marchait seule sous les arcades, son manteau de velours noir épousant sa silhouette avec la grâce d’une promesse silencieuse. Son esprit bouillonnait. L’annonce officielle du mariage entre le roi et la princesse espagnole avait résonné dans la cour comme un glas dissimulé sous les fanfares diplomatiques. Chacun y voyait une victoire politique. Elle n’y voyait qu’une condamnation. Elle s’arrêta près d’une

