Episode 11

2273 Words
Charles n’avait pas d’autre choix que de laisser sa jeune tigresse et faire avancer les autres. Le cœur saignant, il avançait en espérant trouver rapidement un abri et rentrer chercher Melissa. Malgré qu’il soit le chef et que l’impartialité soit l’une des vertus de la couronne, son cœur avait pris le dessus. Il avait fait avancer le groupe pendant une trentaine de minute. De loin, il avait aperçu un semblant de campement recouvert par le sable. Tous avaient couru vers là. Des piques étaient bien enfouis dans le sol et étaient recouvert de drap. Pendant une tempête, c’était pratique pour s’abriter en espérant que le vent passe rapidement. Il avait vite fait d’installer tout le monde. Il fallait sérer. Le vent était de plus en plus v*****t. Les grains de sables étaient blessant, mais pas plus que la douleur qu’il y’avait dans son cœur. Il se demandait à chaque fois s’il n’allait pas regretter d’avoir laissé sa dulcinée derrière. Une fois tout le monde bien installé, il pensa à rebrousser chemin pour chercher Melissa. L’un de ces ami qui faisait partie des meneurs essaya de l’en dissuader. -tu vas aller mourir pour cette fille ? Tu vas nous abandonner à cause d’elle ? Pardon viens t’abriter. Dans quelques minutes ça sera la terreur. Tu sais très bien qu’on ne peut pas avancer sans toi. Charles : vous le devez. Je dois aller la chercher. -et la famille que tu as laissée derrière là, tu vas aussi aller les chercher ? Et tous les gens que tu as déjà laissés sur ton chemin pendant la guerre, tu vas aller les chercher aussi ? C’est la vie mon chef. Soit on avance, soit on reste sur place. Ne jamais reculer. Il était resté un moment à réfléchir. Sans dire au revoir, il avait retiré son badge de chef et avait rebroussé chemin. Sa détermination à retrouver Melissa était bien au-dessus de toutes les règles qu’il avait déjà eu à fixer un jour. Il avançait avec difficulté à cause du vent qui allait en sens inverse à sa destination. Malheur des malheurs ! Le vent prit une autre tournure. Une tempête des plus fortes était à quelques mètres de lui et avançait fortement. Une course s’empara de ses pieds. Une force grandit en lui. De loin, il aperçut Fabrice qui couvrait sa sœur du mieux qu’il pouvait. Justin s’était déjà abrité sans se soucier des autres. Melissa semblait être toujours évanouie. Charles courut les rejoindre avec les draps qu’il avait emportés du campement. Il fallait se couvrir et prier tous les cieux pour que la tempête ne mette pas long. Le sable les enterra. L’air devint insuffisant. Fabrice serrait sa sœur, il pensait à sa mère, à son frère, à sa vie. Charles lui tenait la main, l’encourageait à sa façon. Chance pour eux, la tempête était de celle qui avançait sans rester derrière. Elle avait vite fait de les traverser pour continuer de l’autre côté. Ils étaient restés couché trente minutes. Une fois le climat paisible, ils sortirent des draps. Quelques minutes de plus et le sable les aurait englouti. Melissa n’était toujours pas revenu à elle. Ça devenait inquiétant. Fabrice ne cessait de sa secouer dans tous les sens. Charles avait un bout de coton alcoolisé sous ses narines. Justin était debout à chercher comment s’en aller pour rejoindre les autres. Justin : moi je pars hein, je ne veux pas mourir ici. Fabrice : c’est ça l’amour que tu clamais pour ma sœur ? C’est de ça dont tu te ventais dans tout le quartier ? Pour la trahir en plein désert comme ça ? Justin : elle m’a déjà un jour considéré ? Je vais la soutenir pourquoi ? C’est forcé ? On doit la laisser ici et partir. C’est le mieux qu’on puisse faire si on veut arriver à temps. Dès qu’il eut fini de parler, il reçut un coup de pied entre les jambes. Melissa venait de se réveiller. Elle se leva brusquement et lui sauta dessus. Charles dût l’arrêter pour qu’elle n’en finisse pas avec Justin. Melissa : c’est quand le chat n’est pas là que les souris danse. Attends quand je vais mieux me sentir. Charles : restes calme s’il te plait. Melissa : qu’est-ce que j’ai ? Je n’ai jamais perdu connaissance. Charles : nous sommes à une journée de marche d’une petite ville qui est dans le coin. J’ai déjà vécu là-bas lord d’une mission. Une fois sur place il y’a des mamans qui font la médecine traditionnelle. Elles vont