Son frère avait remarqué son état et s’en inquiétait.
Fabrice : c’est quoi ? Tu as mal à la tête ?
Melissa : surement c’est à cause de la voiture qui tourbillonne trop. Ma tête tourne seulement. J’ai envie de vomir aussi mais ça va passer. Ça va déjà.
Fabrice : J’espère que ce n’est pas autre chose
Melissa : autre chose comment ? Je te dis que c’est la voiture qui fait.
Fabrice : ça va, non ! Ne me tape pas
Deux heures de plus et le bus était arrivé à destination. Les passagers étant épuisés, sortirent pour se reposer dans divers coins de la gare et se ravitailler. Melissa regardait le calendrier dans son téléphone. Elle se savait bien trop forte pour qu’une simple voiture lui fasse tourner la tête. Elle se rendit alors compte qu’elle devait avoir vu ses menstruel depuis fort longtemps.
Se détachant de son frère, elle alla vers Justin.
Melissa : j’ai un souci hein
Justin : dis-moi tout ma tigresse
Melissa : la dernière fois chez toi, tu avais bien mis la c****e, non ?
Justin : c’est quel genre de question ça ? Tu étais là, non.
Melissa : je ne sais pas pourquoi vous faites toujours comme les zozos comme ça. Je t’ai posé une question très simple à répondre par oui ou par non. Est-ce que tu avais bien mis la c****e ?
Justin : Oui !
Melissa : tu finissais alors ta salive pourquoi ?
Justin : toi-même tu demandes pourquoi alors que tu étais là ?
Melissa : ça fait deux semaines que je suis sensé avoir mes règles. Je ne vois rien. Je me suis senti mal dans la voiture mais surement c’était à cause des balancements. Cependant mes règles ne sont toujours pas là.
Justin : ça va venir. N’est-ce pas tu me dis souvent que c’est irrégulier ? Une fois ça avait même fait trois semaines sans venir mais c’est revenu. C’est va venir.
Melissa : ça va, je ne m’inquiète pas vraiment. Je voulais juste me rassurer
Justin : ça va maintenant ?
Melissa : ça va ! Merci hein
Justin : un bisou alors
Melissa : on mange ça ? Pardon allons chercher un petit coin pour nous reposer un peu. On repart dans une heure, le temps que le train soit plein. On a encore du chemin pour le nord.
Elle alla rejoindre son frère. Il fallait trouver un endroit pour se reposer. Il y’avait des bancs mais le temps perdu les avait fait rater toutes les places. Ils allèrent s’asseoir par terre, près d’une touffe d’herbe.
Manger était le cadet de leurs soucis. Ils préféraient discuter de la marche qui les attendait encore. Melissa qui avait fait plus de deux jours sans vraiment dormir finit par s’assoupir dans les bras de son grand frère. Fabrice n’aimait pas beaucoup Justin mais devait respecter le choix de sa sœur. La conversation ne passait vraiment entre les deux.
Pour ne pas s’ennuyer, Fabrice appela sa mère.
Ma’a Martine : oui mon père vous êtes déjà où ? Ta sœur est où ? Vous avez mangé quoi ?
Fabrice : une question à la fois mama. On vient d’arriver là où on va prendre le train pour le nord. On n’a pas encore faim pour manger. Melissa dort un peu, elle est trop fatiguée. Je voulais juste t’entendre.
Ma’a Martine : merci mon fils. Il faut faire comme ça chaque jour pardon.
Fabrice : j’ai compris maman. Comment va Junior ? Il fait quoi ?
Ma’a Martine : il est en train de vendre dehors. Il pleure depuis que vous êtes parti mais ça va aller.
Fabrice : utilise l’argent qu’on t’a laissé un peu un peu. Ne fais même pas jusqu’à le père la connais là où on est.
Le temps de repos était passé. Le moment de prendre la route avait sonné. Ce voyage allait durer trois jours. Melissa se sentait beaucoup mieux. C’était effectivement le voyage qui la mettait mal à l’aise. La première journée de voyage fut assez calme. Entre dormir et bavarder, il n’y avait pas grand-chose à faire. De temps à autre, ils appelaient Martine pour lui donner leur position.
