VIIIl était sept heures du matin, et Carvajan, fidèle à ses habitudes matineuses, marchait déjà depuis longtemps dans son cabinet comme un ours en cage. Le silence s’étendait encore sur la ville, engourdie par le sommeil d’un lendemain de fête. Le soleil montait éclatant dans le ciel. Enfilant obliquement la rue étroite et haute, un de ses rayons dorait la fenêtre du vieux logis et traçait sur le plancher une raie lumineuse. Dans la traînée blonde qui perçait le rideau, des atomes poudreux dansaient comme des sylphes ailés. Et malgré cette clarté joyeuse et chaude, Carvajan, sombre, le front lourd, tournait et retournait dans son esprit des pensées amères. Ainsi, au moment où il croyait toucher au but et n’avoir plus qu’à étendre la main pour recevoir le prix de trente ans de luttes, il s

