Episode 1

2191 Words
Assise au fond de la salle de classe, Melissa comptait ses pièces de monnaie gagné sur la vente de ses avocats pendant que l’enseignant remettait les bulletins de note du second trimestre. Dans sa tenue verte, couleur par excellence des écoles primaires cette ville, elle se laissa aller aux légers sourires lorsqu’elle se rendit compte que la recette du jour était considérable. Sa concentration sur son revenu du jour lui avait bouché les oreilles. Son nom avait été lut plus d’une fois sans qu’elle ne s’en rende compte. En colère, le maitre vint jusqu’à elle. -tu es encore dans cette classe ? On t’appelle dix fois tu n’entends pas ? Elle cacha rapidement son sachet d’argent mais le maitre avait déjà vu. - donnes-moi ce paquet Melissa : quel paquet ? -celui que tu viens de cacher Pendant que l’enseignant parlait, elle passait le paquet à son voisin de banc qui le passait à son tour à un autre voisin. -je vais te fouiller et si je trouve ce paquet tu vas venir récupérer ton bulletin avec tes parents. Melissa : je vous dis que je n’ai pas de paquet, est-ce que je suis une menteuse ? On refuse le mensonge chez nous. L’enseignant lui ordonna de se mettre debout et se mit à la fouiller. Il ne trouva rien. Sa colère doubla. -toi l’enfant ci, on va faire quoi de toi ? La paresse à l’école, c’est toi, le mensonge, c’est encore toi. Tu es même sorti dernière de ta classe ça ne te dis rien. Tu n’as pas pitié pour tes parents qui souffrent pour payer ta pension ? Melissa : mon peuple péri faute de connaissance. Monsieur, c’est moi et moi seul qui paie ma pension et toutes mes fournitures scolaires depuis que je suis au cours élémentaire. -tu es une menteuse Melissa : est-ce que je vous demande même de me croire ? Je veux moi mon bulletin -c’est sur la table. Sache que tu es la dernière de la classe et que tu resteras dernière toute ta vie. Tu ne peux rien devenir si tu joues avec tes études de cette manière. Tu penses que tes avocats la vont te permettre de faire un jour quelque chose ? Melissa : c’est avec l’argent de mes avocats qu’on mange chez nous le soir. Vous parlez même comme ça parce que vous n’avez pas faim hein. Attendez le jour que vous allez vouloir acheter mes avocats. -tu ne prends pas au sérieux ce que j’essaie de te faire comprendre. Je te dis que tu dois te concentrer sur l’école et laisser un peu cette histoire d’avocats. Tes parents peuvent au moins vous faire manger. Melissa : ceux-là ? Que la bière de mon père souffre de quoi ? Que ma mère est guérie quand ? -tu as quinze ans et tu es encore au cours moyen deux. Tu penses que tu vas t’en sortir ? Regardes comment tu es la plus vieille de la salle. Tu as déjà de gros seins, tu es déjà une femme du mariage. Tu vas t’en sortir ? Melissa : monsieur ooo, Dieu n’a pas tracé le même chemin pour tout le monde. Avec mes quinze ans je peux aller vivre n’importe où, je vais me battre jusqu’à m’en sortir. Mais il faut prendre même un vieux garçon de l’université et le mettre une seule seconde dans ma situation. Il va lire l’heure. Le maitre eut un éclat de rire et alla ramasser le bulletin de la jeune fille pour le lui remettre. En le remettant entre ses mains, il vit dans ces yeux cette détermination à tout faire pour satisfaire au moins le ventre de sa famille. Il en fut ému. -bats-toi jeune fille, bats-toi ! Melissa : merci monsieur ! Même comme je suis dernière. J’ai même eu combien pour être dernière ? Donc toute la classe m’a dépassé ? Wanderful ! Tous éclatèrent de lire. Lorsque le maitre sortit de la classe, elle récupéra son paquet et le compta à nouveau pour s’assurer qu’aucune pièce n’avait été détournée en route. La remise des bulletins s’était rapidement terminée. Elle avait encore son peu de marchandise dans le sac. Elle profita du fait que tous les enseignants avaient une réception dans un restaurant du coin pour faire la prospection de son doux fruit. Elle attendit qu’ils soient tous installé. Deux gros avocats en main, elle fit une entrée fracassante