Episode 10

2092 Words
Le chef admirait ce caractère de lionne. Il ne lui avait pas répondu. Il marchait à ses côtés, oubliant tous les autres qu’il était censé surveiller. Il contemplait ses moindres faits et gestes, souriait à ses rires et jalousait lorsque Justin s’approchait d’elle. Fabrice avait constaté l’attachement du chef pour sa sœur. Il savait qu’en ce moment, il valait mieux être en bon terme avec lui. Il tira sa sœur à l’écart des autres pour lui parler. Fabrice : ta bouche hein Melissa, tu ne sais pas que si on cause bien avec lui ça va nous aider ? Reste gentil au moins pour une fois. Melissa : donc je suis méchante ? Tu me traites de méchante fille hein Fabrice : non sœurette, je dis juste que si nous nous entendons bien avec lui ça va beaucoup nous aider. Lorsqu’il parlait il semblait très soucieux ses voyageurs. L’affaire que tu n’as pas vu tes règles depuis la est suspecte donc… Melissa : fermes ta bouche ! Je t’ai déjà dit que c’est juste une irrégularité. Il n’y a pas de problème particulier. Jamais je ne me suis laissé aller sans protection. Fabrice : chaque fois que vous finissez tu regardes comment il enlève le préservatif ? Melissa : oui mais la dernière fois quelqu’un a frappé à la porte. C’était toi. Il est vite allé à la douche pendant que je m’habillais. Je n’ai pas vraiment eu le temps de vérifier comme d’habitude. Fabrice : je soupçonne ce s****d de t’avoir enceinté. Si c’est le cas je ne sais pas comment on va faire sur la route. Melissa : comment faire pour vérifier ? Je suis sûr que je ne suis pas enceinte. Je ne peux pas faire attention comme ça pour tomber dans le piège. Que c’est quoi ? Son humeur avait changé. La peur l’avait envahi. Le découragement se frayait déjà un chemin. Ils avaient rejoint les autres. Le chef avait constaté son changement d’humeur. Il voulait lui demander mais avait peur de sa réaction. Il marchait tout près d’elle pour s’assurer que tout aillasse bien. La marche était sans arrêt pendant toute la nuit. Pour ceux qui étaient fatigués, il fallait continuer sans eux. Ils devaient rattraper les autres plus tard. La nuit était à son plein, minuit venait de sonner. Melissa ne sentait plus ses pieds. Elle s’était arrêté un instant et avait descendu son bidon d’eau. Fabrice avançait lentement pour qu’elle ait le temps de le rattraper après son repos. Justin était devant avec les meneurs. Lorsque le chef se rendit compte de la pause de Melissa, il s’arrêta et fit mine de vouloir uriner le temps que les autres passent devant. Dès qu’elle fut seule, il s’empressa de prendre place à côté d’elle. -la tigresse du groupe ! Depuis tu es la seule femme qui a marché pendant aussi longtemps. C’est la première fois que tu te reposes. Melissa : je cherche même comment être gentille avec toi mais je ne trouve pas. Je dois t’appeler chef ou bien ? -je m’appelle Charles ! Sauf que si tu m’appelles comme ça ils vont penser que je te fais des faveurs. Je ne veux pas qu’on te regarde mal Melissa : tu as passé la journée derrière moi. Tout le monde pense déjà qu’on est venu ensemble. Charles : tu es différente, tu es particulière. Tu es folle aussi, désordonné aussi. Tu fais tout ça comment ? Melissa : je ne sais pas. Je sais juste que je suis très fatigué mais on doit se lever pour rejoindre les autres. Charles : je porte ton bidon à une condition Melissa : mieux tu laisses, je sais que je vais refuser. Charles : à la condition que tu marches tout le reste de temps sans plus te reposer et que tu essaie d’animer pour encourager les autres. Tu as fait rire les gens plus d’une fois. Ils peuvent te voir comme un exemple et être plus courageux. Melissa : d’accord ! En espérant que moi-même j’arrive jusqu’au bout de l’aventure Charles : tu vas y arriver. Tout le monde peut y rester mais toi tu vas certainement arriver Elle avait calmé son côté agressif. Elle parlait et souriait comme