t’examiner. Melissa : je suis en train de ralentir tout le groupe. Charles : on va s’en sortir. Continuez tout droit. Moi je vais rentrer chercher celles qu’on a laissées derrière tout à l’heure. Si après une heure de marche je ne les trouve pas, je vais vous rejoindre. Dans les normes si elles ont écouté ce que j’ai dit, elles doivent être dans les environs. Melissa : tu vas partir seule ? Je ne veux pas que tu y aille seul Charles : je vais revenir. Il faut que ton frère t’amène au campement. Ce Justin peut poignarder quelqu’un en route donc mieux il part aussi. Je vais y aller seul. Melissa : pourquoi ce changement brusque ? Charles : il y’a des personnes qui lorsqu’elles entrent dans nos vies, on a l’impression qu’on commence tout juste à vivre. Fabrice : si ça ne vous dérange pas, c’est mieux qu’on fasse vite. Une fois qu’on sera à nouveau regroupé, vous pourrez parler de tout. Il s’en alla. Elle avait les yeux rivés sur lui. Au bord des larmes, elle dut se retenir. Justin avait déjà pris de l’avance. Melissa se remettait tout doucement et avançait avec son frère. Fabrice : tout porte à croire que tu es enceinte Melissa Elle fondit en larme. Elle s’assit, ne voulant plus avancer. Fabrice : ne me fais pas ça s’il te plait, lèves-toi Melissa : je me lève pour aller où ? Tout est déjà fini pour moi. Tous ces rêves de faire grandir notre famille. Toutes ces envies de faire la fierté de notre mère. Si dans mon ventre il y’a un enfant je vais devenir quoi ? Il se courba à son niveau. Fabrice : regarde-moi s’il te plait Elle avait la tête baissée, les yeux fermés. Elle pleurait comme jamais son frère ne l’avait vu faire au paravent. Fabrice : aucune situation ne doit nous dépasser Melissa : me voici en plein milieu de désert avec un enfant dans le ventre. Tu te rends compte qu’il est fort probable que je sois enceinte ? Je vais faire comment ? Je vais devenir quoi ? Fabrice : Melissa lèves-toi ! Je suis ton grand frère et je te demande de te lever. S’il te plait, si tu baisse les bras je vais faire comment ? Je ne peux pas avancer sans toi. Nous devons arriver à ce campement avant que la tempête ne refasse surface. Partons sœurette. Maman nous attends tous les deux à la maison. Toute triste, elle se leva. Faiblement, elle avança. Dans sa tête revenait ses souvenirs d’enfance. Dans tous ces souvenirs elle se voyait au front de guerre en train de batailler pour la survie de sa famille. Elle se demandait à quel moment elle avait vraiment vécu comme une personne normale. Son frère lui comptait toutes sortes de blagues pour lui remonter le moral. Son cœur était déjà ailleurs. Sa tête vaguait dans les coulisses de l’abandon. Ils arrivèrent au campement. Tous regardaient Melissa avec un mauvais œil. Qu’elle ait été privilégiée ne faisait plaisir à personne. L’un des meneurs avaient ramassé le Badge du chef. Il s’exclama, -le chef a laissé tomber son badge pour aller chercher cette fille. Cela signifie qu’il nous a tous abandonné. Mais moi je ne peux pas accepter qu’on fasse tout ce chemin pour être abandonné sur la route. Je propose qu’on continu sans lui et sans eux. Melissa : le fou là raconte même quoi ? Il est malade ? Que Charles brave la tempête pour venir nous chercher. Au lieu de revenir avec nous il rentre encore chercher les gens qu’il a laissés derrière. Toi tu viens raconter que quoi ? Ne fais pas ce qu’on va t’arracher les tripes ici hein. En tout cas si tu veux partir, tu pars. Nous on va attendre le chef. -ceux qui veulent attendre ce chef qui ne sait pas garder son trône n’ont qu’à attendre. Ceux qu’ils veulent me suivre et m’accepter comme chef, suivez-moi. Justin : je suis d’accord avec toi frère. En plus cette fille est enceinte. Ça va ralentir tout le monde. Le mieux c’est de les laisser là. Personne ne veut mourir ici. Melissa posa un regard meurtrier sur lui. Il se recula pour éviter qu’elle ne lui enfonce ses griffes dans le corps. Melissa : ce type qui veut être votre chef n’aura aucune pitié quelconque pour vous. Il n’aura rien pour vos yeux si jamais le sable vous aveugle. Il n’aura pas les mots pour vous encouragez si jamais vous êtes fatigué. Et d’après ses dires, il va vous abandonner en route si vous avez le moindre souci. Pour ceux qui vont aller avec lui, sachez que vous