dans la salle. Melissa : avocat beurre par ici mes chers enseignants. Pour accompagner vos battons de manioc. De gros avocats bonheurs… Un monsieur s’écria, -vas vendre ailleurs, ici ce n’est pas le marché. La directrice de son établissement répondit, -laissez la faire, admirez plutôt son courage. Elle illumina son visage d’un large sourire. De table en table, elle présenta ses avocats en prenant le soin de donner toutes les vertus qu’elle connaissait de l’avocat. Sur l’une des tables, elle fut à court d’idée à cause du fait que son maitre y était assis. Melissa : avec mes avocats… Eurrr… Avec mes avocats vous pouvez même draguer une fille hein monsieur. -à l’école primaire tu parles déjà de draguer ? Melissa : ça ne fait rien si je suis à l’école primaire. Je dis ce que j’ai déjà vu. J’ai un client qui avait gardé quatre de mes avocats à sa copine. Aujourd’hui elle est au quartier, elle est enceinte. Mes avocats sont bien en toute situation. Il faut seulement acheter et venir me dire. -mon Dieu ! D’où sors-tu une telle réflexion ? Melissa : si dehors vous trouvez un avocat meilleur que mes avocats, j’arrête de vendre. En plus j’ai le couteau pour fendre ça devant vous. Il y’a le gouter mais si vous goutez trop vous payez hein. Il fallait être démuni de cœur pour laisser cette jeune enfant quitter la table sans lui acheter son produit. Il ne lui manquait plus que quelques avocats. Son maitre les acheta tous et lui remit un surplus pour son transport. Cette journée fut pour elle l’une des meilleures. Elle avait peut-être échoué en classe mais ses poches compensaient cet échec. Une fois à l’extérieur pour rentrer chez elle, elle trouva sur sa route une voisine du quartier. Une jeune femme âgée de la trentaine. Celle-ci cherchait un moyen de transport pour amener son sac du marché jusqu’à la maison. Melissa courut jusqu’à elle. Une moto était déjà devant elle et demandait la destination. -oui la mère, on vous laisse où ? Melissa : on ne la laisse nulle part. Il faut partir ooo, désolé. La jeune femme comprit ce que voulait la petite. -Melissa tu es sûr que tu vas pouvoir porter ça jusqu’à la maison ? C’est mieux que j’emprunte la moto Melissa : tata tu vas donner cinq cent franc à cet homme pour qu’il roule sur son engin et laisse tes affaires à la maison alors que je peux porter ça à quatre cent franc. J’arrive à la maison je dépose directement dans ta cuisine. Je classe même si tu veux. Le conducteur de moto se mit en colère. -c’est quoi de me tuer le marché ? Si tu veux, tu peux t’acheter une moto. En attendant quitte là. Melissa : quitte là aussi. Tu penses même que quoi ? Tu me parles fort pourquoi ? Laisse la cliente décider si elle va partir avec toi ou pas. Melissa savait déjà qu’elle allait être choisie. Les yeux de chien battu qu’elle faisait ne pouvaient pas être facilement vaincus. Ses prévision fut accomplies et elle et le conducteur dû s’en aller en colère. Le sac n’était pas pesant, c’est la distance qui était kilométrique. Ce n’était guère un problème pour la jeune fille qui pouvait passer ses journées à marcher à la recherche d’un client potentiel. Sur la route, elle devait trouver un moyen de faire remonter sa main d’œuvre. Melissa : tata si je classe ça à la maison ça fait une fois cinq cent franc, non, s’il te plait Sa doléance fut acceptée. Elle accéléra le pas pour vite arriver. Le jour était encore à son apogée, elle avait encore le temps de se faire des sous avant la tombée de la nuit. Trente minutes lui suffirent pour terminer cette commission. Ne pouvant attendre que la dame arrive à la maison, elle alla chez eux se changer pour aller au grand marché continuer son petit commerce. Flaques de boues et rigoles nauséabondes, étaient le parcours jusqu’à la cour de la maison. Construite au-dessus d’un marécage des plus risquée, cette petite maisonnette faite de planche et dépourvue de chambre à coucher était la demeure d’une famille qui comptait cinq membres. Sautant de pierre en pierre pour ne pas se retrouver dans