IVCe n’avait pas été sans une émotion profonde que Pascal avait revu La Neuville. Parti étant presque un enfant, il revenait un homme. Dans les longues méditations de sa vie solitaire à l’étranger, il avait beaucoup discuté avec lui-même les causes qui avaient amené son départ, et pas une fois il ne s’était senti troublé par un regret. Il avait fait ce qu’il devait faire. Conduit par les circonstances à juger son père, il s’était enfui, comme pour se punir de son manque de respect, et s’était jeté à corps perdu dans le travail. Peu à peu il avait senti en lui un grand apaisement. L’éloignement avait étendu des voiles propices entre son souvenir et la terrible figure de Carvajan. Il en était venu à ne la plus voir qu’effacée et adoucie. Pendant ces années d’absence, seul dans l’immensité