êtes déjà mort. Les dires de la jeune femme étaient perçants. Justin qui était contre elle resta là après avoir entendu ce qu’elle venait de dire. En attendant que Charles revienne, d’aucuns essayèrent de dormir pendant que d’autres mangeaient. Justin qui était presque à cours de nourriture allait de personne en personne pour demander un bout de pain ou une gorgée d’eau. Il parlait longuement avec chaque personne sans qu’on ne sache ce qu’il disait par la suite. Lorsqu’il arriva devant Melissa, il l’esquiva. Melissa : tu n’as encore rien vu. Tu as de l’argent sur toi, utilise alors on voit. Parce que quand on vous parle. Tu vas lire l’heure. Justin : je ne t’ai pas parlé, ne me parle pas non plus s’il te plait. Deux heures de temps après, Charles était là avec la petite famille. Tous applaudirent. Il était épuisé. Il se laissa tomber par terre. Melissa courut le soutenir. On lui apporta de quoi boire et manger. Il s’en dormi dans les bras de Melissa tout de suite après. Les yeux posés sur cet homme, elle se demandait ce qu’elle ressentait pour lui. Elle laissait par moment une main glisser sur la joue de Charles. Elle qui était l’une des plus fortes n’arrivait plus à retenir ses larmes. La vie ne lui laissait pas de répit. Elle avait fini par s’endormir à son tour. Tous avaient dormi pendant près de trois heures. La nuit tombait, il fallait reprendre la route. Ils avaient marché pendant assez longtemps pour arriver jusqu’à la ville dont Charles avait parlé. C’était pour tous un moment de joie. Jusque-là, personne n’était resté sur le chemin. Seulement, il se tramait quelque chose entre Justin et certaines personnes du groupe. Dès qu’ils y arrivèrent, Charles et Fabrice amenèrent Melissa dans le petit centre hospitalier qui s’y trouvait. Seule Charles comprenait la langue qu’on y parlait. Il expliqua aux femmes qui s’y trouvaient l’état de santé de Melissa. Celle-ci fut amenée dans une petite salle. Une femme âgée posa ses mains sur la poitrine de la tigresse, souleva sa tête et fixa son regard. Posa une main sur sa joue pour prendre sa température. Au terme de cet examen, elle se mit à sourire. Elle appela Charles et lui donna les résultats des analyses. Il s’attrista d’un coup. Melissa : dis-moi ce que j’ai, s’il te plait. Charles : tu attends un enfant Elle fondit en larme. Bonheur ou Malheur ? Elle ne voulait pas le savoir. Elle sortit de cette pièce et comme une fois pendant son enfance, elle se mit à courir en pleurant. Elle n’écoutait pas Charles qui la suppliait de rester calme. Elle s’arrêta en plein milieu de cette petite ville. Elle s’y assit. Peut-être était-il temps pour elle de se résigner ? Elle avait à peine reçut cette nouvelle qu’elle entendit des cris. Il y’avait une bagarre. Elle alla regarder. Elle remarqua son frère dans une bagarre avec Justin. Elle courut vers eux. Pendant qu’elle courait, elle vit Justin retirer une petite lame de sa poche. Le temps que Charles arrive dans l’arène, Justin avait fait passer sa lame sur la peau ventrale de Fabrice. Melissa s’était écroulé, rampant de toute ses forces jusqu’à son frère qui se vidait de son sang. Au milieu d’une foule inconnue, dans un endroit perdu du monde, elle tenait la tête de son frère. Elle mouillait son visage de larme. Elle le suppliait de ne pas l’abandonner pendant que celui-ci perdait peu à peu connaissance. Melissa : non, non, ne fermes pas les yeux. Regardes-moi Fabrice. Reste avec moi. On va te soigner. Tu vas guérir mon frère. Mon grand frère chéri. Mon retour. Mon compagnon de depuis toujours. Ne me laisse pas, ne me laisse pas… Fabrice… Fabrice... Charles faisait de son mieux pour diminuer les saignements. Pendant qu’il administrait les premiers secours à Fabrice, Justin s’enfuyait avec une partie de la troupe, en emportant toutes les vivres et les médicaments. Une quarantaine d’immigrant avait déserté avec Justin qui était désormais le chef de fil. Nul ne savait à quel moment ce coup d’état avait été organisé. Melissa : si mon frère meurt, je vais aussi mourir. Même cet enfant dans mon ventre va aussi mourir. Pourquoi je ne peux pas être heureuse ? J’ai volé quoi à qui ? Est-ce que c’est seulement destiné à certaines personnes de vivre le bonheur ?
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