Pascal savait à quoi s’en tenir sur l’ambition de son père. L’ex-garçon de magasin avait un orgueil silencieux et sauvage qui lui faisait juger toutes les grandeurs réservées à sa haute capacité. Les obstacles ne le gênaient point : il les tournait ou les renversait. Il était de ces hommes qui, partis de rien, arrivent à tout, et ne s’arrêtent jamais, faute de moyens. Il osait et, quand il avait échoué une fois, recommençait jusqu’à ce qu’il eût réussi. Depuis que Pascal était revenu, le banquier se montrait agité. Il avait modifié ses habitudes, s’arrêtait pour parler aux gens dans la rue, et ne tarissait pas sur la joie qu’il éprouvait de posséder son fils. La maison de la rue du Marché prit un autre aspect. Les fenêtres, ordinairement closes, s’ouvrirent, et le logis perdit son air de

