Il y a des libertés qui ne s’annoncent pas comme des délivrances, mais comme des vertiges. Françoise les découvrit dans les mois qui suivirent cette entrée silencieuse dans un monde nouveau, où plus rien ne la retenait — ni homme, ni nom protecteur, ni rôle assigné avec évidence. Elle n’était plus l’épouse attentive, ni même seulement la veuve respectable. Elle était devenue une femme sans attache visible, et cette absence de liens, loin de la rassurer, l’exposait à tous les vents. Elle sentit très vite que cette liberté inquiète dérangeait. Une femme seule, surtout lorsqu’elle n’était ni jeune ingénue ni vieille recluse, inspirait une méfiance instinctive. On ne savait que faire d’elle. On l’observait comme une énigme vivante. Françoise le percevait dans les regards qui s’attardaient tro