jamais elle ne l’avait fait avec personne. Il avait porté son bidon, ils avançaient désormais ensemble. Lorsque Fabrice aperçut de loin qu’ils étaient ensemble, il reprit sa marche. Melissa était curieuse de savoir qui était réellement son compagnon de marche. Melissa : sinon pourquoi l’aventure ? Je te vois en tenue militaire. Ça veut dire que ta vie dose déjà. Ce que je ne comprends pas c’est ce que tu fais parmi nous. Charles : les choses allaient bien jusqu’à ce qu’on me sabote au service. J’ai gagné une mission qui payait très bien même si c’était très risqué. Des collègues sont allés tuer ma côte devant mon chef et me voici. Je ne pouvais pas rentrer vers ma famille sans rien alors je les ai envoyé le reste de mes économie et je me suis lancé à l’aventure. Melissa : Chacun a sa part d’histoire. En tout cas bonne chance Charles : donc tu es souvent gentille ? Melissa : comme j’ai dit bonne chance tu crois que c’est la gentillesse ? Attends la prochaine fois. Charles : on doit avancer un peu plus vite pour rejoindre les autres. On a pris beaucoup de retard. Melissa : c’est à cause de toi, non. Tu es là à parler au lieu de marcher, voilà maintenant qu’on va arriver étant essoufflé. Charles : c’est toi qui m’as posé une question Melissa : tu étais obligé de répondre ? Charles : tu es de quel côté finalement ? Mince ! Melissa : voilà que tu parles toujours Il avança plus rapidement, la laissant derrière. Melissa : voilà comment vous êtes. Tu me laisses seule derrière. S’il m’arrive quelque chose, je vais devenir quoi ? Hein ? On fait ça ? Donne-moi d’abord mon bidon. Je n’aime pas le mépris. Elle courut le rejoindre. Elle voulut prendre le bidon mais il ne la laissa pas faire. Furieuse, elle passa devant lui en course et rejoint son frère. Fabrice : vous avez finit votre folie ? Vous jouez au désert hein. Vous êtes bien Melissa : il est nuisible et sans cœur. Il me laisse seule derrière. C’est méchant. Ce genre de scène s’était très souvent répété entre Melissa et le chef pendant les unes semaine de marche qu’ils avaient déjà fait. Justin qui avait constaté l’affinité entre sa copine et le chef avait désormais des envies meurtrières. Seulement, le titre de Charles et sa carrure le dispensait de toute menace. Une semaine à marcher sans avoir de soucis. Ce matin, le climat ne leur était pas favorable. Un vent v*****t soufflait de partout. Le chef craignant qu’une tempête de Sable ne frappe. Une pause avait été marquée jusqu’à ce que le vent se calmât. Il fallait se coucher à plat ventre et fermer les yeux. La peur les avait envahis. Une jeune fille qui y était avec sa mère avait un instant levé la tête pour voir ce qui se passait. Elle en avait eu plein les yeux. Le sable était entré violement jusqu’au fond de ses yeux. Ses cris avaient alerté sa mère qui sans réfléchir s’était levé, les yeux ouvert. La même scène venait de se reproduire. Leurs cris avait firent paniquer tout le monde. Par peur de finir comme les deux femmes, personne n’osait se lever. Il fallait pourtant les aider. Le chef avait en sa possession un médicament pour nettoyer les yeux dans ce genre de situation. Se lever et risquer ses yeux ou rester là et les entendre souffrir ? Il fallait choisir. Melissa ne supportait pas cela. Elle voulut se lever mais Charles la retint en lui tenant la main. Elle devait crier pour se faire entendre à cause du vent qui bouchait les oreilles. Melissa : elles vont mourir, il faut les aider. Charles : si tu te lèves, tu risques finir comme elles. Restes-là, je vais les calmer. Il rampa sans lever les yeux jusqu’à elles. Il les tira per terre. Elles devaient attendre que le vent se calme pour qu’il puisse leur administrer les soins. Deux heures de temps plus tard, le vent avait cessé de souffler. La potion avait rapidement calmé les yeux de la jeune fille. La maman qui avait préalablement les problèmes d’yeux avait