l’eau, la jeune fille était habitué à son parcours. L’unique pièce de cette petite cabane en zone rurale leur servait de cuisine et de séjour. Deux chaises en bambou et un petit tabouret étaient les seuls meubles de la pièce. Un grand matelas qui était détaché la nuit et replié le jour était leur exemple de lit à coucher. Seulement, à son arrivé, le grand matelas était par terre. Elle fut envahie de peur. Une seule personne avait l’habitude de sommeiller en journée et ceux à cause d’une santé dégradante. La jeune fille jeta un coup d’œil et se rendit compte que sa maman se roulait dans tous les sens. Elle courut vers elle. Melissa : tu as quoi mama ? Ça fait mal où ? Sa mère se touchait juste le ventre sans pouvoir répondre. Melissa : au ventre ? Ou bien à la tête ? Tes médicaments sont où ? Elle lança la main et prit la boite de médicament. C’était vide. Melissa : ton remède finit tu ne me dis pas pourquoi ? Tu veux partir nous laisser à qui ? Pourquoi tu es seule à la maison ? Sa mère laissa une goutte de larme s’échapper de son visage. Elle voyait dans quelle misère elle avait plongé sa jeune fille à fleur d’âge. Melissa : bon, je cours chez ma’a para. On est endetté mais elle va surement accepter de me donner les médicaments. J’ai un peu d’argents sur moi. Lorsqu’elle voulut s’en aller, sa mère lui tint la main et secoua sa tête à la négative. Melissa : non que quoi mama ? Tu veux que je te laisse souffrir comme ça ? Tu es même comment ? -je ne veux plus te voir souffrir pour moi. Je veux que tu vives comme les jeunes de ton âge. Melissa : je ne peux pas vivre comme eux. Je dois vivre comme ça jusqu’à ce qu’on trouve un médicament qui puisse te soigner jusqu’à tu ne tombes plus malade. C’est pour ça que Fabrice et moi travaillons jours et nuits. -je veux vous libérer, je veux que ça cesse. Pendant qu’elles parlaient, Fabrice, le premier né de la famille, entra essoufflé. Il prit rapidement un gobelet d’eau et porta le médicament à sa mère. Elle le prit et mangea un bout de pain pour faire descendre. Le cœur du jeune homme de la vingtaine d’âge battait à mille à l’heure. Cette fois, il était certain d’avoir perdu sa douce maman. Melissa fut soulager de voir qu’il l’avait trouvé à la maison à temps. Melissa : je voulais comme ça aller acheter le remède sans savoir que tu étais déjà parti. Heureusement ! Fabrice : je suis arrivé elle criait jusqu’à. Je ne sais pas comment on va faire pour que son mal cesse. Melissa : en tout cas moi je sors encore. Je dois prendre mon argent chez la voisine et aller tacler au marché. J’ai un peu vendu aujourd’hui donc je vais une fois acheter la nourriture qu’on va préparer. Je vais aussi… Une mare de pleure l’emporta. Elle plongea dans les bras de son frère. Celui-ci ne sut quoi lui dire. A leur âge ils n’avaient de vie à eux. Ils devaient se battre pour survivre et non plus uniquement pour vivre. Pendant qu’elle se faisait consoler, le chef de famille arriva. Un gobelet remplit à rebord, marchant dans les flaques d’eaux, riant aux éclats. Il s’approcha de sa progéniture, lança des pas de danse avant de s’arrêter. -vous pleurer pourquoi ? Vous aimez trop pleurer. Vos amis sont au marché en train de tacler pour chercher ce qu’ils vont manger. Vous êtes ici à chialer. Je vais tous vous chasser de cette maison. Melissa s’arracha des bras de son frère et se tint devant son père, les yeux remplis de rage. Melissa : tes amis sont dans des menuiseries à se tailler les doigts pour subvenir aux besoins de leur famille. Ils sont dans les champs, sous des voitures, dans des bureaux, toi tu es là. Misérable, lamentable à te faire entretenir par nous. Un jour tu vas regretter. Il voulait répondre à sa fille. Elle arracha son gobelet de bière et le jeta dans le marécage. Il leva la main pour la frapper mais elle glissa sous ses pieds et s’en alla. Elle courait dans la rue en larmes, elle se demandait pourquoi son enfance devait être parsemée d’autant d’embuche.
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