Ils mangeaient peu pour éviter le gaspillage. Justin était en colère de voir sa dulcinée rester dans les bras de son frère au lieu d’être près de lui. Il profita d’un moment où Fabrice était endormi pour faire la remarque à Melissa.
Justin : tu ne peux pas venir t’asseoir à côté de moi, même une minute ? Tu vas te marier avec ton frère ?
Melissa : ça fait quoi si je m’assois avec toi ? Tu as souvent les faux faux problèmes.
Justin : en tout lieu tu privilèges toujours ta famille. Jamais moi ! J’accepte
Melissa : tu vas même d’abord refuser comment ?
Il se tue et laissa une colère germer en lui. Lui qui connaissait le tempérament de sa copine se comportait en parfait inconnu devant ses dires. Constatant qu’il s’était fâché, elle lui sourit.
Melissa : donc tu vas te fâcher à cause de ça ? Attends quand il va se réveiller, vous allez permuter vos places.
Justin : je ne veux plus
Melissa : donc tu penses que je vais te supplier ? Tu vas lire l’heure
Les trois jours du voyage étaient passés. Tous étaient très fatigués. Une journée de pause fut marquée au Nord du pays. Melissa qui n’avait qu’entendue le bruit du train pendant trois long jours voulait explorer cet endroit presque sec dans lequel ils s’étaient arrêté. Justin alla dans un bar du coin tandis que Fabrice et Melissa engagèrent une marche au cours de laquelle ils discutaient sur leur avenir.
Fabrice : j’ai peur de regretter ce voyage un jour
Melissa : ne commence à parler comme ça. Tu sais que c’était ça ou continuer une vie de débrouillardise. Nous sommes déjà à des milliers de kilomètres de chez nous. Regardons devant et non derrière.
Fabrice : j’ai plus peur pour toi. S’il t’arrivait un jour quelque chose, je suis certains que j’en mourrai.
Melissa : quand tu me regardes là, il peut m’arriver quelque chose ? Une dure à cuire comme moi ? Même avec le sel germe je ne peux pas cuire.
Fabrice : ma seule prière c’est que tous ces projets réussissent. Si tout marche exactement comme planifié, je crois qu’on va bien nous en sortir.
Melissa : même s’il y’a des problèmes entre temps, je sais que ça va aller. Nous sommes forts, c’est notre avantage.
Fabrice : on va passer la nuit ici certainement. C’est demain que le voyage commence véritablement. Le désert est à deux heures de route en voiture. Je croix qu’on va y aller tôt demain.
Melissa : quand je pense aux histoires qu’on a déjà racontées sur le désert j’ai peur. J’espère que Dieu sera avec nous pour une fois.
Fabrice : il est toujours avec nous.
Ils marchèrent encore une dizaine de minutes et rebroussèrent chemin. A leur arrivé, Justin s’était commandé une grosse part de viande de bœuf. Melissa fut furieuse de le voir gaspiller ses économies.
Melissa : est-ce que tu sais même que dans quelques jours ce qu’on appelle famine va frapper fort ? Tu es là à manger la viande hein… J’attends seulement quand ton ventre sera en train de chanter.
Fabrice : c’est son argent, c’est ta part ? Laisse-le manger
Melissa : le problème c’est que quand ça se gâte c’est pour tout le monde. On ne pourra pas manger sans lui en donner lorsqu’il n’en aura plus. Ça va pénaliser tout le monde. Il fait comme si c’est l’avion qu’on va prendre pour partir.
Justin : moi j’ai mon argent. J’ai à manger dans mon sac. Tu penses que quoi ?
Elle le laissa là et s’en alla. La nuit passa assez rapidement. La matinée était agitée. On les pressait pour embarquer au plus vite. Ceux qui trainaient risquaient être abandonné. A quatre heures du matin ils étaient déjà sur la route. A leur arrivé, on les amena dans une broussaille sèche à l’entrée du désert. Ils devaient recevoir des instructions et passer à l’accueil.
Un monsieur en tenue militaire était placé sur une pierre et les regardait de haut. Lui qui était censé lutter contre cette pratique était la tête de file du petit groupe. Il prit la parole.