du mal à s’en remettre. Le sable avait été nettoyé mais des larmes de sang coulaient de ses yeux. Il fallait avancer néanmoins. Sa fille ne cessait de supplier le chef de patienter le temps que sa mère reprît un peu de force. -elle ne peut plus avancer dans cet état. Juste une heure de temps et si ça continu je vais avancer avec elle. Elle est malade des yeux. Son médicament lui a été administré hier soir et on ne lui donne ça qu’après douze heures. Patientons un peu s’il vous plait. Charles : je suis désolé mademoiselle. J’ai bien mentionné avant de début du voyage que toutes personnes se trouvant dans l’incapacité d’avancer seraient abandonnées. Je suis désolé mais c’est comme ça. Quand vous irez mieux, vous allez nous rejoindre. Nous allons marcher deux heures et nous arrêter. Vous aurez tout le temps de nous rejoindre. Melissa : on peut attendre juste un peu. Regarde là chef, on ne peut pas la laisser ici. Si c’est toi-même on va te laisser ? ça fait quoi si on attend et on marche ensuite ? Charles : la tempête est proche. Ce n’est que le vent qui soufflait tout à l’heure. Ce qui arrive sera dévastateur. Nous devons avancer dans l’espoir de trouver un abri. On reste là, on va mourir. Melissa : avancez, je vais rester avec elles. Fabrice : tu ne vas rester avec personne. Ici tu sais très bien qu’il faut garder le cœur loin des choses. Melissa : Mais… Fabrice : passe devant, vite ! Malgré la peine qu’elle avait de voir ces personnes souffrir, elle dû obéir à son frère et avancer. Le chef laissa quelques gouttes de son médicament à la petite famille et continua la route avec les autres. Le vent allait et venait mais ils pouvaient néanmoins le braver. La marche avait duré trois heures sans pause. Les gens n’ayant pas dormi pendant plus d’une journée étaient fatigués. Il fallait cependant s’arrêter à un endroit où s’abriter était possible. Melissa n’approuvait pas la manière avec laquelle les choses étaient gérées. Ces femmes allaient certainement mourir dans cet endroit. Charles s’était approché d’elle pour lui expliquer ce qu’elle refusait d’accepter. Charles : s’il faut attendre toutes les personnes qui ont un problème on va finir mort. Ici c’est comme une jungle. Si tu n’es pas assez fort, les prédateurs t’emportent. Dans ce cas le prédateur c’est la nature. Il faut que tu comprennes cela ma tigresse. Melissa : je ne suis pas d’accord, on pouvait les attendre. Elles vont mourir. Elle… Elle… Elle s’affaiblissait progressivement. Charles la tint pour éviter qu’elle ne finisse par terre. Elle était tombée dans les vapes. Fabrice avait couru vers elle. Le cœur bouillonnant d’inquiétude. Il avait crié son nom mainte fois. Elle ne bougeait plus. Une jeune femme qui était là vint vers eux. Elle avait entendu la conversation de Fabrice et Melissa pendant la marche. -je crois savoir ce qu’elle a Charles : elle a quoi ? -elle est enceinte et son frère le sait. On va devoir les abandonner. Fabrice : non, elle n’est pas enceinte. Vous inventez déjà les choses ? C’est le stress. Quand elle est trop stressée c’est comme ça. N’est-ce pas Justin ? Justin : tu me demandes ? Je connais comment elle marche ? Pardon avançons. Une rage monta dans la tête de Fabrice. Il se leva brusquement et donna une gifle à Justin. Celui-ci voulut répliquer mais le chef se mit entre eux. Charles : Fabrice et Justin, vous restez avec elle. Nous on doit continuer à avancer. Je suis désolé. Sans avoir trouvé d’abris, on ne peut pas faire de pause. Fabrice : tu ne peux pas nous faire ça. Je ne sais même pas ce qu’elle a. Je vais faire comment pour qu’elle se réveille ? Il lui tendit une petite boite d’alcool et du coton. Charles : dans dix minutes tu mouilles le coton et tu passes ça sous ses narines. Elle va se réveiller. Justin : moi je reste là pourquoi ? Si elle est enceinte ça me regarde ?
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