XIIl était trois heures, et dans la salle des assises le jour commençait à baisser. Une foule énorme se pressait sur les bancs, s’amassait dans les couloirs, refluait jusque dans les tribunes réservées aux avocats et aux journalistes. Dans un recoin, au premier rang, isolées cependant et à l’abri des regards curieux, Antoinette et la tante Isabelle assistaient, depuis le matin, à l’affreux débat dans lequel était engagé tout ce qu’elles avaient de plus cher au monde : l’honneur et la vie de Robert. Devant elles s’étendait l’espace vide au milieu duquel se dressait la barre, et, plus loin, la table supportant les pièces à conviction : une écharpe de laine et un mouchoir de soie. Tout au fond, la Cour impassible et effrayante siégeait dans sa sévère gravité. À gauche était le jury, et à dro