-ici c’est moi que vous devez désormais écouter. Ceux qui ne vont pas m’obéir vont certainement crever. La traversée du désert va durer plus de trois semaines si nous sommes assez rapide. Un mois au cas où nous sommes lent. Puisque mon temps est précieux, vous allez vous battre à aller à mon rythme. Celui qui n’y parvient pas sera abandonné sur la route. Celui qui n’obéi pas sera abandonné. Celui qui n’a plus de vivre sera abandonné. Celui qui crée le désordre sera abandonné.
Il fit une courte pause et reprit,
-si une femme dans ce groupe sait qu’elle est enceinte, qu’elle se retire. Comme elle est arrivée jusqu’ici, on se chargera de la faire rentrer. Si pendant la traverser une femme ressent un quelconque malaise, je vais la mettre de côté, peu importe ce qu’elle va dire. Je serai sans cœur car j’ai prévenu.
Melissa qui n’avait toujours vu ses règles commença à s’inquiéter. Elle priait que ce ne soit qu’une irrégularité dans son cycle comme d’habitude. Justin qui savait ce qu’il avait fait commença à avoir peur. Si elle était enceinte, elle n’allait certainement pas accepter d’être retarder toute seule. Personne ne parla. Le chef conclut que tout allait bien.
-je suppose qu’il n’y a aucun cas de grossesse par ici. Maintenant vous allez passer à la caisse. Chacun va recevoir un billet qui sera contrôlé chaque matin. Si jamais quelqu’un perd son billet on va considérer que la personne n’a pas payé et on va donc l’abandonner. Pour ceux qui ne veulent pas marcher, il y’a des chameaux mais ils coutent chères. Vous avez jusqu’à ce soir pour être prêt.
Melissa s’écria,
Melissa : je pensais qu’on allait partir maintenant.
Il posa son regard sur elle et sentit son cœur faire des booms. Le visage de Melissa emballé dans un foulard avait quelque peu envouté cet homme. Il était resté quelques secondes à la mater avant de revenir à lui.
-tu es bête ? Quand tu vois l’ampleur du soleil qui veut déjà se lever là, tu penses qu’on peut partir en journée ? On voyagera de six heures du soir à dix heures du matin. On se reposera en journée. Déjà le soleil est très fatigant et aussi nous ne devons pas nous faire remarquer. Nous avons des éclaireurs qui vont et viennent nous dire comment se présentent les choses.
Melissa : c’est une raison de dire que je suis bête ? J’ai seulement mal demandé ? Mecde !
-tu t’appelle comment ?
Melissa : la tigresse, Melissa la tigresse.
-je sens qu’on risque t’abandonner en route
Melissa : je te renvois cette malchance
Il sourit et les indiqua là où il fallait payer. Il ne la quittait pas du regard. D’un coin d’œil, elle ne cessait de le mater à son tour, de lui sourire sans jamais faire en sorte qu’il s’en aperçoive.
Tous avaient payé à la caisse. Un grand marché était juste à côté. Il fallait aller se ravitailler en eau. Chacun devait prendre la quantité suffisante à transporter.
Melissa et Fabrice prirent chacun un bidon de vingt Litre. Justin remplit quelques bouteilles tout justes. Melissa s’en moqua.
Melissa : tu es bien né mon père. Tu pars ou avec ça ? Est-ce que tu connais même là-où on part ? Tu veux mourir sec ?
Justin : je ne bois pas beaucoup d’eau. Ça va aller, ne t’inquiète pas pour moi.
Melissa : est-ce que je m’inquiète même ? J’ai seulement peur qu’après tu viennes me demander mon eau. Je vais te répéter net ce que tu viens de dire.
L’heure de la marche était sur le point de sonner. Chacun avait son bidon d’eau sur la tête. Il y’avait deux meneurs pour diriger devant et deux autres derrières. Le chef était dans la foule pour s’assurer que personne ne présentait les signes d’un malaise quelconque. Il s’était faufiler jusqu’à se trouver près de Melissa.
-c’est toi la tigresse qui m’a montré ses griffes tout à l’heure ?
Melissa : donc tu glissais au milieu des gens comme ça pour venir me parler ? Mon bidon pèse même d’abord. Si tu veux qu’on cause tu prends ça, sinon tu quittes à côté de moi. Je n’ai pas une double énergie à gaspiller.